Des villages du Québec s’attaquent à la pollution sonore

Depuis 2009, des actions sont en cours au Québec pour limiter la pollution sonore créée par les motocyclistes non conformes, soit ceux qui modifient délibérément le silencieux de leur engin.

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Photo : Getty Images

La santé publique de Montréal a récemment émis un avis concernant les effets indésirables, sur la santé, du bruit du transport aérien, routier et ferroviaire.

Depuis 2009, des actions sont en cours au Québec pour limiter la pollution sonore créée par les motocyclistes non conformes, soit ceux qui modifient délibérément le silencieux de leur engin, allant jusqu’à recourir au straight pipe (échappement direct).

Été après été…

Été après été, les citoyens de plusieurs villes portent plainte contre ce bruit illégal et délibéré.

Inquiet de la mauvaise réputation qu’une poignée de bruyants fait aux adeptes de ce loisir, le Comité d’action politique motocycliste (CAPM) a pris le taureau par les cornes afin de convaincre ces derniers de baisser le volume. Et c’est à Saint-André-d’Argenteuil qu’il a démarré sa croisade antibruit, en 2008. Christian Bergeron, alors membre du CAPM, en était l’instigateur.

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«En tant que conseiller municipal à Cap-Santé et habitant moi-même un secteur névralgique en raison de cette nuisance récurrente sur le chemin du Roy, j’ai aussitôt pris la balle au bond», indique pour sa part Michel Bertrand, un infirmier d’urgence en début de retraite, à ProfessionSanté.ca. «Des citoyens de mon village se disaient excédés par le vacarme des motos trafiquées. La belle saison venue — et elle commence parfois très tôt en mai au plan sonore —, les résidants [qui souffrent de cette nuisance] pressent leurs élus d’agir».

Une campagne, trois volets

C’était en 2009, et Michel Bertrand s’est alors joint au mouvement. Il coordonne depuis la campagne de sensibilisation sur le bruit excessif des motos non conformes.

Complémentaire à l’action policière menée en vue de la conformité légale (avec un nouvel outil de contrôle du bruit, soit le sonomètre à l’essai), la campagne comprend trois volets :

– La médiatisation ;

– L’affichage ciblé de pancartes «Merci de votre respect», installées à des points stratégiques du territoire ;

– Des opérations terrain annuelles de sensibilisation, réalisées dans différentes régions auprès des motocyclistes, accompagnées par la Sûreté du Québec et des citoyens. On intercepte les motocyclistes, et des bénévoles leur remettent un feuillet de sensibilisation sur le bruit excessif.

Villages ciblés

Les motocyclistes bruyants qui empruntent nos routes panoramiques en modifient le paysage sonore à leur passage, explique Michel Bertrand. «Ils en détériorent souvent la qualité de vie et le milieu d’accueil de leurs propres hôtes sur la route».

Après Saint-André-d’Argenteuil, où l’on a démarré la campagne avec six opérations menées en deux étés consécutifs, les villages suivants ont emboîté le pas, poursuivant la croisade de cet élu contre les motocyclistes récalcitrants :

– Cap-Santé, Deschambault-Grondines et Neuville, dans Portneuf (cinq opérations en 2010-2011) ;

– Saint-Jean-Port-Joli, en Chaudière-Appalaches (une opération en 2012) ;

– Frelighsburg, en Estrie (deux opérations en 2013).

En juin dernier, une opération terrain s’est déroulée à Saint-Laurent, au nom des six villages composant la MRC de l’île d’Orléans. En trois heures, raconte l’élu, 100 motocyclistes ont été interceptés. Au bas mot, 15 % d’entre eux semblaient «non conformes» par le silencieux.

Par ailleurs, certains villages, dont Yamachiche, Venise-en-Québec et Abercorn, ont installé l’affiche «Merci de votre respect» sans pour autant participer formellement à la campagne de sensibilisation au bruit excessif des motos.

Environ 20 % de non-conformes

Outre ce défenseur du silence et des citoyens bénévoles qui l’accompagnent, la campagne regroupe les partenaires suivants : la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), le ministère des Transports du Québec, la Sureté du Québec, la Fédération des motocyclistes du Québec, le Front commun motocycliste et le Comité d’action politique motocycliste.

À la demande de Michel Bertrand et de ses partenaires des instances motocyclistes, la SAAQ a envoyé aux 100 000 motocyclistes du Québec un message de sensibilisation au bruit, lors du renouvellement des immatriculations pour l’année 2013. On estime qu’environ 20 % d’entre eux sont dits non conformes, le silencieux de leur engin ayant été modifié délibérément pour être plus bruyant que l’original.

Cinq villages où s’est déroulée la campagne — Cap-Santé, Deschambault-Grondines, Frelighsburg, Neuville et l’île d’Orléans [note : la MRC complète de l’île d’Orléans adhère à la campagne de lutte contre le bruit excessif des motos non conformes, mais l’opération de sensibilisation terrain à ce bruit s’est déroulée dans le seul village de Saint-Laurent] — figurent sur la liste de l’Association des plus beaux villages du Québec, qui comprend 36 villages. «Ces lieux ont une réputation de tranquillité et de beauté, mais ils voient leur paix détruite momentanément par une pollution sonore imposée par un type précis de visiteurs. C’est inacceptable, et les citoyens ne se privent plus désormais pour nous le faire savoir ouvertement», conclut Michel Bertrand.

La Ville de Cap-Santé a posé la candidature de ce conseiller municipal au prix Jean-Marie Moreau. C’est une reconnaissance que décerne la Fédération des municipalités du Québec à qui pose une action citoyenne se démarquant dans son milieu.

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Bravo pour cette initiative. Mais pourquoi faut-il encore passer par une démarche citoyenne quand la loi existe déjà?

De plus, je comprends mal que cette campagne anti-bruit extrême ne touche que les motocyclistes. Demeurant à St-Antoine-sur-le-Richelieu, donc sur le bord de la rivière, je suis témoin plusieurs fois par jour du passage de motos bruyantes mais aussi du bruit tonitruant des hors-bord aux pots d’échappement trafiqués. Ces bateaux, sachons-le, sont munis très souvent d’une valve qui permet d’augmenter substantiellement le niveau de bruit d’un moteur à volonté.

Moi si je me promène avec un pot d’échappement défoncé, je reçois une amende ou un 48 heures.

Vous avez raison mais il n’y a pas que les bateaux qui s’ajoutent aux motos. Il y a aussi les fameux «quads» qui circulent la plupart du temps en «convois» qui comptent jusqu’à plusieurs dizaines de véhicules. La plupart du temps, ils passent à basse vitesse mais c’est le nombre et la durée des passages qui posent problème en milieux bâti et sur des voies passant à moins de dix mètres des résidences. Et dans ces cas, ce ne sont pas les pilotes qui sont en cause mais les manufacturiers qui n’ont pas l’air d’être capables d’équiper leurs petits moteurs de silencieux performants alors qu’une grosse moto GoldWing avec moteur de 1,8 litre et six cylindres est à peine audible à moins de trois mètres, même à haute vitesse.

Mais les pires «quads» ce sont les «quads cross». Côté son, on dirait des scies à chaîne sur quatre roues tellement le son est strident. Contrairement aux autres «quads», ils sont souvent aux mains de jeunes qui prennent plaisir à «rincer» leurs engins et à «passer en fous» et en s’amusant même à faire des «wheelies» en milieu villageois dans des rues résidentielles qui ont la malchance d’avoir été choisies comme voies de passage autorisé pour ces engins..

Motocycliste moi-même depuis plus de quatre décennies, je n’ai jamais modifié mes silencieux. Je suis d’accord avec les citoyens qui exigent que nous soyons respectueux des gens qui habitent, travaillent ou se divertissent le long des routes que nous empruntons. C’est une minorité qui amène les gens à détester les motocyclistes et ça n’est pas une consolation de constater qu’il y a d’autres types d’engins qui ajoutent au malaise.

Pleinement d’accord.

On vit dans une société civilisée et il serait temps que l’on élimine la pollution par le bruit. Peu importe la source. C’est sûr qu’il y a des cas qu’on n’y peut rien mais tout ce qui fait du bruit pour le plaisir personnel au détriment des autres, on pourrait agir. Auto, camion, moto, bateau, etc.

Entièrement d’accord avec vous! Nous demeurons sur le bord du St-Laurent. Coincés entre la 132 et le fleuve, le bruit est si intense durant les fins de semaines d’été que nous avons presque hâte à l’hiver alors que les motos et les « cigar boats » dorment bien tranquille dans leur garage.
Question: y a-t-il une réglementation pour limiter le bruit des bateaux sur nos cours d’eau qui sont de juridiction fédérale?

et c’est meme pire si vous circulez a vélo et vous vous faites dépasser par un de ces motards sans respect qui en profite pour mettre les gaz a fond pour vous en rajouter une couche. il etait temps qu’on s’occupe de ces delinquants. merci

Chez moi, l’été, je n’ouvre pas les fenêtres, je ne mange pas dehors et je me fais réveiller à toutes les nuits par le trafic lourd. Les camions s’arrêtent sous ma fenêtre pour aller se chercher un café chez Tim Horton à 03:00 la nuit. Les week end, les motos roulent en groupe. Le bruit est une vague qui déferle au rythme des feux de circulation. Je vis sur le bord de la route 132.

Pas mieux dans la régions de Québec, en plein centre ville des (strait-pipe) c’est pas nornal que fait la police,ont t-ils peur de quelque chose ?
p.s a Québec les sonomètres sont en réparation ouf !

Discussion avec un motocycliste: Est-ce que c’est normal que ta belle moto fasse autant de bruit qu’un avion de la 2ème guerre mondial et qu’à tout bout de champs il sortent des flammes de un pied de long du « silencieux » ?

Réponse: Ben quoi elle fait pas tant de bruit que ça ma moto, il répond en remettant ses bouchons d’oreilles en plus de son casque.

Et la sureté du Québec? Ils prenaient leurs cafés au Tim Horton à 10pieds de là !!!

Message à la fédération des motocyclistes du Québec: Si vous voulez que les motards entendent votre message; PARLEZ PLUS FORT !

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