Dire au revoir à la bise

La COVID-19 sonnera-t-elle le glas de la traditionnelle bise ?

Photo : Jonah Pettrich / Unsplash

Pratiquée jusque dans les cercles diplomatiques, la bise fait partie des codes sociaux dont la pandémie est en train de redéfinir l’usage. Sera-t-elle pour autant reléguée aux oubliettes ? La réponse en trois questions avec la psychosociologue française Dominique Picard, auteure de Politesse, savoir-vivre et relations sociales, dans la collection « Que sais-je ? ».

D’où vient la bise ?

On trouve des traces de gens qui s’embrassent pour se saluer dès l’Antiquité. Longtemps réservée aux proches, la bise ne s’est répandue que vers la fin du XXe siècle, notamment avec la revalorisation des contacts corporels survenue après 1968. L’habitude s’est installée jusque dans les milieux professionnels, ce qui a récemment provoqué un ras-le-bol chez des féministes, des femmes politiques et même certains hommes.

À quoi sert-elle ?

Elle fait partie des rituels de salutation, qui servent à dire aux gens qu’on les reconnaît et qu’on est membre d’un même groupe. Les salutations rassurent l’être humain sur le fait qu’il existe. Elles transportent aussi les valeurs d’une culture. Par exemple, en Asie, où le respect des autorités est très ancré, on s’incline. Dans une culture de contacts et de chaleur humaine, comme en France, on a besoin de se montrer qu’on est contents de se voir.

La bise est-elle menacée à long terme ?

J’émets l’hypothèse qu’elle va reculer. Nous avons vécu une grande peur collective et, pour l’instant, l’inquiétude demeure. L’arrêt des contacts va donc se poursuivre, ce qui pourrait enraciner les nouvelles habitudes. Mais je ne pense pas que la bise va disparaître. Je crois plutôt qu’elle va redevenir ce qu’elle était auparavant, c’est-à-dire le signe d’un lien particulier réservé aux intimes.

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