Dopés sans remords

Prendre des stéroïdes, ce n’est pas tricher ! C’est du moins ce que soutient Kirk Radomski, ancien préposé aux bâtons des Mets de New York, condamné l’an dernier pour avoir fourni des produits dopants à des centaines de joueurs de baseball des ligues majeures.

Principal témoin à l’enquête du sénateur américain George Mitchell sur l’usage de stéroïdes dans le baseball majeur, Radomski raconte sa version des faits dans Bases Loaded, un livre paru récemment.

Considérez-vous vos anciens clients comme des tricheurs ?

Non. La plupart d’entre eux me contactaient quand ils étaient blessés. Ils utilisaient les stéroïdes et les hormones de croissance pour revenir au jeu plus rapidement ou soutenir la compétition avec les plus jeunes joueurs. Ils voulaient simplement se donner à 100 %.

Qu’en est-il d’Alex Rodriguez, le joueur de baseball le mieux payé des majeures, qui a admis avoir pris des produits dopants pendant trois ans ?

Comment peut-on l’accuser d’avoir triché si tous les autres joueurs en faisaient autant ? Ça ne diminue pas l’importance d’avoir du talent. Même si vous et moi, nous prenions des stéroïdes, nous serions incapables de frapper 500 circuits. Certains des joueurs que j’ai aidés ne se sont jamais rendus dans les ligues majeures…

Cette affaire de stéroïdes n’entache-t-elle pas les records établis ces dernières années par certains joueurs ?

Qu’en est-il de Babe Ruth [NDLR : légendaire joueur du début du 20 e siècle] ? Il n’a joué que contre des Blancs, jamais contre des Noirs. A-t-il vraiment joué contre les meilleurs ? Ses records en sont-ils entachés ? Je crois que la plupart des spectateurs se fichent du dopage. Ils veulent voir un bon spectacle, pas des matchs qui se terminent 1 à 0. (D’après Maclean’s )

 

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