Du sport pour tous

Avec sa dizaine d’installations sportives, le pavillon Wilbrod-Dufour, à Alma, a de quoi rendre jalouses bien d’autres écoles secondaires.

Photo: Paul Cimon
Photo: Paul Cimon

Il n’y a pas si longtemps, le pavillon Wilbrod-Dufour, à Alma, avait un local réservé aux élèves exemptés d’éducation physique. Menstruations, maux de tête soudains… toutes les raisons étaient bonnes pour manquer le cours. « Cette époque est terminée ! » dit Linda Simard, directrice adjointe, responsable du 2 e cycle.

Depuis 2004, le pavillon Wilbrod-Dufour offre des programmes sportifs sans sélection : hockey, football, ballet, volleyball, basketball, natation, danse populaire et plein air. Les trois quarts des 1 200 élèves de l’école y sont inscrits ! Ils font trois fois plus d’heures d’éducation physique que ceux de l’enseignement ordinaire (six heures plutôt que deux au 1 er cycle ; neuf heures plutôt que trois au 2 e cycle).

Mettre le sport à l’avant-plan allait de soi pour l’école. Celle-ci est voisine du Centre Mario-Tremblay, qui regroupe les installations sportives de la ville d’Alma : gymnases, salles de danse et de ballet, patinoires, piscine, terrains de soccer, de football, de baseball et de tennis, piste d’athlétisme et tour d’escalade !

Il a tout de même fallu exploiter ces infrastructures. En 2007, la directrice, Guylaine Dubé, a d’ailleurs embauché à temps partiel une personne pour… trouver des fonds et faire des demandes de subventions ! « J’en étais rendue à en rédiger la nuit », dit en riant cette bonne vivante de 48 ans.

Grâce à l’aide financière récoltée et à des collectes de fonds, l’école a pu acheter de l’équipement sportif. En janvier, des élèves, des enseignants et des parents ont aussi aménagé une salle de musculation et de cardiovélo, comportant une douzaine de bicyclettes d’exercice et une vingtaine d’appareils.

Les élèves du pavillon Wilbrod-Dufour ne se sont pas mis qu’au sport : aux légumes verts aussi ! En 2005, l’école a créé un comité de santé, qui réunit entre autres des enseignants, des parents et un médecin. Elle a banni de sa cafétéria les fritures, les boissons gazeuses et les gras trans, comme l’a recommandé un an plus tard le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport dans sa politique-cadre Pour un virage santé à l’école.

Un virage positif, selon Annie Larouche, enseignante d’histoire et de géographie de 30 ans. « Les jeunes sont plus éveillés après le dîner », dit cette petite femme à la taille de guêpe, qui court des marathons.

Avec ce programme de sport et de santé, l’établissement souhaite réduire le décrochage chez les garçons, mais aussi conserver sa population scolaire. « [Il y a cinq ans], un autobus complet d’élèves partaient étudier à Jonquière [où une école publique offrait un programme sport-études] », dit Linda Simard. C’est maintenant le pavillon Wilbrod-Dufour qui loue un autobus pour transporter des élèves de l’extérieur, notamment de Roberval et de Dolbeau !

Prochain défi : attirer davantage de filles. Après avoir introduit la danse, la direction songe à créer un programme de hockey féminin. Aménager les horaires de cours n’a pas fini d’être un casse-tête !

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