Si tu aimes le capitalisme…

Pouvons-nous faire confiance au système économique et politique actuel pour piloter cette transformation de nos sociétés et de nos façons de vivre ? Pour de plus en plus de gens, la réponse est non. 

Photo : Daphné Caron

Nous fonçons droit vers un cul-de-sac et le pire, c’est que nous le savons trop bien : notre mode de vie repose sur une croissance économique perpétuelle pourtant impossible à maintenir sur une planète aux ressources limitées. Si tous les habitants de la Terre vivaient comme nous, Nord-Américains, il faudrait cinq planètes pour contenter tout le monde.

Nous savons aussi que le mur se rapproche à une vitesse de plus en plus grande. Le capitalisme tel que nous le pratiquons génère trop, mais vraiment beaucoup trop de gaz à effet de serre. Si on ne change pas de trajectoire, des villes, voire des régions entières ne seront plus habitables d’ici quelques décennies en raison du réchauffement climatique.

Il est illusoire d’espérer éviter le pire sans une profonde transformation de nos sociétés et de nos façons de vivre. Les émissions mondiales de GES ne diminuent pas, elles continuent d’augmenter malgré l’alarme stridente. 

La question centrale de notre époque est la suivante : pouvons-nous faire confiance au système économique et politique actuel pour piloter ce changement majeur ? 

Pour de plus en plus de gens, la réponse est non. 

Selon eux, le salut se trouve à l’exact opposé. Il faudrait rompre avec notre obsession de la croissance économique, ce moteur qui propulse nos sociétés, et se mettre en marche arrière pour passer en mode décroissance. Il ne faut plus chercher à faire croître le PIB, disent-ils, mais à le réduire ! C’est cette idée radicale de la décroissance que notre collaboratrice Catherine Dubé explore dans le grand dossier de ce numéro, de même que dans un documentaire diffusé à Télé-Québec. 

Les Homo œconomicus que nous sommes sont rapidement saisis de vertige, sinon d’horreur, face à cette idée de plonger le monde dans une récession volontaire. Notre conception du bonheur est solidement ancrée dans le plaisir que nous avons à consommer des biens. Jusqu’à quel point sommes-nous prêts à renoncer aux aliments que nous aimons, aux voyages dont nous rêvons ou à tous ces objets qui mettent un peu de douceur dans nos vies, comme ce iPad à grand écran que je me suis offert pour Noël ? 

Il est aussi indéniable que le capitalisme a été source d’immenses progrès dans l’histoire humaine. Il s’est avéré bien plus efficace que son ennemi d’hier, le communisme, pour faire reculer la pauvreté et donner naissance à des innovations bénéfiques à tous. 

Le capitalisme repose toutefois sur une contradiction fondamentale que l’on ne peut plus ignorer. Est-ce que la voie de la décroissance pure et dure est pour autant réaliste ou même souhaitable ? Plusieurs en doutent. 

La réponse viable se trouve peut-être dans un modèle de décroissance modérée. Cela voudrait dire appliquer un sérieux coup de frein à notre économie, question de réduire suffisamment notre vitesse pour négocier ce virage salvateur. 

Le débat ne fait que commencer. Nous sommes loin d’avoir résolu toutes les questions pratiques, économiques, politiques et même morales qu’il soulève. La décroissance pourrait bien aggraver les inégalités déjà profondes creusées par le capitalisme, car les plus pauvres seraient les plus vulnérables aux nouveaux chocs engendrés. Et comment arriver à planifier cette décroissance sans renoncer à des libertés démocratiques et économiques qui nous sont chères ? 

Une chose est certaine, plus nous attendons pour trouver des réponses satisfaisantes, plus la planète nous imposera des choix radicaux dans un avenir de moins en moins lointain. Si nous tenons au capitalisme, il est temps de corriger ses défauts avant qu’il ne soit trop tard.

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Nous ne pouvons plus faire confiance au capitalisme ni au politique, dites-vous? Cela s’ajoute à la méfiance au clergé qui dirigeait une large part de nos services éducatifs et de santé avant les années 70. En qui pouvons-nous faire confiance alors? Pour réformer nos systèmes? Oû sont les créateurs de systèmes pour nous proposer un capitalisme social mondial qui répartisse la richesse et ramène la croissance au niveau humain plutôt que juste au niveau économique? Bernie Sanders est tout seul à le faire actuellement.

La production de GES n’est pas spécifiquement imputable au système capitaliste. Elle résulte d’une « Révolution », en l’occurrence : la Révolution industrielle amorcée par les britanniques vers la fin du XVIIIième siècle laquelle prend son véritable essor partout dès la première moitié du siècle suivant.

Initialement le modèle capitalisme est un modèle vertueux qui n’est pas axé sur la consommation, mais plutôt sur les échanges commerciaux.

Rien ne nous empêche d’assainir les échanges commerciaux. De mieux réguler le commerce. D’adopter des normes environnementales de première qualité. Tout cela modifiera l’ensemble du système de production.

La question de la croissance est accessoire, puisque ce qui génère la croissance c’est l’accroissement de la valeur de toutes choses. Ici, nous rejoignons les bons principes du bon Karl Marx qui estimait non sans bon sens qu’il était possible de déterminer la valeur de toutes choses objectivement.

N’oublions pas qu’une part importante de la valeur de toutes choses est déterminée par le travail. La question dans ce cas est de savoir qu’elle valeur il faut accorder à toutes formes de travail.

Une économie objective – qui n’a rien à voir avec le communisme ou le socialisme -, est une économie non spéculative. C’est possiblement le caractère spéculatif de toutes choses qu’il faudrait changer, puisque cela nous empêche de fixer le prix de toutes choses librement.

Ainsi, la consommation n’est pas le moteur de croissance, ce sont plutôt les inégalités (comme l’a démontré Thomas Piketty) qui alimentent la croissance. Il est très possible de maintenir une croissance constante et continue (sur une longue période de temps) en améliorant le sort des vivants (ce qui inclut aussi les animaux et les végétaux).

Une approche globale, vertueuse et qualitative permettrait de rétablir les équilibres tant sur le plan économique, qu’écologique. La biodiversité c’est encore la richesse d’aujourd’hui, il n’en tient qu’à nous que cette richesse incommensurable soit le paradigme auquel s’arrime désormais l’ensemble du genre humain.

…Est-ce que la voie de la décroissance pure et dure est pour autant réaliste ou même souhaitable ?…

Pourquoi poser la question de notre avenir de cette façon?

La solution est dans la croissance des énergies de flux qui sont illimitées et de créer une dépendance mais aux énergies vertes; mer, vent et soleil.

Je pense que la décroissance est un faux dilemme concocté par les adhérents au statu quo, qui veulent nous faire croire que c’est le baril de pétrole ou on retourne à l’age de pierre..

Le problème est plutôt pcq que ceux qui nous gouvernent maintenant sont des lobbyistes du pétrole carrément ou qui deviennent des porte-parole du pétrole par partisanerie qui n’ont comme crédo que le baril de pétrole et dépourvus de toute morale et conscience sociale et qui sont supportés par les marchands de doute bien cravatés et payés par les Koch et acolytes.

SI on attrapait une personne qui a installé une bombe à retardement réglée pour éclater en plein milieu d’une de foule à une heure précise, cette personne serait traitée comme un criminel,
et bien nos dirigeants se comportent de la même façon que ce criminel en niaisant avec la bombe climatique qui pourrait nous péter en pleine face si on niaise trop longtemps.

Nous avons les solutions avec des génies comme Elon Musk de Tesla qui a plus de cellules intelligentes dans une petite orteil que dans les cerveaux réunis de ces charlatans du fossile.
Sa raison d’être est de bâtir un futur meilleur que le passé pour permettre à l’humanité de continuer à vivre sur notre planète. Un futur qui nous donne envi de se lever le matin pcq nous avons un espoir d’avenir.
En regardant la croissance phénoménale de Tesla on voit très bien que cette croissance n’est que du bonheur et n’a rien à voir avec la privation ou de sacrifice à s’orienter vers un futur solaire.

Ça fait plus d’un siècle qu’on joue au créateur d’énergie fossile ‘limitée’ par une géo-ingénierie destructrice de nos conditions d’existence pour l’humanité,
alors que nous avons une centrale à fusion nucléaire dans le ciel qui se lève à tous les matin et nous donne de l’énergie ‘illimitée’ gratuite.

À quoi sert la lumière du soleil si on a les yeux fermés?

Ne permettons pas aux marchands de doute de nous fermer les yeux.

Un déversement d’énergie solaire, ça s’appel une belle journée.

Le capitalisme a le dos large, le pays qui, présentement, émet le plus de CO², c’est la Chine, qui, à ce que je sache, est encore un pays communiste. On pourrait se demander comment il se fait que le capitalisme est devenu soudainement le grand coupable du réchauffement climatique, quand durant l’âge d’or du capitalisme (1950-1973), la planète a connu une période de refroidissement.

Même modérée, la décroissance implique qu’il y a aura une production moins grande, peut-être bon pour l’environnement, mais plus de chômage donc moins de revenus qui résulteront en une augmentation des prix à cause de la rareté de certains biens ou services. Comment allez-vous solutionner la crise du logement actuel, si les prix se mettent à grimper de manière folle puisqu’il n’y aura pas assez de logement pour loger tout le monde parce qu’on en a aura pas construit suffisamment au nom de la décroissance ? Nos écoles débordent déjà, où va-t-on placer le surplus d’étudiants, si on ne construit plus ou pas assez d’écoles ? Nos infrastructures sont déjà lamentables, qu’en sera-t-il dans le futur si moins de monde travaille, les entreprises produisent moins et conséquemment moins de revenus pour nos gouvernements pour pallier les besoins de la population. On pourrait multiplier à l’infini presque ces cas qui démontrent la stupidité de cette idée.

Pour obéir à la décroissance, les gens réduiraient leurs achats à des biens et services essentiels. Mais alors, qui aurait besoin de s’abonner à l’Actualité ? Avec moins de lectorat, les revenus publicitaires fonderaient et qui donc serait au chômage ? Et pour longtemps.

Pour répondre à Marc Sauvageau, La chine est la plus grande émétrisse de CO2 en partie à cause de la production de biens (au plus bas prix) pour fournir la boulimie de consommation de l’occident et donc du modèle capitaliste… se fermer les yeux sur le made in China c’est vraiment la base même du problème… En suite. La décroissance le nom fait peur, appelons ça la consommation responsable, ou croissance controlé… c’est la même chose. Le constat c’est que le consommateur moyen en 10 ans change 3-4 fois de: BBQ, de gazebo, de set de patio, de kit de gonflable pour la piscine, de manteau d’hiver, de bottes, de cellulaire…. etc. Pour commencer c’est vraiment de cela dont il est question. Je conseille le livre de Pierre-Yves Mcsween (En as-tu vraiment besoin) qui est un très bon « consommateur responsable » et qui pourrait très bien être aussi un exemple de décroissance…sans être taxé de vouloir mettre l’économie du pays à terre. Après c’est vrai que le mouvement prône des changements radicaux en profondeur, mais rien ne dite qu’ils doivent tous être fait en même temps. Il est possible de s’attaquer graduellement, par priorité, sur une période de 20 ans à plusieurs domaines. Ci on ne fait rien l’effet boule de neige sera beaucoup plus radicale et inconfortable dans 50 ans pour nos enfants et nos petits enfants.

@Laurent
Votre réponse maladroite me confirme que vous ne connaissez rien du sujet. Concernant la Chine, les Chinois sont aussi devenus des consommateurs, leur niveau de vie s’améliore et ils veulent plus de confort ce qui étonnera personne. La Chine vit présentement un boom immobilier et cela demande de l’énergie qui, malheureusement, est fournie en grande partie par des centrales électriques nourries au charbon, même si le gouvernement chinois veut éventuellement les faire disparaître.

Quant à la décroissance l’article ci-haut, se réfère à l’article de Catherine Dubé (Prêts pour la décroissance) où celle-ci mentionne dans son texte et je cite : « Tandis que la simplicité volontaire consiste à moins consommer sur une base individuelle, la décroissance va un cran plus loin : elle remet en question le système économique lui-même.» Ainsi, c’est bien d’économie et surtout de la croissance du PIB lorsqu’on parle de croissance ou de décroissance.

Vous me citez P.Y. Mcsween qui, à mon avis, est un très mauvais exemple. Un de ses sujets préférés est l’épargne. Une épargne qui ne profite pas est une mauvaise épargne, il faut donc placer l’argent de l’épargne. Mais où va l’argent de cette épargne ? En prêts hypothécaires (consommation), en prêts pour acheter une voiture (encore de la consommation)¹ ou en prêts aux entreprises qui servent à croître ou à garder la production (toujours en vue d’une consommation éventuelle).

1- Comment Mcsween peut-il acheter sa voiture usagée – qui selon lui doit durer au moins quatre ans – s’il n’y avait pas eu avant lui un con prêt à s’endetter pour se procurer une voiture neuve ?

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