Éducation : comment un prof américain a épousé le modèle finlandais

À Helsinki, Tim Walker a compris que la récréation est un véritable outil pour maximiser l’apprentissage des élèves.

Photo © Getty Images
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Tim Walker, professeur américain établi dans une école publique à Helsinki, en Finlande, n’était pas convaincu par les pauses de 15 minutes accordées aux enfants après chaque période de 45 minutes d’étude. Il n’en voyait tout simplement pas l’intérêt, puisqu’aux États-Unis, il avait l’habitude de passer plusieurs heures consécutives en classe avec ses élèves.

En Finlande, il a donc décidé de prendre quelques libertés avec l’emploi du temps. Exit la recette miracle finlandaise, jugée trop douce. Walker était convaincu qu’un bon apprentissage nécessitait de plus longues périodes d’enseignement. Au menu de sa classe de cinquième année : deux périodes de 45 minutes consécutives, puis une récréation de 30 minutes.

Lire aussi : le reportage de Mauricio Segura, «Éducation : la Finlande première de classe !»

Il n’aura fallu que trois jours d’école avant qu’un élève, Sami, se décide à aller voir son professeur. « Je crois que je vais exploser ! Je ne suis pas habitué à cet horaire. »

Walker s’est alors mis à douter de l’approche américaine, qui, pour autant qu’il s’en souvienne, était surtout associée à l’image d’étudiants traînant des pieds en classe.

« À partir du moment où j’ai incorporé ces courtes récréations dans notre emploi du temps, je n’ai plus vu aucun enfant traîner des pieds, à la manière d’un zombie. Tout au long de l’année scolaire, mes étudiants finlandais sont toujours entrés dans la classe avec le pied léger une fois leur pause de 15 minutes terminée. Et surtout, ils étaient plus concentrés pendant les cours », explique-t-il pour The Atlantic.

Walker a eu une épiphanie : des pauses fréquentes gardent les élèves frais et dispos tout au long de la journée ! Mais cette découverte est loin d’en être une pour les Finlandais. Depuis les années 1970, qu’il neige ou qu’il vente, les professeurs d’école primaire laissent les enfants profiter de leurs pauses comme bon leur semble. En général, les enseignants se relayent par paire pour surveiller la cour de récréation.

Cependant, les pauses ne doivent pas nécessairement se tenir à l’extérieur pour être bénéfiques. Les travaux d’Anthony Pelligrini, auteur de Recess : Its Role in Education and Development, le montrent : même lorsque les pauses se tiennent à l’intérieur même de l’établissement, les élèves sont plus attentifs en classe.

« Ce qui est le plus important, ce n’est pas l’endroit où les enfants prennent leurs pauses, mais quelle liberté nous pouvons leur donner par rapport à leur travail structuré. […] C’est le temps libre qui donne aux étudiants la possibilité de développer des habiletés sociales. Pendant ces périodes, non seulement ils se reposent et se ressourcent, mais ils apprennent aussi à coopérer, à communiquer et à faire des compromis, autant de compétences dont ils auront besoin pour réussir, à l’école comme dans la vie. »

Lors de ses premiers pas à Helsinki, Walker craignait que la récréation vienne empiéter sur son temps d’enseignement. Avec l’aide du jeune Sami, il a plutôt compris qu’elle est un véritable outil pour maximiser l’apprentissage de ses élèves.

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2 commentaires
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C’est exactement ce que je faisais il y a une 40e d’années avec mes élèves. Si les enfants avaient besoin d’une récré « allongée » à la suite d’une bonne session de travail, alors je prolongeais la récré, au grand bonheur de tous. Et les enfants « mettaient le paquet » avec un grand sourire dans leur travaux. Quel bon temps avec me petits mousses!