Électeurs volages

Près de 60 % des électeurs canadiens se disent susceptibles de changer d’idée d’ici le scrutin du 19 octobre. 

Les conservateurs sentent le vent de changement qui souffle sur le pays. Pas pour rien qu'ils jouent la carte de la stabilité... (Photo : Paul Chiasson / La Presse Canadienne)
Les conservateurs sentent le vent de changement qui souffle sur le pays. Pas pour rien qu’ils jouent la carte de la stabilité… (Photo : Paul Chiasson / La Presse Canadienne)

Près de 60 % des électeurs canadiens se disent susceptibles de changer d’idée d’ici le scrutin du 19 octobre. Selon Nanos Research, 20 % de ces indécis se disaient même prêts, fin juillet, à voter pour n’importe lequel des trois grands partis fédéraux.

La campagne de séduction est donc lancée et le message va compter. D’une manière quasi chirurgicale. Avec une mince marge d’erreur.

Tout comme les entreprises envoient aujourd’hui des offres de rabais ciblées par courriel aux consommateurs, les partis doivent préparer des messages politiques adaptés à des catégories d’électeurs bien définies. Des familles qui apprécieraient un crédit d’impôt à la rénovation de leur maison pourraient se laisser tenter par une telle promesse. Et tant pis si le parti dont l’offre émane muselle le débat parlementaire depuis 10 ans et fait taire les scientifiques. Comme l’affirme un stratège conservateur, bien des électeurs veulent simplement savoir comment le gouvernement les aidera à boucler leur budget !

À ce grand jeu de la séduction, les conservateurs ont un avantage : leurs partisans sont parmi les moins volages. Toujours selon Nanos, 31,5 % des électeurs conservateurs ne voteraient pour aucun autre parti. Les experts ont calculé qu’il suffira aux troupes de Stephen Harper de conquérir entre 4 % et 8 % d’indécis bien ciblés pour reprendre le pouvoir en octobre ! Mais ce ne sera pas facile. Car parmi les indécis, très peu disent que les conservateurs pourraient être leur deuxième choix.

Les autres formations nationales sont beaucoup plus susceptibles, elles, de voir leurs électeurs changer de camp dans les prochaines semaines.

Dans bon nombre des 338 circonscriptions du pays, la victoire pourrait dépendre de l’efficacité d’un candidat à cerner les besoins précis d’un groupe d’électeurs encore indécis et d’y concentrer toute sa force de frappe — inutile de prêcher des convaincus !

Tous les partis consacreront donc beaucoup de temps et d’argent à cibler leur message en fonction de clientèles précises, qu’ils courtiseront dans tel quartier, ou même telle rue ! L’heure n’est pas aux discours inspirants sur de grands enjeux de société — comme le financement du réseau de la santé !

Pour permettre aux électeurs de découvrir toute la diversité des politiques des partis en lice — et pas seulement celles dont on voudra bien leur faire part —, L’actualité propose une version améliorée de son très populaire Isoloir.

Cet outil informatique permet à chaque électeur de comparer plus de 140 éléments présentés dans les programmes politiques, pour déterminer quel parti correspond le mieux à ses convictions. Légaliser la marijuana ? Abolir la Loi sur les Indiens ? Mettre fin aux missions de bombardement en Irak ? Redonner à CBC/Radio-Canada les 115 millions amputés de son budget ? Interdire la discrimination en emploi liée à des tests génétiques ? Vous pourriez être surpris de voir quelle formation défend vos idées !

L’actualité innove également en offrant une version pancanadienne (en anglais) de L’isoloir, en partenariat avec le magazine Maclean’s. Grâce à la Policy Face-Off Machine, les Cana­diens de toutes les provinces pourront faire ce jeu des comparaisons, et ce, pendant toute la campagne. L’actualité et Maclean’s analyseront bien sûr ces résultats.

Bien du plaisir en vue. Bonne campagne !

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2 commentaires
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Une des questions parmi tant d’autres qu’on pourrait se poser : Pourquoi tant d’électeurs sont volages ? Cette question je pourrais me la poser à moi-même : Pourquoi suis-je volage ?

Une autre question parmi tellement d’autres : Est-ce que toutes ces stratégies de profilage de ces électeurs qu’il faut rallier pour gagner ; sont elles aussi efficaces que ce qu’en pensent les stratèges politiques ? Je pourrais poser la question autrement : Est-ce que les électeurs volages sont-ils tous assez caves pour se faire acheter ?

Une autre petite question en passant : Est-ce que les partis politiques apportent réellement des solutions concrètes et pratiques qui répondent vraiment à tous les besoins de la population ? Accessoirement : Est-ce que le politique peut contribuer au bonheur des gens ou sont-ce les gens qui rendent heureux les politiciens quand ils sont élus ?

Vu comme ça… la question de l’isoloir pourrait être la suivante : « Qui par mon vote éclairé dois-je contribuer à rendre heureux ? »

Pourquoi je vote pour le parti conservateur

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Contre le niqab

Il n’y pas de place pour le NPD à Ottawa ni pour le Bloc.

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