Élections scolaires : quelques expériences ailleurs

Quelles leçons tirer des expériences de New York, de Chicago et du Nouveau-Brunswick ?

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Photo : Getty Images

New York n’a jamais eu de commissaires élus. La ville est divisée en 32 districts scolaires, qui relèvent d’un même conseil de 12 membres. La majorité de ceux-ci sont nommés par le maire, qui a le dernier mot sur les programmes scolaires et l’ouverture de nouveaux établissements.

« Les grandes villes qui ont un service d’éducation dirigé par le maire réussissent mieux leurs réformes », explique Kenneth Wong, professeur de politique d’enseignement à l’Université Brown, au Rhode Island. Ainsi, celui de New York a fait passer le taux de réussite des élèves de 42 % en 2002 à 60 % en 2007.

Une dizaine de grandes villes américaines ont un système semblable. « Les électeurs considèrent qu’un maire a une meilleure capacité d’action et qu’il est redevable de ses décisions devant l’électorat », explique Kenneth Wong, qui étudie les répercussions des systèmes de gouvernance non électifs sur la réussite scolaire.

À Chicago, c’est encore plus radical. Depuis 1995, la gestion scolaire est confiée à un conseil de sept personnes (principalement des gens d’affaires) nommées par le maire.

« Le conseil scolaire de Chicago est hyper-efficace », dit Pauline Lipman, professeure de politique d’enseignement à l’Université de l’Illinois à Chicago, qui a rédigé un rapport sur son fonctionnement. « Il a mis en place un véritable plan d’affaires pour faire fermer des écoles et augmenter l’évaluation standardisée, ainsi que pour privatiser l’éducation grâce à l’ouverture d’écoles à charte. »

L’envers de la médaille ? Les parents ne participent plus aux décisions concernant la gestion et l’exploitation des écoles.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province qui a éliminé les commissions scolaires, en 1996. « Les commissaires se plaignaient qu’ils n’avaient pas les moyens financiers pour faire fonctionner leurs écoles. Le gouvernement a donc remplacé les commissions par des comités de parents répondant directement au Ministère », explique l’ex-directeur d’école Roger Nesbitt, qui a vécu le changement.

Mais en 2002, un nouveau premier ministre, Bernard Lord, a recréé les commissions scolaires. « Le public se sentait mis à l’écart du processus décisionnel », dit Roger Nesbitt.

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