Élever des poules? Pas si simple!

Au Québec, les petits éleveurs de volailles doivent respecter certaines règles sanitaires dictées par l’État. Des règles auxquelles les « urbains » devraient se soumettre s’ils pouvaient, un jour, élever des poules dans leur cour.

Les petits élevages d’oiseaux font peur aux producteurs de volailles commerciaux. On ignore leur nombre et où ils se trouvent. Leurs propriétaires n’ont pas à s’inscrire auprès des autorités. Or, les volatiles domestiques peuvent être affectés de la grippe aviaire…

Aucun cas n’a, jusqu’à présent, été rapporté au Québec. Mais pour éviter une telle situation, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a adopté, en novembre 2005, un règlement obligeant notamment les petits éleveurs à garder leurs volatiles à l’intérieur d’un bâtiment. Ce règlement, assoupli en juin 2008, oblige désormais les propriétaires ou gardiens d’oiseaux à prendre certaines précautions, telles que :

• Garder en tout temps dans un bâtiment ou un lieu clôturé leurs oiseaux domestiques, de façon à ce qu’ils ne puissent en sortir librement. Si des palmipèdes sont gardés à des fins de loisir sur un plan d’eau, ce plan d’eau, par contre, n’a pas à être clôturé.

• Nourrir et abreuver toutes les catégories d’oiseaux à l’intérieur d’un bâtiment ou au moyen de mangeoires et d’abreuvoirs protégés, de manière à ce qu’aucun palmipède migrateur ne puisse y avoir accès ni les souiller. Les mangeoires et abreuvoirs doivent donc être à l’intérieur d’un bâtiment ou protégés dans un enclos, loin d’un plan d’eau.

• Ne pas utiliser les eaux de surface (étang, mare, etc.) pour le nettoyage des bâtiments ou du matériel d’élevage ou pour abreuver ses oiseaux, à moins que cette eau n’ait été traitée pour assurer l’inactivation du virus de la grippe aviaire de type A. Le propriétaire ou le gardien d’oiseaux a la responsabilité de fournir la preuve de l’efficacité du traitement d’eau utilisé.

• Ne pas garder à la même adresse municipale des poulets, canards ou oies domestiques et des palmipèdes migrateurs pour lesquels un permis d’aviculture du fédéral a été délivré. (Source : Règlement sur la désignation d’une maladie contagieuse et d’un agent infectieux ainsi que sur les conditions de salubrité des lieux de garde des oiseaux captifs )

Un petit éleveur qui contrevient à ces règles pour une première fois risque une amende de 250 $ à 2 450 $. Mais pour cela, il faut qu’il ait été dénoncé, le MAPAQ n’inspectant les petits élevages que lorsqu’une plainte est déposée.