Elle est là, la rentrée !

Mes enfants ont des cahiers, des effaces, des sacs à dos… et aussi des masques, du Purell et un peu de stress de virus. Mais, je m’en fous, ils ont une rentrée.

Photo : L'actualité

Elle est là ! Je la vois poindre au bout ! La ligne d’arrivée. L’école rouvre. Ma précieuse petite école de quartier. Qui est bien là, debout et droite, rassurante. Construite il y a pratiquement 100 ans, des briques bien alignées, des murs solides pour protéger les élèves, la forteresse de leur enfance. Enfin, enfin, enfin, elle ouvre. Pour combien de temps ? Je n’en sais rien. Mais la rentrée aura lieu. Ils ont des cahiers, des effaces, des sacs à dos, la cloche sonne, tout y est. C’est la rentrée. Une vraie rentrée. Oui, masques, distanciation, Purell, stress de virus, mais, je m’en fous, ils ont une rentrée. Et quelle qu’elle soit, quelle que soit son apparence, au moins, elle est là. Et ça, c’est un bout de normalité. Que des enfants aillent à l’école, qu’ils revoient leurs copains, même de loin, ça remet le train en marche. Et mon Dieu que j’ai besoin de ce train!

Certains diront : « Ouais, la mère, elle ne veut pas s’occuper de ses enfants, les parents, de nos jours, toujours en train de se plaindre qu’élever des enfants, c’est dur. » Mais qu’on me pointe celui qui élève ses enfants seul, isolé, sans ressource, sans aide et qui trouve ça normal. Les enfants ont besoin d’un village, parce qu’ils ont besoin d’une attention particulière. Constante. Une socialisation. Ils ont besoin de se mélanger à une marmite qui bouillonne. Une cour de récré qui grouille. Au-delà ce qu’ils apprennent à l’école, des matières en tant que telles, ils ont besoin d’une routine, d’un cadre.

Oui, bien sûr, ils vous feront croire que non. Que, comme nous, ils préfèrent être évachés sur un canapé à manger des cochonneries devant un écran que de devoir répondre à la cadence militaire d’une école. Mais, dans les faits, quiconque a vécu un peu sur cette planète se rend bien compte que le bonheur est quelque chose qui s’apprend, avec un peu de discipline. Une marche à suivre. Et, bien sûr, des efforts.

Ceux qui savent travailler, faire un effort, lutter contre leur propre inertie sont souvent ceux qui, à force de mettre l’épaule à la roue, comprennent un jour le bonheur. J’espère que l’esprit libre de mes enfants façonné par le cadre de l’école leur servira un jour à comprendre ça. À être accompagné dans ce qu’ils sont. À comprendre que les consignes et les outils que leur offre leur petite école font partie d’une trousse qui les suivra toute leur vie.

On y est arrivés. Bonne rentrée, tout le monde !

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Elle est là, la rentrée !
Vous avez tellement raison! Ah! Si seulement tous les enfants du monde pouvaient s’en rendre compte!
Le bonheur, ça se gagne, ça se fabrique. Non, ça ne tombe pas du ciel tout cuit dans le bec!

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Voici entre autre ce qu’écrit Léa Stréliski : « Mais, dans les faits, quiconque a vécu un peu sur cette planète se rend bien compte que le bonheur est quelque chose qui s’apprend, avec un peu de discipline ».

Se pourrait-il qu’il s’agisse là d’une jolie phrase plutôt redondante, mais qui ne se vérifie pas pleinement par les faits ? Ou bien est-ce dû au fait que j’appartiendrais à ce « quiconque » qui n’aurait pas encore assez vécu ?

De quoi sont faits les paramètres du bonheur ? J’aimerais tellement qu’on m’instruise sur cette question. S’il était vraiment une recette basée sur le travail, voici bien longtemps (je suppose) que nous le saurions.

Une autre petite question qui me chicotte encore : Sommes-nous si qualifiés que cela pour savoir ce qui est vraiment bon pour les enfants ? La socialisation n’est-elle pas par quelques aspects une spoliation de l’espace de liberté ?

Ne se pourrait-il pas que s’il existe du bon, c’est aussi parce que le bon coexiste en quelques sortes avec le mauvais ? Cette coexistence n’est-elle pas un des aspects de ce que nous appelons la socialisation ?

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Ce texte est vraiment pertinent. Il met l’emphase sur les besoins réels. Pour avoir oeuvré pendant 40 ans dans le milieu scolaire je garde le doux souvenir des sourires des enfants à leur arrivée à l’école. Ils reprennent LEUR vie. Et c’est bien tant mieux.

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