Enceintes à 40 ans? Banal…

Les Canadiennes âgées de plus de 40 ans sont désormais plus nombreuses que les adolescentes à donner naissance à un enfant, selon Statistique Canada. La sociologue de l’UQAM Francine Descarries décortique ce phénomène. 

(Photo: istockphoto)
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En 2012, 13 395 femmes de plus de 40 ans ont eu un enfant. C’est quatre fois plus qu’au milieu des années 1970. Comment cela s’explique-t-il?

Plusieurs raisons poussent les femmes à retarder la maternité. Elles peuvent attendre de rencontrer le partenaire avec lequel elles sont susceptibles de passer l’essentiel de leur vie, par exemple, ou de profiter d’une situation professionnelle assez solide pour avoir accès à un congé de maternité sans craindre de perdre leur poste. Enfin, il y a encore des pressions sociales très fortes associant maternité et réalisation de soi.

Francine Descarries est professeure au Département de sociologie de l'UQAM et directrice universitaire de l'Alliance de recherche IREF/Relais-Femmes. (Photo: Émilie Tournevache/Service de l'audiovisuel de l'UQAM)
Francine Descarries, professeure au Département de sociologie de l’UQAM et directrice universitaire de l’Alliance de recherche IREF/Relais-Femmes. (Photo: Émilie Tournevache/UQAM)

En général, les femmes choisissent-elles de devenir mères plus tard qu’avant?

Oui, l’âge à la première grossesse a augmenté de deux ans de 1992 à 2012. [NDLR: 27,9 ans en 1992 et 29,8 ans en 2012, selon Statistique Canada]. Il y a quelques décennies, la maternité à 40 ans était souvent celle du dernier enfant, quand ce n’était pas un accident. Aujourd’hui, bien des femmes accouchent de leur premier enfant après 40 ans de façon pleinement consentie. C’est une nouveauté.

Le nombre de mères adolescentes continuera-t-il de diminuer?

L’accès à l’avortement rend de plus en plus rare la maternité à un très jeune âge. La relative banalisation de l’avortement, combinée à un accès facile aux méthodes contraceptives et à la pilule du lendemain, contribue à réduire le nombre de maternités précoces. Cela n’exclut pas la naïveté, la pensée magique ou les accidents, mais en de tels cas, la sanction morale n’est plus du tout la même.

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