Et maintenant ?

Aylan Kurdi ne sera pas mort en vain si l’émotion suscitée par la bouleversante photo du bambin noyé, gisant sur une plage de Turquie, redémarre les rouages encrassés de l’aide aux réfugiés syriens.

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Cette photo bouleversante a donné un électrochoc au monde. Les solutions suivront-elles ? (Photo : AP/DHA/La Presse Canadienne)

Ces rouages peinent depuis qua­tre ans à faire face au raz-de-marée de quatre millions de personnes fuyant les bombardements du régime de Bachar al-Assad et les attaques meurtrières du groupe armé État islamique (EI).

L’Europe n’est pas seule en cause, et on aurait tort de ne blâmer qu’elle dans cette tragédie. Il faut lire notre reportage « La route des damnés » pour mesurer la complexité de la crise européenne. Et espérer que la rencontre des 28 ministres de l’Immigration des pays de l’Union européenne, le 14 septembre, débouchera sur une ébauche de solution concertée.

La Chine, la Russie, le Canada, les États arabes du Golfe ont tous un rôle à jouer pour éviter que d’autres Aylan n’échappent aux bras de leurs parents.

Tant que des conflits meurtriers déchireront l’Afrique et le Proche-Orient, des gens prendront la route pour rejoindre l’espoir de liberté que représente l’Europe. Nous ferions la même chose à leur place. Le monde doit leur offrir une meilleure solution que ce périlleux voyage.

Plusieurs pays avoisinant la Syrie, notamment la Jordanie et le Liban, ploient déjà sous le poids de centaines de milliers de réfugiés. La Turquie voisine en accueille près de deux millions et a dépensé six milliards de dollars américains pour leur venir en aide !

Les Syriens qui se lancent vers l’Europe sont souvent issus de la classe moyenne. Ils ont les moyens de rêver de se refaire une vie hors de camps parfois insalubres où l’avenir semble bouché.

Devant toute cette souffrance, il y a le silence assourdissant des riches monarchies arabes du Golfe et de l’Arabie saoudite, qui, dans l’ombre, soutiennent et financent les hommes en noir de l’EI. À eux, plus qu’à l’Europe, le monde devrait demander des comptes.

À l’égard de cette détresse, il est légitime de souhaiter que le Canada apporte un peu plus sa contribution. Certes, le pays est l’un des plus grands donateurs humanitaires à l’ONU pour la Syrie et l’Irak. Mais le public ignore ce que l’ONU fait des 140 millions de dollars versés, et Ottawa aurait intérêt à le lui faire savoir. Il faut aussi simplifier le processus complexe d’accueil des réfugiés.

Depuis 2006, leur nombre a baissé de 28 % au Canada, passant de 32 499 à 23 286. Si des réfugiés des camps de Turquie, par exemple, croyaient pouvoir accéder à l’une des 10 000 places promises par le gouvernement fédéral, ils ne tenteraient pas la périlleuse route vers l’Europe.

Le Canada, dit Stephen Har­per, préfère agir en adoptant une position militaire ferme contre l’EI. Pourtant, le Canada n’est pas un acteur clé de la coalition militaire qui fait la guerre à l’EI. Ses pilotes n’ont mené qu’une dizaine de missions. Selon un récent reportage de Maclean’s, les combattants kurdes ignorent que le Canada se bat avec eux !

Les libéraux de Justin Trudeau se sont déjà engagés à accueillir 25 000 réfugiés s’ils sont portés au pouvoir. Thomas Mulcair a aussi promis qu’un gouvernement néo-démocrate assumerait mieux ses responsabilités en cette matière.

La photo du bambin au t-shirt rouge a lancé une vague de sympathie à l’égard des Syriens, qui tardait à se manifester depuis le début du conflit.

Voyons maintenant si toute cette émotion peut se traduire par des gestes concrets.

 

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1 commentaire
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Pourquoi parler de migrants alors que se sont des envahisseurs.Les images des journaux nous montre au premier plan des enfants ou des familles,mais que voit on derrière cette façade,des hommes ente dix sept et trente ans.Pourez t on m’expliquer d’où ils sortent l’argent pour ce voyage?Pourquoi ne se dirigent ils pas vers l’Arabie Saoudite ou les Émirats qui je pense ont les moyens d’accueillir leurs frères de religion.Le cheval de Troie ne vous dit rien?