Étudier en français d’un océan à l’autre

Une université francophone en Alberta ? Eh oui ! Le campus Saint-Jean, à Edmonton, offre des baccalauréats dans la langue de Vigneault. Et ce n’est pas le seul établissement qui surprend dans le Guide 2013 des universités canadiennes, la nouvelle application iPad de L’actualité.

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L’Université Simon-Fraser, en Colombie-Britannique. – Photo : Simon Hayter

Quand il a emménagé à Winnipeg, au Manitoba, pour retrouver son amoureuse, le Québécois François Dufour n’imaginait pas pouvoir y étudier dans sa langue maternelle. « C’est ici que j’ai appris l’existence de l’Université francophone de Saint-Boniface, raconte ce natif de Saint-Romuald qui travaillait en aménagement paysager. Moi qui voulais me réorienter professionnellement, ça a été ma chance. »

Après avoir obtenu un baccalauréat en arts, le printemps dernier, il a enchaîné avec un bac en éducation pour devenir prof de français, métier très sollicité dans sa province d’adoption. Le coût des études, environ 30 % plus élevé qu’au Québec, ne l’a pas freiné. « Mes notes me permettent d’obtenir des bourses d’excellence, qui allègent les droits de scolarité », explique-t-il.

Située dans le quartier francophone de Saint-Boniface, l’Université offre le plus grand nombre de programmes en français de l’Ouest canadien. Ce vénérable établissement aura 200 ans en 2018. Il a cofondé, en 1877, l’Université du Manitoba, à laquelle il est toujours affilié, et a notamment eu pour élève Louis Riel, fondateur de la province. Accueillant 1 300 personnes, il offre une ambiance familiale. « Les étudiants et les professeurs viennent de partout dans la francophonie, dit François Dufour. Ça crée un brassage de cultures très enrichissant. »

Si la majorité des universités hors Québec donnent leurs formations en anglais, il est possible d’étudier en français dans des établissements d’un océan à l’autre. Du Campus Saint-Jean, à Edmonton (Alberta), à l’Université de Moncton (Nouveau-Brunswick) en passant par l’Université Laurentienne, à Sudbury (Ontario), tous sont présentés dans le Guide 2013 des universités canadiennes, une nouvelle application iPad de L’actualité. Sans oublier l’Université d¹Ottawa, où les trois quarts des cours sont offerts en français et en anglais, et certains programmes dispensés uniquement en français dans les facultés de droit, éducation, médecine et sciences de la santé.

L’Université Simon-Fraser, à Vancouver, est la seule de la Colombie-Britannique à être membre de l’Association des universités de la francophonie canadienne, qui compte 14 établissements dans sept provinces autres que le Québec. Elle propose entre autres un programme en administration publique et services communautaires (French Cohort Program), dont la majorité des cours sont donnés en français. Et elle accompagne tous les étudiants francophones qui ont besoin de soutien en offrant des services de révision linguistique, des ateliers de grammaire, etc.

Étudiante en communications à Simon-Fraser, Marie-Line Petit en a profité. Alors que le niveau de son anglais écrit était moyen à son arrivée, en 2010, elle s’est adaptée sans problème. « J’ai été choyée, dit la jeune femme de 22 ans originaire de Saguenay. Mes amis et mes professeurs étaient toujours là pour m’aider à améliorer mes textes en anglais, et aujourd’hui je me débrouille très bien. » Membre de l’équipe de basket de l’Université, elle est ravie de son expérience britanno-colombienne, en dépit de l’éloignement et de son horaire d’enfer : 20 heures d’entraînement par semaine, plus 16 heures de cours et autant d’études.

Certes, les droits de scolarité sont plus onéreux dans le reste du Canada qu’au Québec, mais de plus en plus d’établissements québécois offrent à leurs étudiants des programmes d’échanges pour la durée d’une session. Une formule qui permet de rester rattaché à son université d’origine sans payer des droits de scolarité plus élevés.

Inscrite en génie mécanique à l’École polytechnique de Montréal, Claudia Bujold a ainsi bénéficié d’un échange avec l’Université de l’Alberta, à Edmonton, à l’automne 2012. Son principal objectif était d’améliorer son anglais. « Avant d’arriver, j’avais peur d’être mal jugée à cause de mon fort accent français. Mais les étudiants et les professeurs sont très tolérants : ils m’écoutaient sans même froncer les sourcils ! Ça m’a donné beaucoup de confiance en moi. » Et, surprise, la charge de travail était beaucoup moins lourde qu’à Polytechnique. « En faisant moins d’efforts, j’ai obtenu de meilleures notes. »

Ceux qui s’ennuient de leur langue maternelle peuvent la pratiquer en s’impliquant dans la vie culturelle et sociale de leur université anglophone. D’un bout à l’autre du pays, des associations comme le French Film Club, de l’Université Saint Mary’s, à Halifax (Nouvelle-Écosse), la French Connection, de l’Université Queen’s, à Kingston (Ontario), ou le Cercle français, de l’Université de la Saskatchewan, à Saskatoon, se sont multipliées ces dernières années.

Reste qu’à l’inverse des universités anglophones québécoises — Bishop’s, à Sherbrooke, Concordia et McGill, à Montréal —, qui permettent aux francophones de remettre leurs travaux et de faire leurs examens en français, rares sont celles des autres provinces qui sont aussi accommodantes, sauf bien sûr dans les programmes d’études françaises. Parmi celles-ci, signalons l’Université Lakehead, à Thunder Bay, en Ontario, où le personnel de la Faculté de langues offre un service de traduction gratuit, tant pour les professeurs que pour les étudiants.

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Le Guide 2013 des universités canadiennes, une nouvelle application iPad de L’actualité, répertorie toutes les universités canadiennes, indique lesquelles offrent des programmes en français, et trace un portrait complet des universités québécoises et des écoles qui leur sont affiliées.

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