Facebook et la vraie vie

Les médias sociaux, c’est non seulement public, c’est dangereux.

Photo : L'actualité

Toc, toc, toc !

« Oui ?
— Bonjour, c’est la SQ. Donc, comme ça vous voulez tuer le premier ministre ?
— Heu… Ben, c’est-à-dire… J’étais fâché contre ses mesures, là… Tsé, le masque pis tout’…
— Mais vous avez écrit que vous vouliez le tuer par balle.
— Ouin, mais tsé, en conversation sur Facebook… Avec les autres gars qui pensent comme moi. »

Ouin, mais c’est ça qui arrive, Facebook est dans la vraie vie. Parce que c’est public. Les blagues que tu fais dans ton salon, les horreurs que tu dis sur le monde pendant que tu te moques des candidats d’Occupation Double, les discussions qui restent entre tes proches, tes meilleurs amis, les fois où t’as trop bu et tu finis par avoir des paroles que tu regrettes le lendemain… Ça reste privé. Et heureusement. On dit tous des niaiseries. Mais les médias sociaux, c’est non seulement public, c’est dangereux. Les mots ont une portée. Ils ont une signification, un poids et, pire, ils restent.

On dirait que les médias sociaux sont intimes. On y met nos photos de vacances, nos enfants, on y commente les phrases de nos voisins, mais en réalité tout cela est un immense spectacle public. Où chacun observe, épie, note, commente et parfois, oui, appelle la police. Tes mots ont des conséquences et la seconde où tu les lances sur cette grande scène qu’est l’Internet, attends-toi à ce qu’ils développent une vie à eux. Positive ou négative ou les deux.

On ne peut plus se dédouaner de nos mots sous prétexte qu’ils ne sont « que » sur les médias sociaux. Ça n’est plus juste un commentaire, un post ou un statut. Je trouve ça long avant qu’on comprenne les répercussions qu’ont ces bébelles sur nos sociétés et sur la vie réelle des gens. Je trouve qu’on laisse énormément de conneries se dire à la légère et que ça a pris beaucoup de temps avant que les propos sur Internet soient enfin vus comme des menaces. Je trouve qu’il est encore trop possible de commenter sous les articles des journaux, qu’il est encore trop peu puni d’être ouvertement raciste, sexiste, homophobe et que trop de paroles violentes peuvent juste continuer d’être partagées et envoyées sans qu’il se passe quelque chose.

Je ne sais pas si ça va prendre un permis pour Internet, mais il est à peu près temps qu’on comprenne que Facebook est dans la vraie vie.

Laisser un commentaire

J’apprécie la majorité de vos articles, mais ici, je sens un léger relent de censure qui abonde dans le même sens que les moralistes de la gauche qui veulent neutraliser tous ceux qui ne pensent pas comme eux. On peut évidemment pénaliser les prêcheurs de la violence, mais on ne peut empêcher les gens d’avoir des sentiments, que ce soit de l’amour ou de la haine. Plus on veut abolir, plus on exacerbe ceux et celles qui se sentent lésés dans leur façon de voir les choses, la vie.
Si je hais l’hiver, ça ne dérange personne d’autre que moi (à moins que j’écœure les autres avec ça)…, et c’est mon droit.
Si je hais certaines personnes, et c’est mon droit aussi, je ne dérange personne si je le garde pour moi. Le principe, c’est de ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’il nous soit fait .
Je ne suis donc pas pour ce genre de censure qui éliminerait à toute fin pratique tout débat sur quelque sujet que ce soit. D’où la pensée unique, beige et fade que tout le monde porterait comme masque alors que les dessous du masque bouillonnerait de rage et de désillusion.

Répondre

Ah la gauche, le côté impie de l’humain. D’ailleurs être gaucher fut pendant des décennies une tare à corriger. La droite exemplaire n’a absolument rien à se reprocher, ben non. Pas de fanatisme ni d’étouffement des libertés civiles ni de fausses nouvelles de Fox News et d’un bon président de droite qui ne dit que la vérité.

Ah, la satané gauche, mère de tous les vices… pour la droite. Pas de demi-mesures, pas de nuances, on est à gauche ou pas, point final. Si ça fait pas notre affaire, c’est à cause de la gauche. D’ailleurs on attend la visite de Trump en Californie demain pour se faire dire que les feux de brousse exceptionnels sont la faute de la gauche.

Difficile pour le fanatique de voir le monde en couleur, il préfère le noir et blanc, la gauche terrible, stalinienne, ou la droite vertueuse.

Je pense qu’elle veut dire de s’autocensurer.Que tous tes post sont publics comme ne public dans une assemblée etc. Donc si tu fais des menaces ou autres sur FB, ne te surprend pas de voir débarquer la police chez toi.

@ NPierre,

L’ancien président socialiste de la République Française François Mitterrand, établissait une distinction entre ce qu’il appelait le « peuple de gauche » et la gauche politique souvent issue de la bourgeoisie. Cette gauche politique n’a pas démontré jusqu’à présent qu’elle avait tant à cœur le bonheur des populations opprimées.

Lorsque la gauche occupe le pouvoir, il n’est pas rare qu’elle applique scrupuleusement l’adage qui veut que : « charité bien ordonnée commence toujours par soi-même »….

Alors dans bien des cas : gauche ou droite, c’est tuque rose et bleu bonnet. Bref, c’est plus souvent qu’autrement du pareil au même.

Enfin, si je vous comprends bien, vous êtes pour la censure de gauche vertueuse et ainsi donc… en principe tout ce qui va avec comme : la répression. — Dites-moi si je me trompe !

@ NPierre ;
Comment pouvez-vous conclure aussi catégoriquement que je sois de la droite juste parce que je dis que la gauche veut faire taire ceux qui ne pensent pas comme elle ? Personnellement, je me classe à l’ ¨extrême centre¨ en ce sens que je crois avoir toujours recherché le juste milieu dans tous les courants , quels qu’ils soient.
Ce n’est pas parce que je ne crois pas à l’extrême alarmisme du climat que je suis un Trumpiste; je peux croire autre chose qui ne soit pas scientifiquement consensuel sans pour autant ne pas voir certains problèmes. Ce n’est pas parce que je ne crois pas en l’efficacité de l’OMS et de l’ONU que je ne crois pas à la pandémie de la Covid 19 ! Ce n’est pas parce que je ne crois pas au danger toxique du CO2 que je ne crois pas à la pollution humaine ! Il y a toujours deux côtés à une médaille, et les deux ne sont pas nécessairement roses.
Alors, avant de me catégoriser comme vous le faites, regardez donc votre façon de conclure vos réflexions.
Bonne journée à vous.

Les nouvelles technologies, Internet, les réseaux sociaux, le Dark web, le téléphone intelligent, ces inventions qui n’ont pris leur essor que depuis une vingtaine d’années ou moins, tout cela a contribué à modifier notre vision du monde. Alors nous nous apercevons que tout n’est pas toujours si joli.

Mais ceux qui ont lu Victor Hugo, Dostoïevski, Zola et quelques autres, savent que la misère humaine n’est pas d’aujourd’hui.

Dans ce bouillon virtuel, nous trouvons le meilleur comme nous trouvons le pire et nous succombons dans le secret de nos maisons à une chose ou une autre toutes inavouables, mais que n’ignorent pas les GAFAM grâce au Big data.

Le monde était-il si différent voici 20 ans ou est-ce que nous voyons émerger des choses qui étaient sensiblement plus voilées ?

Si nous ne sommes pas confortables avec certaines choses, nous avons toujours le choix de ne pas participer. Je ne suis pas sur Facebook, je ne regarde ou ne suis pas ceux ou celles qui s’y exhibent, qui nous influencent. C’est mon choix. Comme nous l’a enseigné la psychanalyse, il faut apprendre à résister.

Vouloir instaurer la censure ou diverses formes d’autocensures, comme l’exprime C. d’Anjou dans ses commentaires, cela ne rendra pas le monde meilleur. Un monde devient meilleur lorsque ce sont les gens qui choisissent d’être meilleurs.

Pas en véhiculant une pensée unique et stéréotypée qui se veut « bienpensante », la pensée qui fait fureur actuellement chez tous les bons petits bourgeois de gauche qui se respectent, lesquels adorent usuellement le « Plateau » qui un peu plus chaque année perd son âme prolétarienne.

Bin oui ! Doit bin exister encore, une vraie vie après le Plateau….

Répondre
Les plus populaires