Facebook étudie vos commentaires autocensurés

Facebook étudie vos messages, publiés ou non.

Photo : iStock
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Quel utilisateur de Facebook n’a jamais commencé à rédiger un statut ou un commentaire avant de se raviser ? Qu’il s’agisse de travail, de politique, de sexe ou d’autres, certains écrits ne sont pas dignes d’être lus ou commentés. Ils sont alors autocensurés.

Mais, publiés ou non, Facebook étudie vos messages, nous révèle Slate.

«Il s’avère que les choses que l’on choisit explicitement de ne pas partager ne sont pas entièrement privées», explique Jennifer Golbeck, directrice du Human-Computer Interaction Lab et professeure associée de l’Université du Maryland.

«Pour collecter le texte que vous tapez, Facebook envoie du code à votre navigateur. Ce code analyse automatiquement ce que vous tapez dans un champ texte et renvoie les métadonnées à Facebook.»

Google utilise une technologie similaire pour sa messagerie Gmail, qui sauvegarde les courriels à mesure qu’ils sont écrits. «La différence, c’est que Google sauvegarde vos messages pour vous aider. Les utilisateurs de Facebook ne s’attendent pas à ce que leurs réflexions non-postées soient collectées, et ils n’en tirent aucun intérêt», écrit Jennifer Golbeck.

Cependant, l’entreprise fondée par Mark Zuckerberg ne scrute pas encore le contenu des messages non publiés, selon une étude sur le comportement d’autocensure de cinq millions d’utilisateurs anglophones, qui a été publiée par un spécialiste des données au sein de Facebook ainsi qu’un ancien stagiaire de la société californienne. En effet, seules des informations relatives à ces contenus autocensurés sont collectées – comme l’heure et le lien, s’il y en a un.

«Nous avons réussi à mieux comprendre comment et où l’autocensure se manifeste sur le réseau social; ensuite, nous devrons mieux comprendre le quoi et le pourquoi [de cette autocensure]», expliquent Adam Kramer et Sauvik Das, les auteurs de l’étude.

Selon Jennifer Golbeck, cela sous-entend que Facebook va rapidement chercher à savoir ce qui a été tapé. Mais dans quel but ? Kramer et Das ont la réponse : lorsqu’une personne décide de ne pas publier, Facebook «perd de la valeur par ce manque de génération de contenu». En conséquence, plus les utilisateurs publient, plus Facebook acquiert de la valeur.

À l’heure actuelle, les ingénieurs de Facebook cherchent donc à comprendre l’autocensure afin de la diminuer, d’autant que la publicité, qui finance le modèle économique de l’entreprise, s’affiche en fonction de ce que chacun publie.

Dans sa politique d’utilisation des données, Facebook explique sa volonté de collecter les informations partagées sur le site ou acquises via des interactions, mais il n’y a rien mentionnant les informations non partagées.

 

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