Fâchez-vous !

Monsieur le ministre de la Santé, c’est pas le moment de nous créer des pastilles de couleur, c’est le temps de cesser de vous excuser de devoir nous demander de retourner chez nous et d’arrêter d’aller aux pommes.

Photo : L'actualité

J’aimerais dire que c’est clair, mais je ne suis pas sûre de comprendre et j’ai l’impression de comprendre encore moins chaque fois que le ministre de la Santé ouvre la bouche. Loin de moi l’idée d’affirmer que gérer une crise sanitaire est simple, ça doit être une équation à un million d’inconnues, mais, mon Dieu, faites quelque chose avec votre communication. C’est un bordel sans nom. Depuis que vous nous avez parlé des codes de couleur, que vous y avez ajouté le défi 28 jours, que vous êtes allé à Tout le monde en parle dire à l’avance et sans précisions que Montréal et Québec allaient devenir zones rouges, mais que la conférence de presse ne serait pas tout de suite, on comprend rien.

C’est pas clair : vous vous obstinez à parler alors que c’est pas le moment et à dire « on veut faire preuve de transparence » pendant que vous déclarez ne rien pouvoir annoncer. Vous répétez qu’il va falloir mieux communiquer… en communiquant mal. Je comprends rien. Ce que je vois, c’est que vous essayez de gagner du temps et que vous êtes pogné avec un gros problème quand ça va mal : le besoin de continuer à faire de la politique, et donc, du marketing.

Ça sent le marketing qui se cherche à plein nez, votre affaire, et c’est pas le moment de plaire, c’est le moment de se fâcher. Voyons ! Y a 1 000 personnes aux tam-tams sur le mont Royal l’après-midi et, le soir même, le ministre de la Santé est en direct à la télé, doux comme un agneau ! Qu’est-ce que vous faites ? C’est quoi, ce niaisage-là ? Je comprends que c’est facile à dire des gradins où je suis assise, mais haussez le ton, bon yenne ! Vous êtes pas en campagne électorale, là ! Chicanez-nous ! Vous avez des pourcentages d’approbation de la taille d’un gratte-ciel de Donald Trump, servez-vous-en ! Je le sais que c’est un chiard à gérer, mais c’est pas le moment de nous créer des pastilles de couleur, c’est le temps de cesser de vous excuser de devoir nous demander de retourner chez nous et d’arrêter d’aller aux pommes !

Voyons ! Fâchez-vous. On fait des niaiseries, on porte le masque sous le nez, on passe nos journées à dire « j’ai l’doua » pour justifier que « oui, mais ça me tente de regarder la Coupe Stanley en gang ». Non, t’as pas le doua ! Enwèye à maison ! On a des cliniques et des hôpitaux à veille de craquer, des travailleurs de la santé en choc post-traumatique, on vit une crise sanitaire mondiale, une situation exceptionnelle qui arrive une fois par siècle. Non, tu peux pas organiser un apéro sous prétexte qu’il fait beau et que ça te tente ! Tu-peux-pas. On va devoir sauver l’essentiel, les petits bouts de société qui doivent continuer à fonctionner pour l’économie de base et la santé mentale de tous. Arrêtons de niaiser, et pour l’amour de Dieu, arrêtez de faire de la politique et osez déplaire, c’est une situation de vie ou de mort. Fâchez-vous !

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Bravo Mme Stréliski!

Encore une fois … en plein sur le mille! Montréal est la ville, AU MONDE, qui probablement gère la pandémie au pire … et on se complaiît à commenter sur la graine de sable dans l’oeil du président américain.

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Fâchez-vous !
Je suis tellement d’accord avec vous!
Il y a un temps pour tout.
Et maintenant, oui, c’est le temps de la fermeté.
Et de la patience (pour nous). Parce qu’une pandémie, c’est du sérieux. Et ça risque de durer longtemps.

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Ça ne sert à rien de se fâcher contre les stupides qui ne respectent pas les règles sanitaires , ça leur donnerait simplement plus de place pour leur plaisir ! Je ne pense pas que les autorités politiques et sanitaires veulent plaire pour gagner des votes , ils ont des décisions à prendre pour protéger l’ensemble de la société non seulement au plan sanitaire mais aussi au plan psychologique et économique .
Le principal problème des dirigeants , actuellement , est en rapport avec la loi des droits et libertés ; les policiers ne peut peuvent arrêter des gens qui manifestent illégalement , ils ne peuvent pas entrer dans les maisons privés sans mandat pour donner des contraventions .
Par ailleurs , si les dirigeants démontrent eux-mêmes un manque de contrôle émotionnel , ils y aura encore plus de commentaires désapprobateurs face à leurs décisions .
Il n’y a rien pour remplacer le gros » bon sens » .

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Voici ce que m’a inspiré votre mot d’aujourd’hui, envoyé tantôt à Mme la v.-PM… :

Chère Geneviève,

Ainsi donc, serait-ce en votre cour que les ‘gars’ hier soir auraient pelleté l’ultime tâche d’élaborer et mettre en place d’idoines moyens de régulation ou répression, juste à point – juste assez pas trop, avec police et juristes.

« Facile », hein !…

Au catho-pays du Québec, on passe d’obéissance ou indulgence à pénitence ou sacrifices, en prenant garde de succomber à la tentation. Mais comment?

Léa, aujourd’hui, suggère colère du Ministre (« fâchez-vous ! »). Même médication-choc que celle proposée, il y a deux semaines et demie, par Joseph*, lui, au PM (« Le temps de se fâcher »).

Ont-ielles raison? Chose certaine, il y en a qui le sont en colère… :
Bernard Carrier
« Et qui va faire respecter ces mesures loufoques ? Après les préposés aux bénéficiaires, le gouvernement Legault va-t-il offrir une formation de trois mois pour engager 10 000 nouveaux policiers à un salaire de 100 000 $ pour faire respecter les consignes ? 5 000 manifestants peuvent envahir les rues sans masque et deux amoureux ne peuvent plus manger en tête à tête dans un resto. »

Ainsi donc (bis), vous incombera-t-il, à vous plus qu’à quiconque d’autre dirait-on, de trouver LA Voie. De passage. Entre colère, rage ou fureur, et justesse-sagesse.

« Facile » (bis), n’est-ce pas?…

Voici, tout de même, quelque « ‘aide’ »; si c’est possible.

Forcer, foncer dans l’tas, avec matraque et police, ne semble pas être le mieux pouvant être fait. Cela marquerait plutôt une défaite.

Par ailleurs, laisser faire non plus ne semble pas davantage être du meilleur ou « ‘moins pire’ » possible ou souhaitable.

Quid, alors, de si, au lieu de combattre, d’abattre ou se débattre à n’en plus finir, on se mettait, résolument, assidûment, sérieusement et a dé qua te ment, à débattre, enfin, pour vrai, à fond, en[tre] adultes?

De « solution », il ne semble y en avoir de ‘meilleure’, apparemment. Mettre tout le monde dans le coup. Exclusion exclue. Libération par délibération. Voire même élation sans délation.

Élation ? Si, si. Un exemple.

En ce temps de réclusion contrainte, pourquoi ne pas… « sortir » un peu? Aux bons endroits, pour les bonnes raisons et de bonne façon? Où ça, comment?

À la Visitation, par exemple. C’est-à-dire, et à l’église de La Visitation** — (doyenne [et patrimoine] des églises sur l’Ile) —, et au parc-nature, aussi splendide qu’immense, la jouxtant, de même nom (de La Visitation**)?

Qu’est-ce qui empêche, en effet, que soient donnés en cette église, au moyen de l’orgue le plus ancien au pays, abondance de concerts se succédant quasi sans fin, jouant musiques de genres variés; auxquels assisteraient des ‘groupes’ d’une vingtaine de personnes à la fois; pendant, avant ou après que marcheraient, joggeraient ou rouleraient à vélo – d’autres ou de mêmes personnes, s’adonnant ainsi à ce qu’il peut y avoir de mieux pour la santé, soit joie, bonne humeur, exercice plein air ou plaisir d’art sonnant ?

‘Désarçonnant’ – de bon sens et simplicité, n’est-ce pas ?

* Que d’aucun.e.s appellent « Fécal », d’autres « Facial »
Sylvie Alain
« M. Facial, »
ce qui expliquerait sa véhémence anti-antimasques ?

** Est-il lieu se prêtant davantage aux visites, en temps de restrictions ou d’interdictions de visite, que ces sites de La Visitation ? !…

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