Farine Five Roses : un symbole montréalais pérenne

L’enseigne lumineuse Farine Five Roses, qui habille les nuits montréalaises, n’est pas près de s’éteindre à nouveau.

Photo © Denis-Carl Robidoux / CC BY-NC 2.0
Photo © Denis-Carl Robidoux / CC BY-NC 2.0

L’enseigne lumineuse Farine Five Roses, qui habille les nuits montréalaises, n’est pas près de s’éteindre à nouveau. Dans l’édition du Devoir du 12 décembre, la journaliste Frédérique Doyon expliquait que l’entreprise américaine Smucker’s, détentrice des droits liés à la marque Five Roses, s’est assurée de la pérennité de ce symbole du patrimoine industriel montréalais en effectuant des «réparations essentielles» depuis 2008.

«La compagnie a fait un investissement important pour réparer et maintenir l’enseigne de la rue Mill», a expliqué au quotidien Maribeth Burns, la vice-présidente des communications corporatives de Smucker Foods of Canada Corp. «Le néon est devenu une part importante de l’histoire de Montréal et nous sommes fiers de contribuer à ce qu’il continue d’illuminer le ciel montréalais.»

Selon Le Devoir, la somme d’un million de dollars aurait été investie afin de réparer le système électrique désuet du néon géant qui «domine le bassin Peel et le Silo no 5 depuis 1948».

C’est en août 2006 que cette enseigne a gagné ses galons de symbole montréalais, quand elle s’éteinte deux semaines durant à la suite de la vente à Smucker’s de la marque jusqu’alors détenue par Archer Daniels Midlands, l’entreprise propriétaire de l’édifice. Héritage Montréal, l’organisme défenseur du patrimoine montréalais, était monté au front, mobilisant les Montréalais avec succès, puisque le néon fut rapidement rallumé.

«On se soucie aujourd’hui davantage de sauver des édifices que des enseignes», expliquait en 2010 au Voir le professeur Matt Soar, créateur à l’époque du site farinefiveroses.ca, destiné à souligner la perte qu’aurait occasionnée la disparition de l’enseigne. «Il est souvent difficile de savoir quelles enseignes doivent être sauvées avant qu’elles ne soient effectivement menacées, lesquelles ont une importance qui fait consensus.»

Si Farine Five Roses rime avec pollution visuelle pour certains, un sondage mené par le journaliste Vincent Fortier pour le journal Métro auprès de 40 personnalités montréalaises (du ministre Jean-François Lisée à l’équipe de Moment Factory, en passant par Alain Simard, président de l’Équipe Spectra, et Alexandre Taillefer, président du c.a. du Musée d’art contemporain) a placé l’enseigne en 14e position du classement des symboles les plus emblématiques de Montréal.