Gagner à la loterie: pour le meilleur et pour le pire

Si gagner à la loterie relève du miracle (une chance sur 292,2 millions dans le cas du Powerball), les lendemains difficiles sont plutôt une constante.

Photo: Skip O'Rourke/The Tampa Bay Times
Photo: Skip O’Rourke/The Tampa Bay Times

En 2016, la déprime du mois de janvier a trouvé son remède: la loterie Powerball. D’aucuns se sont imaginés remporter la cagnotte sans précédent de 1,5 milliard US$ et mettre un terme à une vie rythmée par le sempiternel métro-boulot-dodo.

Mais, comme un rappel du proverbe «l’argent ne fait pas le bonheur», le site du magazine The Atlantic a exhumé plusieurs études montrant que, si gagner à la loterie relève du miracle (une chance sur 292,2 millions, pour être exact, dans le cas du Powerball), les lendemains difficiles sont plutôt une constante.

La journaliste Bourree Lam a notamment rappelé qu’en 1987, le sociologue H. Roy Kaplan, après avoir étudié le destin de 576 gagnants de la loterie, affirmait que les «mythes» et les «stéréotypes» de la culture populaire étaient très éloignés de la vérité: peu de gens quittaient par la suite leur emploi pour vivre une vie de pacha.

Des études plus récentes ont détaillé les remarques de H. Roy Kaplan. Selon des travaux datés de 2004, 85,5 % des Américains ayant gagné à la loterie ont continué à travailler après avoir touché le gros lot – et 63 % sont par ailleurs restés dans la même entreprise.

Une étude conduite en 2009 auprès de 34 987 personnes ayant remporté un maximum de 150 000 US$ à la loterie avait mis en lumière les difficultés financières auxquelles nombre d’entre eux s’exposent: 1 934 avaient fait banqueroute cinq ans tout au plus après avoir touché leurs gains.

Dans les pages du New York Times, en 2012, Joe Nocera s’était attardé sur la malédiction qui semble frapper certains gagnants de la loterie. L’histoire de Jack Whittaker, qui avait gagné 315 millions US$ au Powerball en 2002, en est un parfait exemple.

«Une décennie plus tard, sa fille et sa petite-fille étaient mortes d’overdoses, sa femme avait divorcé de lui et il avait été poursuivi en justice à plusieurs reprises. Une fois, alors qu’il se trouvait dans un club de strip-tease, quelqu’un avait versé de la drogue dans sa boisson avant de lui dérober 545 000 $ en argent comptant qui traînaient dans sa voiture. Il s’était par la suite lamenté auprès de journalistes: “Si c’était à refaire, je déchirerais ce billet [de loterie].”»

L’Internet abonde de telles histoires tragiques. Mais elles ne semblent pas effrayer grand monde. Après tout, le proverbe dit aussi que, si l’argent ne fait pas le bonheur, il y contribue. C’est pourquoi Gary Grief, directeur exécutif de la Texas Lottery, a expliqué à NBC News que l’entreprise avait vendu, pendant un certain moment, plus de 600 000 billets Powerball par minute.

Selon la North American Association of State and Provincial Lotteries, les Américains ont dépensé 70,1 milliards US$ en billets de loterie lors de l’année fiscale 2014 – soit plus que ce qu’ils dépensent pour des billets de sport, des livres, de la musique, des jeux vidéo et des tickets de cinéma réunis.

Il est vrai que payer 2$ pour s’acheter une part de rêve peut sembler (à tort) un bon investissement pour les plus démunis… comme pour certains économistes. En effet, comme l’explique Alex Tabarrok, de Marginal Revolution, la véritable valeur d’un billet de loterie se trouve peut-être davantage dans le plaisir de s’imaginer vainqueur.

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L’affirmation suivante demanderait davantage d’explications:
« Une étude conduite en 2009 auprès de 34 987 personnes ayant remporté un maximum de 150 000 US$ à la loterie avait mis en lumière les difficultés financières auxquelles nombre d’entre eux s’exposent: 1 934 avaient fait banqueroute cinq ans tout au plus après avoir touché leurs gains. »

D’abord, un gain de 50 000 à 150 000 n’est pas si élevé que ça, et ne paie qu’une partie d’une hypothèque sur une maison. De plus, on parle dans ce paragraphe de 2000 faillites, ce qui correspond à 5.5% des gens qui ont eu ces gains à la loterie. Comment est-ce que ce chiffre se compare avec la population en général? Est-ce vraiment plus élevé, et de combien? Et pourquoi ces gens ont-ils fait faillite avec un gain à la loterie inférieur à 150 000$?

Il serait aussi intéressant de savoir quel est le pourcentage de grands gagnants qui s’en sont bien sortis et qui ont une belle vie suite à leur gain, au lieu de se concentrer sur un témoignage d’un cas qui a très mal tourné…