Hockey 1 – Pandémie 0

Hommage à tous ceux qui ont créé des patinoires pour les enfants de leur voisinage. Vous faites leur hiver. 

Photo : L'actualité

Je savais qu’il y jouait, je savais à peu près où, mais je n’étais pas encore allée voir. Je suis passée par une petite ruelle verte, qui, vous me direz, est maintenant plutôt blanche, et j’entendais déjà les murmures. Les sons du hockey. Les sons des enfants qui jouent, des patins sur la glace. Il faisait nuit. Les lampadaires éclairaient de leur lumière orangée et s’amusaient sûrement d’en haut à suivre l’action de la rondelle. Deux, trois détours de buissons enneigés plus tard, je la découvrais. Elle, la reine de la ruelle : la patinoire. 

Une patinoire clandestine ! Faite à même ce qui normalement est une allée où doivent passer les chars. Une glace accueillante, faite et entretenue par un voisin qui est certainement tout aussi sympathique. Mon fils de neuf ans a trouvé, en pleine pandémie, avec trois amis de sa bulle-classe, ce véritable joyau. Je ne l’avais pas encore vue, mais je savais que c’était le front auquel il se rendait après la classe. « Je prends mes patins et mon chandail des Canadiens et j’y vais, maman ! » Chaque après-midi, il me le dit. Et il doit rentrer quand la cloche de l’église sonne 6 h.

Le dehors, c’est tout ce qu’il nous reste. Et c’est déjà beaucoup. Je dois dire que je suis assez contente de comment Montréal fleurit cet hiver. La ville a su s’adapter. J’anticipais, l’été dernier, le retour de la saison froide. Je voyais les aménagements que nous offrait à l’époque la ville, les rues piétonnisées, les spectacles d’humour dans le parc, les barbecues improvisés, les terrasses de rue, l’incroyable piscine publique… et je me demandais comment tout ça hibernerait pendant que nous, vivants, devrions encore sortir. Je redoutais d’être contrainte de reconfiner mes enfants, de les enfermer avec comme activité principale les sempiternels jeux vidéos. 

Mais heureusement, la neige est arrivée. La neige avec tout ce qu’elle crée, des bonshommes, des forts, et la charrue qui la pousse en cette merveille convoitée de tous : une montagne ! 

Mes petits ont le droit de voir leurs amis de bulle-classe à l’extérieur. Résultat, ils passent le plus clair de leur temps à sillonner les rues et les ruelles du quartier. Les villes retrouvent leurs enfants, avec leurs joues rouges et leurs nez qui coulent. « Tu leur offres une possibilité d’apprentissage que les enfants avaient perdue. La chance d’apprendre sans être sous le regard constant de papa et maman. Réfléchir sans que les parents s’en mêlent… », me disait ma belle-mère, qui a été prof au primaire et commissaire scolaire durant plus de 25 ans. Elle trouve que les parents sont rendus trop impliqués dans la vie de leurs enfants. (Oups !)

J’ai confiance dans les voisins. Bien sûr, les enfants ne sont jamais à l’abri du danger, mais mes gars sont en âge (9 et 11 ans) de faire des découvertes un peu seuls. La communauté, l’esprit de quartier, veiller les uns sur les autres n’aura jamais été aussi important que pendant cette pandémie. On m’a dit qu’il s’appelle « Allen », cet homme qui a créé la patinoire altruiste derrière chez lui. Ce n’est pas mon voisin direct, et j’espère que j’écris bien son prénom. Mais sachez, monsieur — et je sais qu’il y en a un peu partout en ce moment dans la province, des Allen —, que vous faites l’hiver de mon fils. Il jouait au soccer deux fois par semaine, il a besoin de bouger pour aller bien ; il patine maintenant grâce à vous cinq heures de suite les jours de fin de semaine, en ne se rendant même pas compte qu’il fait -20 °C. Je sais que vous avez fait ça parce que la vie est plus belle quand on offre de la joie aux autres, je le crois aussi, et en tant que maman je suis rassurée qu’il y ait sur cette terre des gens comme vous. 

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Ouais. Ils sont incroyable, surtout cette année.

Mais, ils sont aussi complètement illégale, et pourrait être fermé suite à une appel au police. Comme arrivait à moi et un groupe de parents dans une ruelle non-aménagé.

Pour gagné le droit, il faut suivre des régles non-publié sur le site web du ville, qui force les voisins de rentrer en conflit avec chaqu’un autre pour gagné un majorité en faveur. Même avec ça, la ville prendra longuetemps pour donner le droit (s’ils veulent donner le droit.. c’est un décision câché)

Toute ça à côté, Merci! pour cette article, Léa… il nous fais penser à un monde ou les choses non-dangeureux et bon pour la santé des enfants ne sont pas sujet à des appels au police.

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