Il y a un problème au pays des garderies

Pourquoi tant de garderies privées à plein tarif sont-elles de qualité minimale ou franchement inadéquate ? Pierre Fortin s’est penché sur la question.

Photo : Pixabay

Le régime de services de garde à l’enfance du Québec offre présentement 300 000 places pour nos enfants de 0 à 4 ans. Environ 234 000 sont à tarif réduit. Il y en a 95 000 dans les centres de la petite enfance (CPE), qui sont des établissements privés sans but lucratif ; 92 000 en milieu familial, dans des résidences privées ; et 47 000 dans les garderies privées, qui acceptent de se conformer à des normes précises.

Une subvention directe du gouvernement du Québec couvre en moyenne 80 % du coût total de fonctionnement de ces services de garde. L’autre 20 % est tiré du tarif réduit de 8,05 $ à 21,95 $ par enfant par jour qui est perçu auprès des parents et qui est modulé selon le revenu d’emploi de la famille.

Les 66 000 autres places sur les 300 000 sont offertes par des garderies privées à plein tarif. On les désigne souvent comme « garderies privées non subventionnées », mais c’est une appellation impropre, parce qu’elles sont en fait subventionnées par le crédit d’impôt remboursable que le fisc accorde aux parents pour les aider à payer le tarif.

Notre système de garde offre donc un éventail d’options aux parents : CPE, milieu familial, garderie privée à tarif réduit ou garderie privée à plein tarif. Cette liberté de choix reçoit un appui sincère et enthousiaste de plusieurs élus. Par exemple, dernièrement, le ministre de la Famille, Luc Fortin, affirmait avec conviction que « les parents sont les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour leurs enfants ». De son côté, la députée de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, vantait l’entrepreneuriat privé, qui est le fondement à la fois des garderies privées tout comme des CPE sans but lucratif.

La liberté de choix est un principe fondamental dont il ne faut pas déroger, à moins d’avoir une raison valable. Avant toute chose, il faut être correctement informé sur la nature des options offertes. Les parents voudront naturellement opter pour le service de garde qui offrira les meilleurs soins à leur enfant. Mais encore faut-il qu’ils soient capables de décider en toute connaissance de cause.

Or, en toute objectivité, les divers types de services offerts ne sont pas égaux sur le plan de la qualité. Comme le montre le graphique ci-dessous, tiré d’une enquête de l’Institut de la statistique du Québec, un enfant en CPE a 11 fois plus de chances de recevoir des soins de bonne ou d’excellente qualité que de qualité inadéquate (45 % contre 4 %)[1]. L’effet favorable de la « qualité CPE » sur le développement des enfants a d’ailleurs été confirmé par plusieurs travaux scientifiques publiés au Québec ou à l’étranger, dans des revues comme Pediatrics, le Journal of Child Psychology and Psychiatry et le Journal of the American Medical Association (Psychiatry).

Ce n’est pas du tout le cas pour le développement des enfants en garderie privée à plein tarif. Comme le présente le graphique, un enfant dans une garderie de ce type a 3,5 fois plus de chances de recevoir des soins inadéquats que de bonne qualité (36 % contre 10 %).

Un rapport du ministère de la Famille est révélateur du grand écart de qualité entre les CPE et les garderies privées à plein tarif sous un angle précis. Il souligne que 89 % des CPE sont conformes au règlement selon lequel les deux tiers des éducatrices doivent être qualifiées, mais que seulement 16 % des garderies privées à plein tarif se conforment à ce règlement.

À la lecture de ces résultats contrastants, on pourrait croire que les parents opteraient massivement pour le CPE plutôt que pour la garderie privée à plein tarif. Certains confrères économistes, formés dans l’idéologie du marché infaillible, ont exprimé l’avis optimiste que la concurrence allait forcer les garderies de qualité inadéquate à fermer leurs portes, parce que les parents les abandonneraient.

J’ai moi-même fermement défendu, dans le passé, le rôle accru que le marché devrait jouer dans plusieurs secteurs, comme l’agriculture, la construction, le manufacturier, la santé, etc. Mais il ne faut jamais laisser l’idéologie aveugle tuer le sens des réalités concrètes. Il faut toujours garder les deux pieds sur terre, car ce qui est beau en théorie réserve parfois des surprises en pratique.

Justement, dans le cas présent, malgré une qualité moyenne vérifiée qui laisse grandement à désirer, les garderies privées à plein tarif se sont multipliées rapidement à partir du moment, en janvier 2009, où le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde du Québec les a rendues concurrentielles par rapport aux CPE et autres garderies à tarif réduit. Il y avait 6 000 places dans les garderies à plein tarif en 2008 ; il y en a 66 000 aujourd’hui.

Une mauvaise information sur la qualité

Comment expliquer une telle explosion de la fréquentation des garderies à plein tarif, dont la qualité moyenne laisse pourtant tellement à désirer ? Premièrement, l’information sur la qualité ne circule pas bien. De nombreux parents ne sont pas au courant du très grand écart de qualité entre les CPE et les garderies privées à plein tarif et des conséquences vérifiées par les travaux scientifiques. Pourtant, la bonne connaissance du produit ou du service qu’on envisage d’acheter est une condition sine qua non pour que le fonctionnement d’un marché permette à ses participants d’en tirer profit.

Deuxièmement, alors que le nombre de places a augmenté de 60 000 dans les garderies privées à plein tarif depuis 10 ans, il n’a progressé que de 18 000 dans les CPE. L’offre de places dans les CPE ne réussit pas encore à répondre adéquatement à la demande. Pour les parents qui le désirent, décrocher une place en CPE, c’est comme réussir à s’asseoir sur une chaise dans un jeu de chaises musicales. Les malchanceux sont refoulés dans les autres types de services, dont les garderies à plein tarif.

Troisièmement, la bonne décision d’acheter ou non est beaucoup plus difficile à prendre lorsque le service envisagé est immatériel et que son effet est éloigné dans le temps. Décider d’acheter des services de garde à l’enfance, ce n’est pas la même chose que d’opter pour une marque ou une autre de choux de Bruxelles congelés qu’on a eu le temps de tester à fond. Même lorsque les parents sont parfaitement conscients de l’importance de la qualité des services de garde pour le développement de leur enfant (santé, comportement, cognition), la nature de tel ou tel service et son incidence précise à long terme ne deviendront souvent concrètement observables que plus tard. Par exemple, après que l’enfant sera entré à l’école. Il est souvent difficile pour les parents d’apprécier correctement l’avantage réel qu’a le CPE sur la garderie à plein tarif en matière de qualité et de bien mesurer ses conséquences, éloignées dans le temps, sur le développement de leur enfant.

Quatrièmement, un grand nombre de parents ont de lourdes obligations financières à honorer, souvent  associées à leur emprunt hypothécaire ou à leurs dettes de consommation. Ils ne se considèrent pas capables de payer les 10 ou 15 dollars par jour de plus par enfant que leur coûterait une garderie à plein tarif de meilleure qualité.

Cinquièmement, la proximité de la garderie compte pour beaucoup dans le choix des parents. On va souvent se contenter d’une garderie à plein tarif qui est située près du foyer familial plutôt que d’en choisir une autre qu’on sait de meilleure qualité (CPE ou autre), mais qui est installée beaucoup plus loin.

C’est pourquoi le régime actuel de concurrence entre CPE et garderies privées à plein tarif n’arrive pas à éliminer les garderies à plein tarif qui ne sont pas bonnes pour le développement de nos enfants. Le marché des services de garde est défaillant. Les propriétaires de garderies à plein tarif eux-mêmes ne sont pas responsables de la situation. La plupart sont des entrepreneurs de bonne foi. Ils gèrent du mieux qu’ils peuvent le système réglementaire et les contraintes financières que le régime gouvernemental leur impose. Ça donne ce que ça donne.

Une économie pour le gouvernement

Alors, pourquoi le gouvernement du Québec ne corrige-t-il pas ce régime ? La réponse à cette question est qu’il fait faire de l’argent au ministre des Finances. Si mon enfant fréquente un CPE, le ministre doit verser environ 60 dollars par jour en subvention directe à l’établissement. La qualité a un prix. Mais si mon enfant fréquente plutôt une garderie à plein tarif de 40 dollars par jour et que j’ai un revenu d’emploi familial de classe moyenne de 90 000 dollars, le ministre me versera un crédit d’impôt de 22 dollars.

En d’autres termes, mon choix de garderie à plein tarif plutôt que de CPE permettra au gouvernement d’économiser 38 dollars (= 60 moins 22). Il lui fera faire de l’argent. C’est un gain pour le ministre des Finances, mais une perte pour le développement de mon enfant, qui tombera sur une garderie à plein tarif de qualité inadéquate 7 fois sur 20 (36 % du temps). L’incitation financière est perverse. Le ministre n’a aucune envie de changer le système pour rendre la garderie à plein tarif moins attrayante ou de meilleure qualité, surtout s’il adhère en plus à l’idéologie du marché infaillible.

Il n’y a rien de surprenant ici : il était parfaitement clair en 2009 qu’on bonifiait le crédit d’impôt pour les garderies privées à plein tarif précisément pour que le régime des services de garde coûte moins cher au gouvernement. Ce qu’il faut en déduire, c’est que l’économie du gouvernement s’est faite au détriment de la qualité des services de garde. Ce sont nos enfants qui en paient le prix.

Il n’y a pas trente-six solutions au problème. D’une part, il faut accélérer la création de CPE, afin que le nombre de places offertes par ce type de service de haute qualité en moyenne réponde enfin adéquatement à la demande des parents. D’autre part, si on veut maintenir nos garderies privées à plein tarif comme composante de notre système de garde à l’enfance, il faut leur imposer des normes de qualité aussi rigoureuses qu’aux CPE et s’assurer que celles-ci seront respectées. Bien évidemment, il faudra alors accroître le crédit d’impôt pour frais de garde afin que ces garderies à plein tarif de meilleure qualité, forcément plus chères, demeurent concurrentielles par rapport aux CPE.

Investir plus judicieusement dans l’avenir de nos petits enfants ne serait-il pas la meilleure utilisation possible de nos surplus budgétaires actuels ?

[1] Il n’y a malheureusement pas de données comparables récentes pour les services de garde en milieu familial et en garderie privée à tarif réduit.

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43 commentaires
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Come on !
Il y a une ou deux générations, y’en avait pas de CPE et ça n’a pas fait de nous ou nos enfants des idiots.
Vous le dites:
« Il est souvent difficile pour les parents d’apprécier correctement l’avantage réel que détient le CPE sur la garderie à plein tarif en matière de qualité et de bien mesurer ses conséquences, éloignées dans le temps, sur le développement de leur enfant.
+
…la proximité de la garderie compte pour beaucoup dans le choix des parents. On va souvent se contenter d’une garderie à plein tarif proche du foyer familial à une autre qu’on sait de meilleure qualité (CPE ou autre), mais qui est installé beaucoup plus loin. »
Y’a trop de PhD et pholosophes qui font des études et analyses inutiles.
Discuter de l’efficience des CPE sur l’avenir des enfants ça ressemble pas mal aux discussions sur le sexe des anges à une époque où c’était ce genre de « savants » (cathos) que la société se payait.
Pratico-pratiques comme devraient l’être ces parents « si occupés », la proximité devrait en effet être le critère dominant,

…. et laissez passer l’ergotage à la française comme ce que l’on observe à ON EST PAS COUCHÉ .

Votre réaction n’est basée sur aucun fait. Les CPE ont été créés pour aider les enfants à arriver mieux préparés à l’école. Ce qui veut dire qu’il n’arrivaient pas assez bien préparés. Ils n’étaient pas idiots, mais mal préparés. Une prof de maternelle peut vous dire quels enfants de sa classe décrocheront plus tard. Les problèmes se règlent mieux quand on travaille en amont. Ce n’est pas de l’ergotage, ce sont des faits prouvés. Évidemment, il faut lire les études et accepter de réviser ses positions, ce qui n’est manifestement pas votre cas.

»Il y a une ou deux générations, y’en avait pas de CPE et ça n’a pas fait de nous ou nos enfants des idiots. »

Hum… je crois que tu devrais revoir tes statistiques et comparer les enfants de cette époque (espérance de vie, taux d’alphabétisation, prévalence des trajectoires développementale négatives, profil socio-économique) avec ceux de l’époque post-CPE…

Idiots je ne sais pas mais plus vulnérables, ça oui.

Juste comme ça… j’ai des amis prof qui pouvaient distinguer les enfants qui allaient dans des CPE ou dans des garderies privées subventionnées de ceux qui allaient dans des garderies privées non-subventionnées. Eux-mêmes n’auraient jamais envoyé leurs enfants au privées.

Question : au privé, Est-ce que le gouvernement vérifie les antécédents judiciaires des employés? Ceci est fait dans les CPE ou encore dans les garderies en milieu familial reconnues.

En fait dans notre temps on mangait à notre faim et on ne manquait de rien chez notre voisine. C est là la difference. Un enfant valait plus qu un signe de $. ?

C’est une très bonne analyse. Tout parent qui a déjà utilisé des services de gardes est dans cette situation: on ne choisit pas, on prend la place qu’on trouve, et si on est chanceux, ça ira bien…

Il faut savoir que dans certains secteurs où la demande est de loin supérieure à l’offre, les parents n’ont pas la possibilité de faire le choix du type de garderie. Tu prends la place que tu es capable de trouver !
L’accès à une place en CPE est régi par une liste à laquelle on s’inscrit et on t’appelle quand une place se libère. Dans mon cas, l’appel est venu quand mon fils s’apprêtait à entrer en maternelle…

L’objectif premier des CPE était de favoriser le développement des enfants en milieu défavorisé afin qu’Ils aient les mêmes chances de se développer que les milieu plus aisés. Les libéraux ont charcuté ce programme pour le donner au privé et enrichir les amis comme démontré a l’époque de Tomassi. Scénario connu en éducation et en santé. Liberté de choix ou enrichir nos amis ?

Merci pour cet article très pertinent. Mon mari et moi sommes récemment passé par le processus de trouver une garderie pour notre fils. Quel casse-tête! Non seulement, l’information sur les garderies est diffusée sur une grande quantité de plateformes mais nius tenions aussi à trouver un endroit de qualité recommandé par d’autres parents de notre quartier. Pas de chance avec les CPE, nous sommes en attente. Côté garderie privée, j’ai eu la surprise de voir à quel point les endroits offrent des services et un environnement variables. Nous avons décidé de nous serrer la ceinture pour payer plus cher, mais avoir la paix d’esprit. Il serait bien de préciser dans votre article à quel endroit on peut trouver les évaluations faites par les inspecteurs du ministère. Cette information est publique et peut renseigner sur le type d’établissement auquel on a affaire.

1-Probleme des cpe:Pas tout le monde qui a des horaires de 8 a 4.Et en bout de ligne, tres dispendieux.
2-Pernicieux comme article.Sous entendu que les enfants dont les parents s’occupent auront des retards sur ceux des garderies? Personellement je crois que les enfants a qui on aura permis d’être des enfants en bas age, feront,peut-être, des adultes un peu plus équilibrés.

On peut travailler tous les deux, avoir 5 enfants, passer 19 années d’enfants en garderie, « s’en occuper » à plein le matin, le soir, les fins de semaines et toutes les vacances, leur donner une enfance épanouie et leur permettre de devenir de merveilleux adultes. En tout cas, c’est notre expérience à nous. Bien sûr, d’autres parents peuvent agir autrement, et c’est correct. À chacun sa décision. Un super-gros merci aux garderies Le Colombier et Aux Quatre Soleils. Suis-je pernicieux ? PF

Les CPE de 8 à 4 ? Je crois que vous vous mélangez avec les millieux familiales. La plupart des CPE couvrent de grandes plages horaires, par exemple
De 6 à 18h. Jamais fermé sauf pour les fériés…

Les CPE sont ouverts de 7 à 6, ça laisse quand même une bonne plage horaire, vous vérifirez les heures d’ouverture des garderies privées et des milieux familiaux pour comparer, c’est plus ceux là qui sont [email protected] Par ailleurs les CPE sont ouverts à l’année, alors que les privées et familiaux ferment pour leurs vacances habituellement (sauf les très grosses privées). Je ne vois pas en quoi les enfants en CPE on ne leur permet pas d’être des enfants? Ils jouent et font des activités toute la journée. Et malheureusement, oui, les statistiques et les études montrent que les enfants qui fréquentent les CPE ont en moyenne des meilleurs résultats (scolaire, discipline, relations interpersonnelles, etc.) que les autres enfants.

Je suis présentement éducateur en CPE mais j’ai dû travailler dans le privée quelques fois durant mes études et j’ai pû déjà constater la différence de qualité (qui selon moi vient surtout d’une philosophie comptable et du manque de compétence et d’expertise des gestionnaires et du personnel).

Car il y a une chose qu’il faut savoir aussi : il est tout aussi difficile de se trouver un emplois (permanent temps plein) dans un CPE que d’y trouver une place pour son enfant. Donc forcément, se sont les meilleurs ou les mieux formés qui seront ammené à travailler dans ces établissements. D’autant plus que les conditions salariales et et les avantages sociaux sont généralement BIEN meilleurs aussi dans les CPE.

Je me souviens aussi que l’orsque j’étais aux études en Techniques d’Éducation à l’Enfance, beaucoup des étudiantes de ma cohorte étaient des éducatrices travaillant dans le privée qui retournaient aux études afin de pouvoir avoir la formation leur permettant de se dénicher un emplois en CPE et de quitter, avec grand plaisir selon ce qu’elles nous racontaient, le milieu des garderies privées.

Comment expliquer que la CAQ favorise le privé alors ? La CAQ serait-elle donc dans le champs ? Pourquoi les familles des banlieues soutiennent-elles la CAQ alors qu’elles seraient nettement mieux desservies par un autre parti ? Ah oui, j’oubliais. Les gens veulent du changement et non pas se renseigner sur ceux qu’ils identifient comme le changement. Grave erreur et déception à venir. J’entends à l’avance les « je n’ai pas voté pour ça ». Pourtant si.

1) Pas de vrai liberté de choix (les parents qui veulent garder eux-mêmes leurs enfants à la maison sont punis, aucune subvention).

2)Pourriez vous citer en détail, les études qui disent que les CPE ont des résultats positifs (lien svp) en général. Que je sache, les résultats ne sont positifs (et durables) que pour les enfants provenant de familles très désavantagées, pour les autres familles les gains sont au mieux nuls ou peu durables (très vite rattrapés au début du primaire).

Les gens qui restent à la maison sont en fait subventionnés par l’Allocation canadienne pour enfant et le Soutien aux enfants du gouvernement du Québec. Comme c’est établi selon le revenu, ben les gens qui choisissent de ne pas travailler reçoivent de gros montant, jusqu’à 6 400$ du fédéral et 2 400$ du provincial, ce qui correspond au crédit d’impôt de 400 jours de garderie privée qui serait payé à 40$ par jour…

Par ailleurs, sincèrement, les crédits d’impôt et le faible coût des CPE ont aussi été pensé comme des incitatifs au travail pour les petits salariés. Cossé ça donnerait à quelqu’un d’aller travailler à 12$ de l’heure si il devait payer 40$ par jour (donc la moitié de son salaire) pour une garderie pour 1 enfant, sont salaire au complet si il a 2 enfants?

Cet article est une belle commandite FTQ. Je peux vous affirmer (Je travaille dans le milieu depuis 8 ans) que les subventions ne vont pas dans la qualité des services mais dans les salaires et conditions des éducatrices et autres nombreux employés administratifs et gestionnaires. Les études sur la qualité sont des fables commandités par la FTQ. Car voyez-vous quand le gouvernement coupe dans les budgets CPE c’est grève, coupures dans l’alimentation des enfants (vécu) et autres menaces. Cet article comporte de nombreuses remarques qui sont autant d’insultes pour les employés d’un réseau qui travaille très fort auprès des enfants du Québec mais qui n’a pas les moyens de se payer un article dans l’actualité. On se croirait en campagne électorale américaine: « les garderies à plein tarifs », avec une photo d’enfant qui pleure c’aurait été encore plus convaincant.

Merci pour votre aimable commentaire.
J’écris: « Les propriétaires de garderies privées à plein tarif (GPPT) eux-mêmes ne sont pas responsables de la situation. La plupart sont des entrepreneurs de bonne foi. Ils gèrent du mieux qu’ils peuvent le système réglementaire et les contraintes financières que le régime gouvernemental leur impose. » Est-ce les insulter que les appeler « entrepreneurs de bonne foi ? »
J’aurais peut-être dû m’expliquer plus en détail. Les GPPT sont obligées de demander un tarif suffisamment bas (par exemple 40 $) pour que leurs entreprises soient concurrentielles avec les garderies à tarif réduit. Mais à ce tarif, elles ne peuvent se permettre des services aussi élaborés que les CPE et autres financent avec leur subvention gouvernementale. Elles sont OBLIGÉES de rogner sur la qualité à cause du bas niveau du crédit d’impôt. C’est pour cela que je conclus mon analyse en proposant d’imposer des normes de qualité plus rigoureuses « tout en accroissant le crédit d’impôt pour frais de garde afin que ces garderies à plein tarif de meilleure qualité, forcément plus chères, demeurent concurrentielles avec les CPE. »
PF

Vous ne dites rien, M. Choquette, de votre formation, ni si vous travaillez en contact direct avec les enfants, si vous êtes administrateurs ou propriétaire d’une garderie. Ce serait intéressant de le savoir; ça permettrait de juger de votre réelle indépendance d’esprit, de votre objectivité. Quoi qu’il en soit, ayant été propriétaire d’immeubles abritant des garderies de 60 places, d’abord en mode privé, suivi de CPE,
j’ai été à même de constater la différence de qualité des services offerts, à l’avantage du mode CPE : cela se voit au simple coup d’oeil et à l’écoute de se qui se fait et se dit en présence de groupes d’enfants et de monitrices.

Ah, mais j’avais pas vu que c’était de Pierre Fortin, économiste très étatiste qui croit vraiment que les CPE « ça se paie tout seul » comme il l’a déjà écrit à une époque…

Monsieur Tremblay. J’ai passé ma carrière à défendre le marché contre la protection excessive des monopoles par l’État. L’UPA a condamné à plusieurs reprises mes travaux proposant d’atténuer ou d’éliminer son emprise sur les industries du porc et du sirop d’érable. La FTQ a fait de même pour ma suggestion de délier l’industrie de la construction de l’emprise excessive des syndicats et pour mon opposition à lui donner le monopole de l’installation de la machinerie de production dans les nouvelles usines. Les Manufacturiers et exportateurs du Québec m’ont même fait un Hommage pour ma contribution à l’avancement du secteur. Ma suggestion d’élargir l’impartition au privé dans le secteur des centres d’hébergement et d’accueil a été rejetée par les instances. J’ai appuyé avec enthousiasme l’apport des cégeps privés du Québec à l’éducation collégiale.

Si toutes ces actions me méritent l’épithète d' »étatiste », je ne comprends plus rien.

En ce qui concerne l’autofinancement du système de garde à tarif réduit du Québec, la conclusion résulte de l’étude conjointe que j’ai faite avec des collègues de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke. Elle corrigeait les défauts des études antérieures qui n’avaient pas tenu compte, par exemple, que les femmes nouvellement intégrées à la population active payaient non seulement des impôts sur le revenu, mais aussi des taxes à la consommation, etc. Les auteurs des études antérieures et même des hauts fonctionnaires à Ottawa ont maintenant reconnu la validité de nos ajouts. Le Fonds monétaire international a même publié un article vantant entre autres cet aspect du régime québécois et l’OCDE va tenir en mai une conférence internationale à Montréal (lieu pas choisi par hasard) sur la garde à l’enfance.

Je fais mon possible pour coller aux faits plutôt que pour cocoricoter sans répit une idéologie incrustée. Des fois, le marché c’est mieux ; d’autres fois, l’intervention de l’État s’impose.

Merci pour m’avoir donné l’occasion de mettre les choses au clair. Je vous en suis éminemment redevable.

Pierre Fortin

Je ne comprends pas cet article. Le titre et le sous-titre parlent d’une différence en qualité de services offertes par les deux types de garderies. Alors, que le reste du texte tourne autour de la non disponibilité des CPE et le dur choix que les parents doivent faire. J’aurais aimé avoir une meilleure idée des services de qualité auquelles devraient s’attendre les parents pour les aider à mieux choisir. En gros, ça nous apprend rien de nouveau sur le sujet.

Votre observation est tout à fait pertinente. Vous comprendrez toutefois que je ne pouvais pas traiter de tout en même temps. Je mentionne tout de même un élément important : le pourcentage des éducatrices qualifiées dans la garderie (16 % en GPPT et 89 % en CPE). Il y en a bien d’autres, que vous pouvez trouver mentionnés ici:
http://www.stat.gouv.qc.ca/docs-hmi/statistiques/education/milieu-garde/grandir2014-tome2.pdf

et ici :

https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/Situation_des_CPE_et_des_garderies-2014.pdf

Bien cordialement à vous,

PF

Je suis plutôt déçue de l’absence de rigueur journalistique de ce journaliste qui « oublie » de spécifier que la totalité de son texte provient d’un rapport de l’AQCPE rédigé comme plénière sur le projet de loi 143…

Et non, le terme « non subentionné » n’est pas impropre… Le crédit d’impot fourni par le ministère revient aux parents, pas a la garderie! La garderie ne reçoit pas d’argent pour son fonctionnement.

Les CPE ont des enveloppes prévues pour payer leurs frais, ils sont donc, par définition « subventionnés »!

La situation est tout de même problématique et se doit d’être adressée mais une simple citation des sources aurait pu donner plus de crédibilité à ce texte, ma foi, plutôt biaisé

Pardon. Je n’ai ni lu ni vu ce rapport de l’AQCPE dont vous parlez.
Mes propos reflètent la présentation que j’ai faite en novembre 2016 sur invitation à l’Université de la Colombie-Britannique et que j’ai résumé pour le Canada anglais dans la revue Inroads l’automne dernier à l’adresse:
http://inroadsjournal.ca/quebecs-childcare-program-20-2/
Cet article inclut les références à toutes les sources pertinentes.
PF

Monsieur Tremblay. J’ai passé ma carrière à défendre le marché contre la protection excessive des monopoles par l’État. L’UPA a condamné à plusieurs reprises mes travaux proposant d’atténuer ou d’éliminer son emprise sur les industries du porc et du sirop d’érable. La FTQ a fait de même pour ma suggestion de délier l’industrie de la construction de l’emprise excessive des syndicats et pour mon opposition à lui donner le monopole de l’installation de la machinerie de production dans les nouvelles usines. Les Manufacturiers et exportateurs du Québec m’ont même fait un Hommage pour ma contribution à l’avancement du secteur. Ma suggestion d’élargir l’impartition au privé dans le secteur des centres d’hébergement et d’accueil a été rejetée par les instances. J’ai appuyé avec enthousiasme l’apport des cégeps privés du Québec à l’éducation collégiale.

Si toutes ces actions me méritent l’épithète d' »étatiste », je ne comprends plus rien.

En ce qui concerne l’autofinancement du système de garde à tarif réduit du Québec, la conclusion résulte de l’étude conjointe que j’ai faite avec des collègues de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke. Elle corrigeait les défauts des études antérieures qui n’avaient pas tenu compte, par exemple, que les femmes nouvellement intégrées à la population active payaient non seulement des impôts sur le revenu, mais aussi des taxes à la consommation, etc. Les auteurs des études antérieures et même des hauts fonctionnaires à Ottawa ont maintenant reconnu la validité de nos ajouts. Le Fonds monétaire international a même publié un article vantant entre autres cet aspect du régime québécois et l’OCDE va tenir en mai une conférence internationale à Montréal (lieu pas choisi par hasard) sur la garde à l’enfance.

Je fais mon possible pour coller aux faits plutôt que pour cocoricoter sans répit une idéologie incrustée. Des fois, le marché c’est mieux ; d’autres fois, l’intervention de l’État s’impose.

Merci pour m’avoir donné l’occasion de mettre les choses au clair. Je vous en suis éminemment reconnaissant.

Pierre Fortin

Tout à fait d’accord Jérôme, les syndicats sont en mode élection et multiplient les actions pour entrer dans la tête des gens que tous leurs malheurs viennent du gouvernement. Pour ma part, mes 2 plus vieux ont fréquenté une garderie privé subventionné, c’est la seule qui m’avait appelé, rien à redire, la qualité des services étaient excellents, c’était loin de la maison, pour mon troisième, dès que je commençais à appeler les CPE dans mon coin, c’était 3 ans d’attente, il y en a qui ne voulaient même pas inscrire mon fils. Il a dû passer par privé non subventionné, tellement médiocre, je n’en revenais pas, depuis un an il fréquente une garderie privé subventionné qui ne prend pas de poupons, c’est incroyable, tellement il a progressé, tant sur le plan social qu’au niveau du langage. À Auteuil à Laval, les parents n’ont pas beaucoup de choix, je suis entouré de garderie privé non subventionné. Heureusement c’est mon dernier.

M. Fortin,

L’écart entre le 60$/jr/enfant en CPE et le 25-40$ au privé est loin d’aller tout en qualité.

Payer des directrices de CPE à 100K$/an et des adjointes à 80K$, le moins possible avec mes taxes…

Qu’une majorité de parents du Québec soient tenus en otage par des menaces et des grèves aux 3-4 ans, non merci…

Envoyer mes enfants dans une « mini-école ou usine » avec des dizaines d’autres bébés/enfants sous la supervision des éducatrices qui changent au gré des vacances, congés, etc. Encore moins…

Nous avons fait le choix d’une garderie en milieu familial avec une dame qui a traité nos enfants comme les siens, avec amour et affection. Et je suis tellement heureux de mon choix.

Excellent article merci, malheureusement les parents n’ont pas le choix, et je vis exactement ce que vous décrivez , obligée de mettre nos enfants dans des garderies privées chères et pas top faute de place en CPE.

Mon humble expérience avec un bébé de 8 mois. Je dirais qu’au moins 95% des parents que je côtoie souhaitent envoyer leur enfant dans un CPE. C’est le choix #1. Mais la réalité est qu’il n’y a pas de place et que tout le monde est sur une liste d’attente.
Alors oui on peut dire que les parents ont le choix, mais le manque de place en CPE ne leur laisse pas vraiment le choix…

Savez vous qu’une garderie privée à plein tarif doit se conformer aux mêmes normes qu’un CPE? Et ce, sans subvention… Et qu’elles sont contrôlées par le MFA?
Tous les travaux d’aménagement etc… sont à la charge de la garderie. Et croyez le ou non, certaines ont à coeur de fournir des locaux et un service impeccable, d’être en tout temps conforme aux ratios, d’appliquer une programme pédagogique de qualité ainsi qu’une approche bienveillante, et tout cela en étant humain avec le personnel éducatif !
Pour ceux là, lire à longueur de temps que le privé est de piètre qualité et ne pense qu’ à faire de l’argent est vraiment décourageant…

L’article est très intéressant, mais on a oublié ici de parler de celles, qui comme moi, avons décidé d’ouvrir notre garderie au privé avec un AEC en dessous des pieds; nous avons fait ce choix personnel pour une multitude de raisons et nous ne serons jamais considérées comme des éducatrices formées puisque nos heures ne compte pas selon notre super gouvernement! Où est la logique?! Je me suis endettée pour faire mon AEC en me disant qu’enfin j’aurais un métier gratifiant et que j’adore et bien non… malgré mes 4 années d’expérience dans le domaine, je resterai à jamais une éducatrice non formée! Et quelqu’un peut m’expliquer pourquoi je me suis compliquée la vie à aller au cégep cet année et demi là quand j’aurais carrément pu suivre un simple petit cours de 45 heures?! Aucune logique!! En tout cas, je suis d’accord qu’il y ait enfin des règlements à respecter au privé et qu’enfin peut-être plus n’importe qui va pouvoir ouvrir une garderie!

Il y a plusieurs aberrations dans cet article. Les plus grotesques sont :
– Une place en CPE coûte au gouvernement (et par conséquent aux contribuables) pas mal plus cher que le tarif des garderies Non Subventionnées (même en tenant compte des crédits d’impôt reçus par les parents). Alors parler de « Garderies privées à plein tarif » est complètement ridicule!

– Vous faites référence à un rapport du Ministère de la Famille pour dire que 89% des CPE ont un ratio de 2/3 de personnel qualifié et vous avancez que seulement 16% des Garderies Non Subventionnées respectent la Loi en termes de qualifications. C’est faux! Il faut préciser que ce sont des statistiques de 2014, qu’une grande proportion de garderies privées ont ouvert leurs portes entre 2010 et 2014 et que le ratio de qualification exigé n’est que de 1/3 pour les 5 premières années.

– 89% des CPE ont un ratio de 2/3 de personnel qualifié (63% en Outaouis, 69% en Abitibi, 86% à Montréal). Ile ne sont pas censés être de 100% malgré qu’ils reçoivent le « plein tarif » du gouvernement? Vous n’en dites rien sur un gros problème au Québec qui est la pénurie de personnel qualifié, pourtant c’est surtout cela à quoi on s’attend à la lecture du titre de l’article!

– Dire que les Garderies Non Subventionnées sont de moindre qualité est une insulte pour les éducatrices qui ne sont pas encore qualifiées mais qui travaillent fort pour les enfants! Beaucoup sont en cours d’acquisition de qualification, d’autres ont plusieurs années d’expériences… C’est une insulte pour ces travailleuses et travailleurs!

Je suis absolument en désaccord!!! Dans les garderies privées non-subventionnées en installation (PAS un milieu familial) nous sommes dans l’obligation de respecter les MÊMES lois et règlements qu’en CPE, autant au niveau du nombre de personnel qualifié que ce qui concerne la santé et sécurité des enfants ainsi que le programme éducatif. Nous sommes tenus de les respecter sous peines d’amendes ou même, de la fermeture du milieu. Nous sommes une garderie privée non subventionnée de 78 enfants et le ministère de la famille nous a octroyé un permis. Les antécédents judiciaires de TOUT le personnel est vérifié, c’est un règlement. Et je considère, pour avoir travaillé dans des CPE avant que nous offrons un service de grande qualité et même meilleur que dans les CPE. Je vais vous expliquer pourquoi et c’est très simple à comprendre, si nous voulons garder nos enfants et qu’ils ne quittent pas pour une place en CPE, on se doit de leur offrir un service qui frôle la perfection. Savez vous quoi, plusieurs enfants se sont faits offrir une place en CPE alors qu’il était dans notre garderie et ils l’ont refusés, ils préféraient rester avec nous. Je déteste votre article, c’est de la généralisation et ce sont de fausses informations comme cela qui nuisent à de belles garderies comme nous. Vous mettez tous vos oeufs dans le même panier et je trouve cela extrêmement déplorable.

Justement , c’est lorsque vous allez sortir les statistiques de l’ensemble en y incluant les milieux familiaux et les garderies privées à tarif réduit que les comparaisons vont être valables car là vous comparer la qualité des cpe avec la pire branche des garderies (a ce que vous dites) … comparer les cpe et les milieux familiaux accrédités et subventionnés et le besoin accrue de cpe va peut etre changer et finalement le rapport dire que d’offrir plus de service dans nos p’tits milieux est encore plus rentable….. mais bon … c est ca la vie de comparaison …