Ils font la Gaspésie

Même s’ils sont durement frappés par les problèmes des industries du bois et de la pêche, les Gaspésiens n’ont pas dit leur dernier mot.

Georges Mamelonet
Georges Mamelonet
depute gaspesie

Le député de la circonscription de Gaspé, Georges Mamelonet, plonge régulièrement au pied du rocher Percé afin de nourrir les 4 000 homards qu’il y conserve « au frais », dans des cages, pour son restaurant, La Maison du pêcheur, à Percé. Ce globe-trotter originaire de France rêve d’une Gaspésie forte de ses produits locaux et fréquentée à l’année par les touristes. Il voit aussi l’expertise de la région reconnue au niveau mondial. À quand l’exportation du confit de buccins et du savoir-faire éolien ?

renovation gaspesie

« Il faut que la Gaspésie se fasse belle pour accueillir ses visiteurs ! » s’exclame Sylvain Paquet, passionné de restauration patrimoniale depuis son tout jeune âge. Il rénove clou carré par clou carré cette demeure construite en 1840 à Sainte-Flavie. L’été, le rentier stationne à proximité son camion Chevrolet GMC 1953. Les touristes s’arrêtent et prennent des photos. Certains achètent un des meubles antiques exposés sur son terrain.

canots gaspesie

Pour Benoit Lacasse, guide de plein air depuis 30 ans, l’avenir de la Gaspésie passe par le tourisme d’aventure. « Les gens recherchent maintenant des activités écolos, saines… et excitantes », explique-t-il. Aussi enseignant, il a fondé Aube Aventure, coopérative de travail située à Cap-aux-Os, avec trois de ses anciens étudiants. Au programme : canot, kayak de mer et voilier. Les associés peaufinent également l’installation de yourtes, spa et sauna compris, sur un cap qui surplombe la baie de Gaspé.

kayak gaspesie

Sébastien Simard et ses compagnons d’Aube Aventure offrent des cours de canot, de kayak de mer et de sauvetage en eaux vives aux étudiants inscrits à la formation de guide d’aventure au cégep de la Gaspésie et des Îles. Ce programme attire des étudiants de partout au Québec. Les cours permettent également aux professionnels d’Aube Aventure d’ajouter le printemps et l’automne à leurs saisons de travail. Leur objectif ? Du plein air à longueur d’année.

microbrasserie gaspesie

Francis Joncas et Benoît Couillard voulaient fabriquer une bière gaspésienne. Mission accomplie. La microbrasserie Pit Caribou, fondée en juin 2007, tourne à plein régime. Les 2 000 litres produits chaque semaine sont distribués en fût et en cruchon en Gaspésie et à Montréal. Les microbrasseurs veulent maintenant passer au format petite bouteille et concocter une bière faite d’orge et de houblon… 100 % gaspésiens. Le tout sans engrais chimique ni pesticide.

pecherie gaspesie

Un chalut à crevettes sur le quai de Rivière-au-Renard, près de Gaspé. À la suite des moratoires sur les poissons de fond décrétés dans les années 1990, de nombreux pêcheurs se sont convertis à la pêche à la crevette nordique et au crabe des neiges. Même si la transition n’a pas été facile, le commerce de la crevette va bon train. C’est une ressource abondante, d’autant plus que son principal prédateur, la morue, l’est beaucoup moins.

bateau gaspesie

Déchargement de crevettes au port de Rivière-au-Renard, un des principaux ports de pêche de l’est du Québec. Une trentaine de crevettiers viennent y décharger leur marchandise régulièrement. Les Pêcheries Marinard, l’entreprise de transformation de l’endroit, emploient plus de 200 personnes. Elles exportent 80 % de leurs crevettes nordiques – les « crevettes de Matane » -, congelées et emballées sous vide, au Royaume-Uni, où, paraît-il, même la reine les déguste…

studio gaspesie

Pour Martin Hogan et Simon Poirier, propriétaires du studio d’enregistrement DLVU, à L’Anse-à-Beaufils, l’éloignement des grands centres n’est pas un obstacle. Au contraire, ils peuvent offrir aux musiciens d’être hébergés dans une maison avec vue sur la mer. Les deux entrepreneurs ont aussi bénéficié du soutien financier et technique de la localité. De plus, l’électricien et le charpentier du village ne leur ont pas facturé leurs services. Bienvenue, les jeunes !

guitare gaspesie

Le luthier Daniel Groleau vole régulièrement au secours des musiciens en tournée en Gaspésie. « Le transport est dur pour leurs instruments », explique-t-il. Quand il n’est pas sur la route, l’homme de 36 ans fabrique des guitares et des basses chez lui, à Saint-Isidore, près de Percé. Normand Brathwaite et Louis-Jean Cormier, du groupe Karkwa, figurent parmi ses clients. Il a aussi fabriqué plusieurs années de suite des guitares spéciales pour la Fête nationale.

biologiste gaspesie

Marjolaine Castonguay voulait voir la mer… tous les jours. Cette biologiste originaire de l’Outaouais a donc installé son entreprise, Pesca Environnement, à Carleton-sur-Mer, sur la baie des Chaleurs. Elle a maintenant une quarantaine d’employés et des bureaux à Rimouski, Québec et Montréal. L’équipe met entre autres son expertise au service de promoteurs éoliens américains et canadiens. Elle entend aussi percer le marché fort important de la science de l’eau potable.

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La crise économique n’épargne pas l’industrie éolienne de la Gaspésie. Certaines usines, comme celle du fabricant danois LM Glasfiber, à Gaspé (sur la photo), ont dû supprimer des postes ou réduire le nombre d’heures travaillées. Lueur d’espoir, cependant : le turbinier Enercon créera 200 emplois à Matane pour produire les tours et les modules électriques des géants blancs du deuxième appel d’offres d’Hydro-Québec. D’autre part, la petite usine de Fabrication Delta, située à Saint-Siméon, augmentera sa production de tours, qui passera de 30 à 70 par an.

eolienne gaspesie

La Gaspésie et la MRC de Matane constituent le noyau du développement éolien au Québec. Au total, plus de 700 personnes occupent des emplois liés à l’économie du vent. Les Gaspésiens ont aussi acquis un savoir-faire précieux quant au fonctionnement et à la maintenance des éoliennes dans des conditions hivernales extrêmes. À Murdochville, le Centre CORUS, unique en Amérique du Nord, se spécialise dans le domaine. Un savoir-faire exportable ?

claudine roy gaspesie

Claudine Roy est à l’origine de la Traversée de la Gaspésie en ski de fond, tout comme de l’incontournable bistro-bar de Gaspé, le Brise-Bise. Elle préside aussi les fêtes du 475e  anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier à Gaspé. Cette visionnaire, pour qui tout est possible – à condition d’y mettre l’énergie nécessaire -, constate combien sa région natale a changé : davantage de services, de festivals, de produits locaux… « Au-delà d’une destination touristique, la Gaspésie deviendra de plus en plus un choix de vie dans les années à venir. »