Ils jouent aux gangs de rue

 

Sur les rives de la baie d’Hudson, de jeunes autochtones « jouent » aux gangters des rues de Los Angeles. Les Cris et les Inuits de Whapmagoostui et de Kuujjuarapik affichent à la bombe aérosol les couleurs de leur bande sur les bâtiments : Sweet Chicks, Bloods, Crips et East Side. «C’est un jeu, dit Steve Boudrias, agent de police de Whapmagoostui. Ils imitent les gangs du Sud parce qu’ils n’ont rien à faire.»

Les jeunes ne font que copier ce qu’ils voient à la télévision, dit Louise Logue, infirmière qui travaille pour les corps policiers. « Les adolescents se cherchent une identité. Ils font souvent partie d’un gang une semaine pour se tourner vers un autre la semaine suivante. Ils se rassemblent pour faire des vols qualifiés et pour consommer de l’alcool, de la cocaïne, de l’ecstasy, des méthamphétamines et de la marijuana. »

Dans ces villages accessibles seulement par bateau ou par avion, la drogue arrive par la poste, et son trafic est entre les mains d’adultes liés aux gangs criminels du sud du Québec.

Brian Jones, inspecteur spécialisé en stupéfiants de Kuujjuarapik, ne craint pas de guerre de gangs. « En 2006, ils ont essayé de s’organiser en deux groupes rivaux, dit-il. On savait exactement qui en faisait partie. On les a rassemblés à la maison des jeunes pour qu’ils se parlent et règlent leurs problèmes. »

 

 

 

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