Ils planchent et comptent !

Accros à l’adrénaline, Maltais et Anderson connaissent leurs forces ! En route pour la médaille d’or ?

Photo : Jacques Boissinot / PC
D. Maltais (Photo : Jacques Boissinot / PC)

Dans la vie, tout les sépare. Elle éteint des incendies, il cultive des bleuets. Mais à Vancouver, en février, les planchistes Dominique Maltais et Jasey-Jay Anderson auront une chose en commun : une chance sérieuse de devenir les premiers médaillés d’or olympiques canadiens dans leur épreuve.

Dominique Maltais, 29 ans, en est convaincue. « Je suis plus forte, plus vite, plus alerte que jamais », lance-t-elle. Et ses résultats depuis le début de la saison lui donnent raison. Elle a remporté deux fois la médaille d’or et une fois celle de bronze en trois compétitions. « J’ai commencé l’année en force », résume l’athlète de 1,80 m à la chevelure platine.

Le contraire aurait également pu se produire. Depuis les Jeux de Turin – où elle a été la seule Canadienne à remporter une médaille (bronze) en surf des neiges -, elle a la guigne : une première fois, en 2006, ce sont des ligaments du genou déchirés, puis, en 2008 et 2009, c’est une fracture du poignet gauche, suivie d’une autre du droit. « Devant l’épreuve, soit tu vas brailler chez toi, soit tu te bottes le derrière », dit-elle depuis sa maison de Petite-Rivière-Saint-François, à l’ombre de la station de ski Le Massif. « Moi, ça m’a fouettée. »

La vie de Jasey-Jay Anderson est plus zen. Lorsqu’il n’a pas les deux pieds vissés sur sa planche, il fait pousser des bleuets à Lac-Supérieur, dans les Laurentides. Mais il est tout aussi accro à l’adrénaline que sa coéquipière. « Rien ne se compare aux forces qui jouent quand on est en plein carving [virage serré]. On se sent comme un bolide de course », dit l’athlète de 34 ans, qui est monté 55 fois sur un podium depuis le début de sa carrière. À sa première course de la saison, en octobre, il a remporté la médaille d’or.

À Vancouver, il sera l’homme à battre. « Je suis prêt », dit-il. Puis, au risque d’avoir l’air arrogant, il ajoute : « Je n’ai plus rien à améliorer. Je ne veux pas être meilleur que les autres ; je veux être loin devant eux ! »

Cet homme entêté et autoritaire – ce sont ses propres mots – aspire à une vie plus calme, à voir grandir ses deux fil­lettes. Les Jeux de Vancouver seront donc ses derniers. « J’ai vécu de mon sport toute ma vie, dit-il, et j’ai atteint tous mes objectifs. »

Sa prochaine motivation ? Donner à la société « quelque chose de sain » : des bleuets bio. « Les athlètes sont des gens très égocentriques. On ne fabrique rien, on ne fait que travailler sur soi, à ses performances. Le temps est venu pour moi de penser aux autres. »

PLANCHE À NEIGE

Slalom géant parallèle
Deux planchistes dévalent côte à côte une pente sur laquelle se trouvent une série de portes.

Cross
Quatre planchistes dévalent ensemble un parcours parsemé d’obstacles et de sauts.

Demi-lune
Le planchiste exécute une routine composée de sauts acrobatiques, de vrilles et de figures en se déplaçant d’un côté à l’autre d’une pente en forme de demi-cylindre.

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