Ils rêvent d’une charte

Afin de clarifier une fois pour toutes les questions d’accommodements, des voix se font entendre au Québec en faveur de l’adoption d’une charte de la laïcité.

Coll. Privée
Coll. Privée

C’est le cas du Mouvement laïque québécois (MLQ), qui propose une charte en 22 points. « Dans la pratique, explique sa présidente, Marie-Michelle Poisson, la société québécoise actuelle répond à beaucoup de critères d’une société laïque. Mais officiellem­ent, il n’y a à peu près rien de statué là-dessus. Nous avons une laïcité dans les faits, mais nous ne l’avons pas du tout codifiée. Le concept de laïcité ouverte n’a jamais été adopté. » Une charte aurait l’avantag­e, selon le MLQ, de servir de référence claire lorsque vient le temps de trancher des débats sur des accommodements ou sur d’autres revendications provenant de groupes religieux.

Sauf le Parti libéral, qui n’en voit pas la nécessité, tous les partis politiques du Québec présents à l’Assemblée nationale sont favorables à l’adoption d’une charte ou d’un texte de nature constitutionnelle qui consacrerait la laïcité de l’État québécois. Dans son mémoire déposé à la commission Bouchard-Taylor, le Parti québécois proposait une modification de la Charte des droits et libertés, afin de préciser les valeurs essentielles qui fondent la laïcité québécoise. Québec solidaire favorise l’adoption d’une charte, tandis que le nouveau chef de l’ADQ, Gilles Taillon, propose une loi constitutionnelle qui comprendrait une définition de la laïcité québécois.