Inconduite dans l’armée : un haut gradé de Valcartier relevé de ses fonctions

Les Forces canadiennes ont récemment relevé de ses fonctions pour «conduite inappropriée» un haut gradé en poste à Valcartier, dans une séquence d’événements qui fait grand bruit au sein de l’armée, depuis quelques jours. 

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Les Forces canadiennes ont récemment relevé de ses fonctions pour «conduite inappropriée» un haut gradé en poste à Valcartier, dans une séquence d’événements qui fait grand bruit au sein de l’armée, depuis quelques jours.

Il s’agirait d’une agression ou d’une inconduite sexuelle qui s’est produite le 18 octobre dernier, lors d’une soirée de gala soulignant le 100e anniversaire du Royal 22e Régiment, au Centre des congrès de Québec. Une fête à laquelle participaient plusieurs centaines de militaires.

Le lieutenant-colonel Martin Bernier, commandant du Centre d’instruction de la 2e division des Forces canadiennes (l’armée de terre au Québec), a été relevé de ses fonctions de manière permanente, le 30 octobre dernier.

Au Centre d’instruction de la 2e division, basé à Valcartier, près de Québec, le lieutenant-colonel Bernier dirigeait 815 personnes. C’est l’endroit où les militaires reçoivent des formations de perfectionnement. Son remplaçant à titre de commandant, le lieutenant-colonel Jean-François Cauden, est entré en poste lundi.

L’enquête sur les allégations de conduite inappropriée du lieutenant-colonel Bernier est toujours en cours, mais les Forces canadiennes n’ont pas attendu sa conclusion avant de lui retirer son affectation.

Selon les informations obtenues par L’actualité, il a été muté à Ottawa. L’enquête «avance bien» et des sources indiquent que des accusations pourraient être déposées sous peu. Elle est menée par le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEF), le corps spécialisé de l’armée dans les investigations majeures.

Lieutenant-colonel Martin Bernier, ancien commandant du Centre d'instruction de la 2e division des Forces canadiennes (secteur Québec). Photo tiré du site Facebook du Centre d'instruction
Lieutenant-colonel Martin Bernier, ancien commandant du Centre d’instruction de la 2e division des Forces canadiennes (secteur Québec). (Photo tirée du profil Facebook du Centre d’instruction)

«Nous avons pris des mesures immédiates», explique la capitaine Josée Bilodeau, responsable des affaires publiques à la 2e division de la Force terrestre. Elle précise que le lieutenant-colonel Bernier «est innocent jusqu’à preuve du contraire».

Quelle est la nature de la «conduite inappropriée» qui a mené à la mutation et au remplacement du lieutenant-colonel Bernier à la tête du Centre d’instruction ? Cette question est sur toutes les lèvres au sein des troupes, non seulement à Valcartier, mais également dans toute la 2e division, où M. Bernier, un militaire d’expérience, est bien connu.

La police militaire confirme qu’une enquête est actuellement en cours sur un haut gradé concernant une agression et/ou une inconduite sexuelle qui serait survenue le 18 octobre dernier, lors du gala du 100e anniversaire du Royal 22e Régiment au Centre des congrès de Québec.

La police militaire affirme qu’elle ne peut divulguer le nom de la personne qui fait l’objet de l’enquête du SNEF tant que des accusations n’ont pas été déposées.

Selon nos informations, cette enquête est la raison pour laquelle le lieutenant-colonel Martin Bernier a été relevé de ses fonctions. La capitaine Josée Bilodeau refuse toutefois de le confirmer et de dire s’il a été muté hors du Québec pour cette raison. «Je ne peux pas confirmer ou infirmer cette information, par respect pour le processus d’enquête», dit-elle.

Depuis les révélations du magazine L’actualité, en avril dernier, sur les nombreux cas d’agressions sexuelles dans les Forces canadiennes, ce sujet est devenu très délicat au sein de l’institution.

L’armée a examiné ses pratiques internes et a finalement décidé de confier à Marie Deschamps, une ancienne juge de la Cour suprême, le mandat de mener une révision de ses programmes et de cerner le problème. Elle parcourt actuellement le pays pour faire enquête. Son rapport est attendu au printemps prochain.

Dans le dossier du lieutenant-colonel Bernier, les Forces canadiennes ont agi rapidement.

Le brigadier général Stéphane Lafaut, commandant de la 2e division, a eu vent des allégations le 21 octobre, quelques jours après les événements. Il a suspendu avec solde le lieutenant-colonel Martin Bernier le 23 octobre, le temps que la chaîne de commandement retrace les événements.

Le 24 octobre, le patron de la Force terrestre, le lieutenant-général Marquis Hainse, lui a envoyé un «avis d’intention» de le relever de ses fonctions. M. Bernier a eu 48 heures pour y répondre. Le lieutenant-général Marquis Hainse a maintenu sa décision, qui est entrée en vigueur le 30 octobre.

Les commentaires sont fermés.

Il est très grand temps que les allégations d’abus de toutes sortes soient pris au sérieux et que des sanctions soient déjà en vigueur! Quels abus d’autorité! De plus un milieu plutôt mysogine à la base n’aide sûrement pas!!!!!

Madame Duchesneau! Espérant que le venin de votre plume dénote qu’une anomalie du moment et non le tout de votre caractère. Jugement prématuré ne peut être de rigueur dans une démocratie saine.

Un long article pour dire si peu de choses! Pourquoi ne pas s’être limité ´a donner le titre?

Au moins in a la photo de l’ignoble personnage, portrait parfait du macho, qui se croit tout permis, il doit croire qu’il est irrissistible en plus! Faudrait pas qu’il m’aborde je lui ferais tellement honte ce suffisant accro à l’uniforme et aux bottes…….

Il n’est même pas encore déclaré coupable que vous le condamnez déjà… Il y a eu plusieurs cas d’abus qui ne l’était pas. Certaines femmes peuvent utiliser ça pour discréditer un homme et bien des professeurs ont peur que ça leur arrive.

De plus, l’abus sexuel couvre un éventail très large de conduites jugées aujourd’hui comme repréhensibles. Mais il y a des différences majeures entre un viol et une tape aux fesses, ou bien un sifflement d’admiration. L’article ci-dessus ne dit rien quant à ce qui est reproché.

C’est une chance, Suzanne, que vous ne soyez pas juge.

Mme ou M. belley, merci pour cette réponse à quelqu’un qui ne semble pas avoir la capacité d’analyse requise pour commenter….

Je ne suis ni juriste ni avocat mais rendre publique l’identité d’une personne alors qu’aucunes accusations officielles ne soient déposées ni même que la nature exacte du/des supposé(s) geste(s) commis soit connue ne serait-ce pas là une forme de diffamation? Comme le mentionne M. ou Mme Belley, une inconduite sexuelle peut couvrir un éventail très large d’actions plus ou moins graves. C’est pourquoi je questionne la pertinence de cet article sous sa forme actuelle. Ce commentaire s’applique à n’importe quel autre type d’article, tous médias confondus, coulant dans la même veine, entacher la réputation d’une personne avant même que les procédures légales soient mises de l’avant(si elles ont à l’être) voilà qui manque de rigueur à mon avis.

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