Infographie : votre jour de naissance est-il très commun ?

L’actualité s’est penché sur les statistiques des naissances au Québec afin de déterminer les jours les plus courants – et les plus rares – pour venir au monde dans la province.

Photo © Getty Images
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FouineurÀ l’instar de Marie-Mai, les Québécois nés un 7 juillet ont le jour de naissance le plus commun des 30 dernières années (ou presque).

Inspiré par Slate.fr et le New York Times (surtout cette version de NPR), L’actualité s’est penché sur les statistiques des naissances au Québec afin de déterminer les jours les plus courants – et les plus rares – pour venir au monde dans la province. Pour se faire, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a spécialement compilé les données d’une période allant de 1986 à 2010.

Glissez votre souris sur cette infographie pour découvrir la popularité de votre jour de naissance. Chaque rectangle représente un jour. Plus il est foncé, plus il est commun. La boîte qui apparaît en pointant la souris indique le classement des jours de naissance (8/366 signifie qu’il est le 8e jour le plus commun) et le nombre total de Québécois qui sont nés ce jour entre 1986 et 2010.

Si le 7 juillet arrive au sommet du classement, c’est pourtant le mois de septembre qui truste le top 10. Cette tendance dépasse nos frontières puisque le neuvième mois de l’année devient également le plus occupé dans les maternités américaines et françaises. Pourtant, il y a peu, les enfants québécois naissaient davantage au printemps, comme le montre le graphique ci-dessous.

Évolution-Naissances

Ce glissement de naissances du printemps vers l’automne est encore plus manifeste lorsque l’on sépare les données en deux périodes, l’une allant de 1986 à 1998, et l’autre couvrant les années 1999 à 2010. Les classements des 10 jours de naissances les plus communs obtenus sont symptomatiques de cette tendance qui s’est affirmée au cours des 15 dernières années.

Top10-Naissances

Pourquoi un tel déplacement des naissances du printemps vers l’automne ? L’ISQ se range derrière l’analyse faite en France par des chercheurs de l’Institut national d’études démographiques. Dans Y a-t-il une saison pour faire des enfants ?, Arnaud Régnier-Loilier et Jean-Marc Rohrbasser confirment que, depuis les années 1970, « le pic des naissances s’est progressivement déplacé de mai à septembre ». Selon eux, « cette évolution reste en partie sans explication dans la mesure où ni les comportements en termes de vacances, ni les préférences pour des naissances au printemps n’ont évolué ».

Cependant, ils entrevoient deux hypothèses. La première veut que « les couples ignorent qu’une grossesse ne s’obtient pas forcément dès le premier mois après l’arrêt de la contraception et qu’il leur faut souvent plusieurs mois pour concevoir ». Des naissances en septembre plutôt qu’au printemps ne seraient donc pas à exclure, d’autant que mai et juin ont été plébiscités par les Françaises quand il leur a été demandé les mois durant lesquels elles préféreraient accoucher.

L’autre piste est celle des fêtes de fin d’année. Les chercheurs ont noté que « l’excédent de naissance » était « centré sur le 23 septembre », et que « ce pic correspond à des conceptions du nouvel an ». « Les couples cherchant à concevoir (donc non utilisateurs d’une méthode contraceptive) sont alors probablement plus nombreux à être réunis, écrivent Régnier-Loilier et Rohrbasser. De ce fait, et aussi en raison des circonstances, ils sont plus nombreux à avoir des rapports sexuels au moment de la Saint-Sylvestre. S’ajoute à cela une moindre vigilance contraceptive pour les autres. Le nombre d’IVG (interruptions volontaires de grossesses) pour des grossesses démarrées ce jour-là est en effet trois fois supérieur à celui d’un jour normal. »

Au Québec, le 23 septembre fait partie du top 10 des jours de naissance les plus communs, de même que le 22, le 24, le 29 et le 30 septembre. Ces dates d’accouchement correspondent toutes avec une conception durant les fêtes de fin d’année. Selon la règle de Naegele, l’accouchement est censé intervenir 267 jours après la date de conception. Partant de ce principe, l’infographie ci-dessous révèle les jours de conception en fonction des jours de naissance. Ce tableau, à titre informatif, est à prendre avec une grande pincée de sel, puisque l’accouchement n’intervient pas toujours au moment attendu. De plus, la règle de Naegele a ses détracteurs.

Au Québec, le jour de naissance le plus rare est le 29 février, devant le 25 décembre. De manière générale, les jours fériés sont peu propices aux naissances – notez le blanc laissé par le 24 juin dans l’infographie. Les césariennes planifiées, par exemple, n’interviennent jamais durant les jours fériés ou les week-ends, mais plutôt durant des journées ouvrables, lorsque le personnel hospitalier est présent en plus grand nombre et que les équipes régulières sont à pied d’œuvre.

Avec 380 naissances en 24 heures, le 26 juin 1991 est la date de naissance la plus commune des données fournies par l’ISQ. À l’inverse, avec seulement 102 naissances en une journée, le 25 décembre 2000 et le… 7 juillet 2002 sont les dates de naissances les plus rares depuis 1986. Ironique, puisque le 7 juillet est le jour de naissance le plus répandu sur la même période.

 

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2 commentaires
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Ben oui, le 29 février est certes le jour de naissance le plus rare… il n’arrive que tous les 4 ans (les années bissextiles)…

Tout à fait ! Quand on additionne toutes les naissances pour chaque jour entre 1986 et 2010, le 29 février part avec un désavantage certain et se retrouve donc en bas de classement. Notez toutefois, comme je le précise dans le dernier paragraphe, que si le 29 février est le jour le plus rare en valeur absolue, bien plus de gens sont nés le 29 février 1988, le 29 février 1992, le 29 février 1996, le 29 février 2000, le 29 février 2004 et le 29 février 2008 que le 25 décembre 2000 et le 7 juillet 2002, qui sont les véritables dates de naissances les plus rares depuis 1986.