Inondations : faire écoper les municipalités ?

Les municipalités riveraines du Richelieu sont en partie responsables du désastre causé par les inondations, car ce sont elles qui, dans beaucoup de cas, ont permis aux gens de s’établir en zone inondable. Le spécialiste en hydrologie Robert Leconte, de l’Université de Sherbrooke, analyse l’état de la situation.

Inondations : faire écoper les municipalités ?
Photo : G. Hughes / PC

Les municipalités riveraines du Richelieu sont en partie responsables du désastre causé par les inondations, car ce sont elles qui, dans beaucoup de cas, ont permis aux gens de s’établir en zone inondable. Le spécialiste en hydrologie Robert Leconte, de l’Université de Sherbrooke, analyse l’état de la situation.

Les résidences inondées sont-elles situées dans des zones que l’on savait à risque ?

– Dans certains cas, oui. Et comme les gens sont de plus en plus nombreux à s’installer à proximité des cours d’eau, on peut s’attendre à ce que les dommages associés aux inondations augmentent dans l’avenir. La cartographie des zones inondables a commencé dans les années 1970 et se poursuit toujours. De nombreuses maisons étaient déjà construites en zone à risque.

Devrait-on interdire la construction près des rivières ?

– Toute construction est interdite dans les zones où une inondation risque de se produire une fois tous les 20 ans, selon la Politique québécoise de protection des rives, du littoral et des plaines inondables. Mais les municipalités ont la responsabilité d’adopter des règlements pour faire respecter cette politique. Certaines l’ont fait, d’autres non.

Comment se protéger ?

– On peut concevoir les maisons de façon à limiter les dégâts, par exemple en plaçant plus haut les fenêtres du sous-sol. Des moyens lourds, comme la construction de digues, donnent un faux sentiment de sécurité et encouragent les gens à continuer de s’établir près de l’eau. Quand la digue cède ou qu’on décide de l’ouvrir, comme le Manitoba l’a fait à la mi-mai, cela cause évidemment des dommages.