J’ai pris du poids

Quand on est une femme, la question du poids est omniprésente. Il faudrait qu’on arrête avec ça.

Photo : L'actualité

J’ai été mince toute ma vie. Avec un peu de fluctuation à l’adolescence et, bien sûr, pendant mes trois grossesses. Mais dans l’ensemble, j’ai toujours été considérée comme une femme mince. Je prends des médicaments anxiolytiques depuis environ six mois parce que je fais des crises de panique. Ça m’aide énormément. Je n’avais jamais jusqu’à maintenant pris ce genre de pilules (on m’avait prescrit un jour des antidépresseurs, mais auxquels j’avais très mal réagi). Les médicaments que je prends sont reconnus pour engendrer une prise de poids. On me l’avait dit, je savais que ça faisait partie des effets secondaires.

Est-ce que j’ai engraissé à cause de la pandémie, du confinement, des pilules ? Le résultat est le même. Je le vois bien que ma face est plus ronde qu’avant. Je pense qu’on est rendus nombreux à avoir vécu cette fluctuation pendant la pandémie. Je le constate autour de moi, les gens ont grossi. Un peu, beaucoup, à la folie. Comme notre amour du pain. Il y a, bien sûr, des gens qui ont vécu l’inverse, la pandémie leur a permis une remise en forme, des changements dans leur mode de vie, dans leur niveau de stress, une remise en question. Bref, certains ont, au contraire, perdu du poids. Ce n’est pas mon cas.

C’est intéressant de se voir changer, ça vient avec toutes sortes de questions, de peurs, d’angoisses (que je ressentirais si je n’étais pas gelée comme une balle sur les pilules — je niaise), ou juste de simples réflexions. Les questions de poids quand on est une femme, c’est censé être omniprésent. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour que ma seule fille en soit à peine consciente. Je ne veux pas que, d’une manière ou d’une autre, son poids soit lié à son identité. J’aimerais qu’il n’existe aucun lien entre ces deux concepts, que son poids qui fluctue, sa taille, ses formes ne soient que des faits sans qu’il en émane une valeur. Ou un attachement disproportionnellement émotif. Je voudrais qu’en aucun cas, il n’y ait chez elle l’idée que je pèse tant, donc je suis. Jamais.

J’ai souvent, bien sûr, entendu parler de grossophobie, j’ai vu plusieurs marques, des campagnes de marketing, des produits, mais aussi des efforts de sensibilisation tenter de changer notre perception de notre rapport à la beauté et au poids. Pour de bonnes raisons ou des prétextes mercantiles. Les normes de beauté étant un peu partout les mêmes, j’avais compris que ça nous mettait une pression pour devoir rentrer dans un moule, que ça pouvait nous pousser à une haine de soi, à se dire qu’au fond, comme on est, on ne mérite pas d’être aimée ou d’être trouvée belle. Mais ce que je n’avais pas vu venir, c’est que moi, je m’aime encore avec mon poids en plus, avec mes nouvelles formes, mais on ne me propose pas, ou peu, ces modèles. Je comprends qu’en fait, ça devient louche de s’aimer quand on a grossi. C’est comme s’il me poussait une honte de penser ça. C’est pour ça aussi qu’il faut plus de représentations de femmes bien dans leur peau, point. L’amour-propre, ça peut te suivre quelle que soit ta taille. Faudrait qu’on se le dise plus.

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Vous ne changerez pas la biologie humaine: une femme se souciera toujours de son apparence.

Et portant le déni de la biologie est cher à la gauche américaine et contamine de plus en plus le reste de la planète. La revue Cosmopolitain fait régulièrement (la dernière fois en février dernier) la promotion de l’obésité pure et simple. Le lien a beau être scientifiquement établi entre l’obésité et la COVID et une panoplie de problèmes de santé, rien n’y fait.

Donc, non, l’obésité même lègère n’est pas souhaitable pour la santé et cela au-delà même des considérations esthétiques. Ne faisons pas le jeu des américains.

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Je crois qu’il y a une distinction à faire encore obésité et gain de poids…. Non l’obésité, ce n’est pas bon pour la santé (peut-être pas immédiate mais future à tout le moins), mais je ne suis pas d’accord avec le fait de ne valoriser qu’un corps féminin qui ne représente qu’un petit pourcentage de la population féminine. Est-ce toutes les femmes qui n’ont pas ce poids et cette physionomie qui sont à côté de la traque?

Vous parlez de biologie: elle est là, la biologie, dans la diversité des corps et non dans un modèle formaté. Modèle qui ne ravit généralement que les yeux de ces messieurs…

Quel amalgame bizarre! La gauche et l’obésité, faut le faire! La réalité c’est qu’une femme bien en chair était la norme il n’y a pas si longtemps (allez voir les peintures depuis la Renaissance et jusqu’au XIXe siècle). Ce n’est que récemment que la maigreur est norme et cela a entrainé toutes sortes de problèmes alors que la biologie n’a rien à voir avec ces nouvelles «normes» de beauté.

Merci de votre témoignage. Ça encourage de lire une femme qui ne se remets en pas question sa valeur pour un gain de poids. Car un des gros problèmes des femmes avec le poids est ce que vous dites : si on ne rentre pas dans le moule (juste l’expression fait mal rentrer dans le moule….), ça devient de notre faute et que nous sommes les seules responsables… Si votre article peut enlever un peu de honte de et culpabilité à certaines, e sera déjà ça de prit…

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Vous avez raison: même chez les jeunes adolescents, il y a maintenant des critères physiques (muscles, abdos, etc.) Cette pression est inutile et anxiogène! J’ai un cancer stade 4 et la prise de poids liées à la chimio et à la cortisone est effrayante! On me passe souvent le commentaire: je pensais que ça faisait maigrir! Euh! Sérieux! Dois-je en plus avoir l’air « malade »?! Ma valeur n’est pas liée à mon physique…Faisons la promotion du bien-être et de la santé! (Pour éviter toute confusion, je ne fais pas la promotion de l’obésité… mais on peut être moins dans les normes et être bien dans sa peau et en santé).

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Vous aussi, vous avez raison Julie. On a le droit d’être qui on est et comme on est. Nous devons arrêter de juger selon l’image corporelle car on ignore ce qui se cache derrière. Je souhaite que tout aille bien pour vous.

Je suis un homme de 60 ans et j’ais toujours fait attention à mon poids, spécialement durant la pandémie, et ce de façon presque maladive. Je crois que des millions d’hommes sont dans une situation similaire. Ne serait-ce pas plus sage de déboulonner ce vieux mythe et ce stéréotype qui veux que cette phobie de l’apparence ne s’adresse qu’aux femmes?
Michel

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Je n’en revient pas que la femme en soit seulement rendu là dans son égalité des sexes.arreter de vous trouver grosses et arrêter de vous botoxer.et approcher vous de la légalité des sexes ca ira mieux. Pas mal mieux

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