Je me souviens

L’Acadie, nouvelle patrie des superhéros ?

L’Acadie, nouvelle patrie des superhéros ? Plusieurs y sont nés ces dernières années, mais contrairement à leurs confrères américains, ils ne sont pas toujours sympathiques… Le peintre Mario Doucette, par exemple, a imaginé une Wonder Woman accablant les déportés acadiens ; le bédéiste Dano (Daniel Omer LeBlanc) a créé Acadieman, jeune employé d’un centre d’appels de Moncton qui n’est pas attristé par le destin d’Évangéline, le personnage de fiction qui incarne la survivance acadienne, mais excité par elle !

La déportation continue de susciter de l’intérêt, presque de l’engouement. Le groupe 1755, figure emblématique de la musique acadienne, s’est sabordé au profit de… Grand Dérangement. La variété n’est pas en reste : l’Acadienne Annie Blanchard a interprété « Évangéline », sacrée chanson de l’année au Gala de l’ADISQ en 2006. Côté documentaire, 1755 : Le souvenir nécessaire, de Renée Blanchard, insiste sur le « devoir de mémoire ». L’écrivain Claude Le Bouthillier a même publié un roman de politique-fiction, Complices du silence ? (XYZ), où la reine Élisabeth, la France, les États-Unis et le Vatican présentent des excuses aux Acadiens, auxquels le pape remet la Pietà de Michel-Ange pour se faire pardonner !

La proclamation royale de 2003 invitait les Acadiens à « tourner la page » ? C’est loupé.