Je me souviens… de quoi ?

La réforme de l’enseignement de l’histoire pourrait marquer la fin d’une certaine idée du « nous » québécois. Doit-on s’en inquiéter ?

Ma grand-mère de 89 ans a appris à l’école que les Amérindiens se divisaient en deux catégories : les gentils Hurons et les méchants Iroquois. Ces derniers avaient torturé à mort le père Jean de Brébeuf, missionnaire devenu saint martyr, avec des haches rougies au feu et en lui arrachant les ongles ! La maîtresse d’école de ma grand-mère les appelait « les Sauvages ».

L’enseignement de l’histoire a bien sûr évolué depuis l’époque de mamie. Et voilà qu’il prendra à la rentrée une orientation qui fait déjà autant de bruit que les canons de Montcalm sur les Plaines !

Ainsi, ma jeune amie Clara, 14 ans, apprendra, à partir de l’automne, que les « premiers occupants » se soignaient avec des plantes, pratiquaient le troc, respectaient les aînés et communiquaient avec les esprits. Elle découvrira d’étranges rites de passage — comme celui qui imposait aux adolescents amérindiens de jeûner jusqu’à ce qu’ils hallucinent… « On s’intéresse maintenant aux Amérindiens pour ce qu’ils étaient vraiment, non plus seulement pour leurs rapports avec les Européens », dit Michel Allard, professeur retraité de l’UQAM et coauteur de 300 ans de manuels scolaires au Québec (PUL, 2006).

Clara fait partie de la première cohorte de Québécois qui sera nourrie à la « nouvelle histoire » du Québec et du Canada. Le cours qui jusqu’à l’an dernier se donnait en 4e secondaire s’étale désormais sur deux années, les 3 e et 4 e secondaire. Il ne représente par ailleurs qu’un volet du programme « Histoire et éducation à la citoyenneté ». L’histoire du monde de l’Antiquité à aujourd’hui, sujet couvert en 1re et 2e secondaire, est enseignée depuis l’an passé. En 2009 commencera le volet enseigné en 5e secondaire, un mélange d’histoire, de géographie, de sociologie et d’économie du monde contemporain.

Ce vaste programme vise un objectif ambitieux : former des citoyens. Des citoyens que l’on souhaite tolérants, ouverts sur le monde, empathiques. Pour ce faire, l’histoire éloigne son projecteur des grands événements politiques et des grands hommes, et le braque sur des inconnus qui ont fait avancer notre pays : les femmes, les ouvriers, les minorités ethniques… Elle fait aussi de constants allers-retours avec « l’ailleurs », pour montrer ce qui se passait à l’étranger pendant que… En étudiant la modernisation de la société québécoise dans les années 1950 et 1960, par exemple, on fera un petit saut en Chine communiste. Tous ces choix sont basés sur les recherches les plus récentes en histoire et en pédagogie.

Au printemps 2006, la divulgation des intentions du ministère de l’Éducation concernant le volet sur l’histoire du Québec et du Canada a causé tout un émoi. Le quotidien Le Devoir révélait que des événements comme la Conquête, la rébellion des Patriotes, le rapatriement de la Constitution canadienne (en 1982) étaient à peine mentionnés. On voulait présenter aux jeunes un passé moins conflictuel, moins politique, moins misérabiliste, lisait-on. Le débat a rebondi dans tous les médias. La nouvelle histoire a été qualifiée d’« aseptisée », de « javellisée », d’« ultrafédéraliste » et même de « stalinienne ». Des personnalités tels les anciens premiers ministres du Québec Bernard Landry et Jacques Parizeau, l’écrivain Yves Beauchemin et le groupe hip-hop Loco Locass ont appuyé une pétition réclamant une commission parlementaire sur la réforme proposée. En entrevue à L’actualité, Bernard Landry a cependant admis s’être fié à l’avis de connaissances pour y apposer sa signature, n’ayant pas lui-même pu lire le dossier.

« C’est comme si on avait tenté de tuer une mouche avec un bazooka », résume l’historien Jocelyn Létourneau, de l’Université Laval, un des rares intellectuels à s’être portés à la défense du programme dans les médias. Ce spécialiste du Québec contemporain ne voit rien de répréhensible dans le nouveau cours. Au contraire. « C’est une occasion en or d’amener les jeunes à une compréhension plus fine, plus approfondie de l’histoire du Québec. Il n’a jamais été question de nier qu’il y ait eu des tensions ! L’idée est d’offrir un récit plus complexe que la sempiternelle opposition à la Pierre Falardeau [le cinéaste et polémiste] entre les bons francophones et les méchants anglophones », dit-il.

Le Québec n’est pas le seul endroit au monde où l’on se crêpe le chignon quand il est question d’enseignement de l’histoire. Aux États-Unis, lorsqu’on a réécrit le programme scolaire, dans les années 1990, le débat a été épique. En Grèce, en Inde, au Japon, le sujet a aussi déchaîné les passions ces dernières années. C’est que l’histoire racontée aux écoliers est quelque chose de sacro-saint, qui forge l’idée qu’un peuple se fait de lui-même. « Elle nous marque pour l’existence entière », écrit l’historien Marc Ferro dans Comment on raconte l’histoire aux enfants (Payot, 1981).

Changer l’histoire, c’est un peu comme refaire un album de famille. Pour laisser de la place à des photographies anciennes retrouvées au grenier, il faut en enlever d’autres. Or, en modifiant la succession des images, on change le récit. C’est déchirant. « Beaucoup sont attachés au récit historique qu’on leur a raconté à l’école. Pour eux, c’est la vraie histoire. Seulement, l’histoire n’est pas une matière figée, rappelle Christian Laville, didacticien de l’histoire à l’Université Laval. Elle évolue en fonction des questions que les historiens posent au passé. » S’il en allait autrement, on en serait encore aux saints martyrs et aux méchants Iroquois !

Au Québec, devant le tollé médiatique, le ministre de l’Éducation Jean-Marc Fournier a envoyé ses fonctionnaires refaire leur travail. Ils ont redécoupé la matière pour mettre en évidence la Conquête. Et intégré une ligne du temps pour marquer les grands événements politiques. Ce faisant, ils ont cloué le bec aux critiques, que l’on n’a presque plus entendus par la suite, sinon dans certaines revues intellectuelles comme le Bulletin d’histoire politique (publié par l’Association québécoise d’histoire politique, fondée en 1992 à l’UQAM).

Que les critiques aient été satisfaits de ces changements laisse perplexe l’historien Éric Bédard. « L’esprit du document est resté le même ! » proteste ce professeur de la Télé-université de l’UQAM et cofondateur du Collectif pour une éducation de qualité (CEQ), qui demande un moratoire sur la réforme scolaire.

Pour comprendre de quoi il retourne, je suis allée visiter la classe de 2e secondaire de Michel Lamarche, à l’école Félix-Leclerc de Pointe-Claire. À ce niveau, le volet « Histoire du monde » est enseigné depuis l’an dernier. Sans controverse aucune. Étonnant ? « Quand on ne touche pas à l’histoire nationale, donc à l’identité, on a moins de problèmes pour modifier l’histoire », fait remarquer Jean-François Cardin, historien et didacticien de l’histoire à l’Université Laval, qui a observé ce phénomène ailleurs dans le monde.

Ce matin caniculaire de juin, les élèves de Michel Lamarche font de la révision. Le sujet : la Deuxième Guerre mondiale. N’imaginez pas que le professeur, debout à l’avant de la salle, résume la matière. Non, nous sommes à l’ère du renouveau pédagogique. L’objectif est de « développer des compétences » plutôt que d’« accumuler des connaissances » — du « par cœur » que les enfants risqueraient d’oublier le lendemain de l’examen. Cette approche, qui se répand dans la plupart des pays occidentaux, repose sur l’idée que l’on n’apprend pas à jouer du violon en regardant un violoniste, mais en jouant soi-même avec l’instrument.

Les élèves doivent démontrer qu’ils maîtrisent une des trois compétences prévues par le programme — s’interroger sur le passé. Le prof s’avance et écrit quelques mots au tableau : nazis, camps de concentration, crise économique, Deuxième Guerre mondiale. En équipes, les adolescents doivent lier ces réalités entre elles au moyen d’une question. Je ne sais pas si leurs violons sont mal accordés, mais leurs questions n’ont ni queue ni tête ! Elles tordent l’histoire en tous sens. Par exemple : « Est-ce que le nazisme est une conséquence de la Deuxième Guerre mondiale ? » Le prof soupire. « Dans mon autre groupe, ça s’est mieux passé », dit Michel Lamarche. Ses élèves ont eu une brève leçon sur la guerre, mais ceux qui n’ont pas révisé la matière dans le manuel ont été complètement largués.

Pour André Champagne, professeur au collège Jean-de-Brébeuf et chroniqueur à la radio de Radio-Canada, l’abandon de l’enseignement magistral n’est rien de moins qu’une catastrophe. L’homme est vêtu de noir de la tête aux pieds, ce qui s’harmonise bien avec son humeur. Il me reçoit dans son petit bureau rempli de livres, au troisième étage du vénérable établissement du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, à Montréal. « Brébeuf », c’est l’alma mater des anciens premiers ministres Pierre Elliott Trudeau et Robert Bourassa, de l’écrivain et homme politique Pierre Bourgault et de nombreuses autres personnes ayant une place dans les livres d’histoire. « Moi, madame, j’enseigne comme on enseignait au 16e siècle : je me plante devant la classe et je parle, dit André Champagne. Et vous savez quoi ? Les élèves a-do-rent ça ! » Ses protégés, jure-t-il, n’ont jamais échoué à l’examen officiel.

Quand on lui parle de compétences, André Champagne lève les bras au ciel. « Comment voulez-vous qu’ils s’interrogent sur une matière qu’ils ne connaissent pas ! À cet âge-là, ils ne savent rien, madame. La réforme essaie de leur faire faire des relations de cause à effet alors qu’ils ne connaissent pas la base, les faits. C’est comme demander à un médecin d’établir un diagnostic sans connaître l’anatomie ! » André Champagne s’emporte : « Enseigner, c’est transmettre des connaissances. Platon, Érasme, Voltaire savaient ça ! Et tout d’un coup, des pédagogues patentés du ministère de l’Éducation en décident autrement ? » Il baisse les bras de découragement.

Quelques jours après cette rencontre, je me retrouve au 17e étage d’un immeuble de l’État, près du Vieux-Québec, pour un rendez-vous avec ce que le coloré enseignant appelle « des pédagogues patentés ». Gérard Guimond et Marius Langlois sont respectivement directeur des programmes et responsable des programmes d’univers social au ministère de l’Éducation. Autrement dit, ils font partie des architectes de la réforme du programme d’enseignement de l’histoire. Ils y ont travaillé pendant deux ans, en collaboration avec des professeurs de partout au Québec.

Les deux hommes ont passé un mauvais moment, au printemps 2006, quand les critiques ont fusé, mais ils disent ne pas regretter les changements qu’ils ont dû faire. « Le but d’un programme n’est pas d’énumérer tous les faits historiques, comme doit le faire un manuel. Mais on a compris que ça rassure les gens de les voir. La nouvelle version est sûrement plus conviviale », dit Gérard Guimond, un cinquantenaire à l’allure plutôt cool avec sa chemise rose pétant et ses lunettes aux larges montures en simili-bois.

La formule de l’« approche par compétences », les deux anciens professeurs d’histoire l’approuvent complètement. « Les choses évoluent dans tous les domaines : en médecine, en génie… En pédagogie aussi. On ne peut plus bâtir des programmes d’enseignement en faisant abstraction des changements qu’il y a eu dans la compréhension du fonctionnement du cerveau, dit Gérard Guimond. Et les jeunes ont changé. Ils voyagent, naviguent dans Internet, ont des téléphones portables, des iPod… Des outils et des sources d’information qu’on ne connaissait même pas il y a 25 ans. Il faut s’adapter ! »

Ni fédéraliste, ni souverainiste, ni marxiste-léniniste, le programme a tout de même un parti pris idéologique : il appuie la démocratie. « L’idée est de lutter contre le je-m’en-foutisme, de dire aux jeunes : dans le passé, les choses ont changé parce que des gens se sont engagés. Vous pouvez faire pareil ! » dit Marius Langlois.

Contrairement à ce que d’aucuns ont cru lorsque le volet « Histoire du Québec et du Canada » a été rendu public, au printemps 2006, il n’impose pas que certains événements soient enseignés et d’autres passés sous silence. La différence réside dans l’angle d’approche. Auparavant, les événements politiques étaient un peu comme les perles d’un collier. On égrenait une perle après l’autre, pour bâtir le récit, et en parallèle on abordait les faits d’ordre économique et social. Désormais, on ne s’appuie plus sur la politique pour créer un fil conducteur. Les transformations majeures de la société — comme l’urbanisation, l’industrialisation — deviennent la base d’une espèce de courtepointe historique, qui intègre aussi des considérations sur les conditions de vie des femmes, des ouvriers, des autochtones et autres minorités, sur leurs mentalités, leurs activités économiques, religieuses, sociales, politiques, etc.

L’historien Éric Bédard n’est pas très enthousiaste. Il est de ceux qui croient que l’acquisition de connaissances souffrira de cette insistance sur les « compétences citoyennes ». Par-dessus tout, cet homme aux yeux presque aussi bleus que le drapeau du Québec s’inquiète de l’effet que la nouvelle histoire aura sur la mémoire collective.« Cette histoire gomme tout ce qui fait la particularité de la société québécoise », dit celui qui est rédacteur en chef de la revue politique et sociale Argument, publiée deux fois l’an.

Pour lui, l’histoire racontée pourrait être celle de n’importe quelle société occidentale tant elle insiste sur les évolutions communes à toutes, comme l’acquisition des libertés. Il n’y a plus un « nous » québécois, mais une infinité de « nous » selon les sous-groupes auxquels on appartient, fait-il remarquer. Des éléments communs aux Québécois en général — le fait d’avoir vécu dans une société où le clergé avait une influence énorme, d’avoir été pauvres à côté de voisins anglophones nantis — sont du coup évacués. « Je ne dis pas qu’il faille ne retenir que ça, mais c’est fondamental. Si vous ne comprenez pas l’infériorité économique des Canadiens français, vous ne pouvez pas comprendre la Révolution tranquille, la création de la Caisse de dépôt, la nationalisation de l’électricité… », dit l’historien. Donc, vous ne pouvez pas comprendre le Québec.

L’enjeu est encore plus important pour les nouveaux arrivants que pour les jeunes Québécois ayant grandi ici, croit Éric Bédard. Car ils ne peuvent compter que sur l’école pour apprendre l’histoire de leur société d’accueil. « On a une responsabilité envers eux, celle de leur dire qui on est. Si on ne leur parle pas de la peur de disparaître qui caractérise notre passé, on ne leur donne pas les clés dont ils ont besoin pour décoder notre société. »

Les immigrants doivent apprendre à nous connaître, convient le didacticien Christian Laville. « Mais est-ce que ce doit être de cette façon-là, en nous percevant comme des survivants ? » demande ce professeur retraité de l’Université Laval, qui a été consulté lors de l’élaboration du nouveau programme. Il soupçonne la majorité des opposants à la nouvelle histoire d’avoir une motivation politique. « Ils ont peur de perdre une éducation historique qui conduit les jeunes à vouloir l’indépendance du Québec », dit-il.

La trame politique déroulée jusqu’ici dans les programmes d’enseignement de l’histoire favorisait-elle cette idée de l’indépendance ? « Elle a longtemps servi à insuffler aux Canadiens français la fierté d’être des survivants », affirme l’historien et didacticien Jean-François Cardin. Survivants de la Conquête, de la volonté de Londres de les assimiler, de l’oppression des patrons anglais… C’est l’historien et chanoine Lionel Groulx, auteur de nombreux manuels scolaires, qui a été la source de cette vision. C’est lui aussi qui a contribué à créer le mythe de Dollard des Ormeaux — personnage pourtant controversé —, parce qu’il trouvait que les jeunes Canadiens français gagneraient à s’identifier davantage à cette figure courageuse et virile…

En 1961, le programme d’histoire du Québec dispensé en 8e et 9e année se donnait cet objectif : « Montrer combien la vie laborieuse, la ténacité, la persévérance, la vie de famille et la vie paroissiale de nos gens ont contribué à la survivance de notre peuple. » C’est ce qu’on peut lire dans un document du département de l’Instruction publique — ancêtre du ministère de l’Éducation, créé en 1964.

La vision de Groulx a été reprise et développée par trois historiens, devenus des stars de leur domaine dès les années 1950, explique l’historien québécois Damien-Claude Bélanger, 31 ans, qui enseigne à l’Université Trent, en Ontario. On disait de Maurice Séguin, Guy Frégault et Michel Brunet : l’un pense, l’autre écrit et le troisième parle. On les voyait à la télévision et ils ont enseigné, à l’Université de Montréal, à des générations de futurs professeurs. Pour les trois, la Conquête était un désastre. Elle était la cause première du sous-développement du Canada français et de toutes ses difficultés à s’affirmer. « Leur vision reste très présente dans la mémoire populaire. Rien ne l’a remplacée », dit Damien-Claude Bélanger.

Cette vision, les familles se la transmettent peut-être encore à table. On la retrouve dans certains films, certains romans. Mais ne la cherchez pas dans les travaux récents des historiens, car il y a belle lurette qu’elle est considérée comme désuète. À partir des années 1970, inspirés par les ouvrages de leurs collègues français, les historiens québécois ont délaissé l’histoire politique, les grandes dates, les grands personnages et, par le fait même, ce point de vue un peu misérabiliste sur le passé. Ils ont commencé à s’intéresser aux « gens ordinaires » et aux bouleversements socio-économiques qui ont touché leur vie. « C’est cette nouvelle histoire qui trouve enfin, en 2007, le chemin des manuels scolaires », explique Damien-Claude Bélanger.

Pour Éric Bédard, cependant, le balancier est allé un peu trop loin. L’historien ne souhaiterait pas revenir à une histoire à la Lionel Groulx. Il n’appuierait pas non plus un cours s’apparentant à de la propagande souverainiste, mais il aimerait réhabiliter la nation comme objet d’étude et comme « liant » social. Selon lui, ce sujet est devenu tabou après le commentaire de Jacques Parizeau sur l’argent et le vote ethnique, le soir du référendum de 1995. « Ce n’est pas parce qu’un premier ministre s’est permis une déclaration malencontreuse qu’il faut faire l’impasse sur la mémoire canadienne-française », dit-il.

La jeune Clara, ses copines et les générations qui suivront feuilletteront donc à l’école un album de famille renouvelé — édité par ERPI, les Éditions CEC, Chenelière Éducation, Graphicor de même que les Éditions Grand Duc (HRW). Est-ce qu’elles connaîtront mieux leur histoire que les élèves qui les ont précédées ? Est-ce qu’elles en feront un meilleur usage ?

Pour Claude Tousignant, enseignant à l’école secondaire Curé-Antoine-Labelle, à Laval, la réforme est surtout… un défi intéressant. Il intégrera plus d’activités à ses cours et cherchera davantage de liens avec le présent qu’il ne le faisait déjà.

Ce dynamique professeur a peut-être une petite crainte : celle d’avoir moins de temps pour raconter. « La plupart des professeurs d’histoire sont de bons conteurs. On aime ajouter des petites anecdotes », dit-il, assis au pupitre d’un élève, à l’heure du dîner.

Mais après un instant de réflexion, il ajoute qu’il ne s’en fait pas trop. Réforme, pas réforme, il sait bien, comme ses collègues, que dans sa classe il sera encore maître chez lui. Dans ce conflit entre pédagogues et historiens, ce sont peut-être les enseignants qui auront le dernier mot !

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