Je vous paie par texto, cher camelot ?

L’itinéraire est maintenant prêt pour un monde sans argent comptant. 

Illustration : Sébastien Thibault

Présenté parLogo partenaire

L’histoire qui suit est celle d’un lauréat de la deuxième édition des Prix de l’impact social, qui récompensent des entreprises et des organismes québécois qui travaillent de façon méthodique à changer le monde. L’organisme L’Itinéraire a reçu le prix Coup de coeur du jury. Pour lire tous les récits inspirants, c’est ici.

Le concept avait retenu l’attention du jury des Prix de l’impact social avant même la pandémie : payer son magazine L’Itinéraire par l’intermédiaire d’un simple texto. « Cette façon de faire est plus pertinente que jamais », affirme Luc Desjardins, le directeur général de cette publication créée en 1994 et vendue dans les stations de métro de Montréal, Longueuil et Laval, mais également au coin des rues, aussi loin que Saint-Jérôme, Granby et Sutton. « Les clients n’ont presque plus d’argent comptant sur eux. Si vous avez un cellulaire, c’est réglé en deux étapes ! Et ça permet de respecter parfaitement les mesures de distanciation. » 

Désormais, les passants peuvent acheter le magazine à l’un des 200 camelots en envoyant un texto à L’Itinéraire avec le numéro d’identification fourni par le camelot. Pour chaque transaction, gérée par la Fondation des dons sans fil du Canada, une somme de cinq dollars est ajoutée au forfait téléphonique du client. 

En collaboration avec Talsom, entreprise montréalaise spécialisée en développement technologique, L’Itinéraire a convenu de la méthode la plus facile d’utilisation pour les camelots et pour les clients. D’autres journaux de rue ont tenté l’expérience du paiement électronique. À Seattle, le magazine Real Change, par exemple, propose aux clients de télécharger une application sur leur téléphone, mais cette solution n’est pas idéale pour des passants souvent pressés. De plus, les applications exigent des mises à jour sur une base régulière, tandis que le don par texto est simple.

Cette innovation permet à L’Itinéraire de poursuivre sa mission d’accompagner des personnes marginalisées, ayant connu l’itinérance, la dépendance ou souffrant de problèmes de santé mentale. Ce sont ces mêmes personnes qui écrivent la moitié du contenu et qui achètent les magazines à l’organisme 2,50 $ chacun, pour les revendre 5 $.

Vendre L’Itinéraire ne permet pas seulement aux camelots de se faire un peu d’argent. Cela permet aussi au public de mieux connaître les itinérants grâce aux histoires qu’ils écrivent dans le magazine, explique Luc Desjardins. « Et le contact avec le public, même si c’est juste un regard, un sourire, une petite conversation avant de prendre le métro, a une influence immense sur leur sentiment d’appartenance à la société. »

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