Journal des temps inédits : ce que nous avons appris

J’ai posé la question à des amis virtuels. Leurs réponses : mélange d’angoisses exprimées, regards critiques sur l’ancien monde, découvertes profondes sur soi et les autres. En voici quelques bribes.

Photo : Daphné Caron

Depuis le début du cataclysme, Twitter est presque redevenu un lieu agréable. On y parle de sa vie au temps du virus, on s’échange des articles sur la pandémie en Italie, sur Trump qui met la vie des Américains en péril. On rigole même, ce qui n’était pas arrivé depuis… 2012, avec la polarisation induite par le Printemps érable. En une nuit, les trolls, ces pas de vie teigneux et peureux, cachés derrière leurs avatars guerriers, ont disparu. Les débats stériles entre gauche perchée et droite crinquée se sont taris net. Bref, on respire à nouveau sur Twitter.

Hier soir, redoutant l’insomnie, j’y trainais, et j’ai publié ce tweet : « Qu’avez-vous appris depuis le début du confinement ? » Toute la soirée, toute la nuit, les réponses se sont accumulées, par centaines. Mélange d’angoisses exprimées, regards critiques sur l’ancien monde, découvertes profondes sur soi et les autres. Merci à tous ces amis virtuels pour leur générosité et leur sagesse qui font du bien. En voici quelques bribes, en vrac.

« J’ai appris que mes proches me manquent et que j’aime être habillée en mou. »

« Que lorsque notre univers se rapetisse, nous l’habitons davantage. »

« Qu’on pouvait DEVENIR insomniaque, que le sens de l’humour est une arme redoutable en toutes circonstances. »

« Que c’est vraiment cool d’être 24/24 avec ses enfants et que j’adore ma job encore plus que je ne le croyais. »

« Que je suis capable d’apprendre à gérer mon besoin de routine, ma peur de l’abandon et mon hyperactivité. »

« Que les câlins sont sous-estimés, que le télétravail est possible et que l’on est tous capables d’une grande humanité. »

« Que je suis trop pauvre pour vivre de livraisons de restos et que je n’ai pas assez de cannabis pour passer au travers. »

« Qu’être mère au foyer implique plus d’avantages que je ne le croyais, et que je m’ennuie de mes élèves. »

« Qu’on peut sincèrement s’ennuyer d’un cubicule. »

« Que nous sommes vraiment des animaux sociaux. »

« Que j’aime le gym plus que je ne le pensais. »

« Que certaines choses comme le magasinage ne me manquent pas tant. »

« Que 98 % des réunions sont possibles en mode virtuel ou simplement inutiles. »

« Que tout compte fait, je suis plutôt jolie sans maquillage. »

« Qu’on a beau arracher les fleurs, on n’empêche pas le printemps de venir. »

« Qu’on va s’en sortir. »

Moi, j’ai appris que j’ai trop d’amis apéro, que je hais le mou et que j’apprécie le nouveau silence de ma ville. J’ai aussi acquis la certitude que le nouveau monde sera différent. Inquiétant si on le reprend exactement là où on l’a laissé, mais passionnant si nous changeons ensemble nos pratiques collectives.

Un tweet à la fois…

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Les commentaires sont fermés.

il y tu assez de décroissances au gout de Mme Bazzo et de ses admirateurs en ce moment c a serait bien quel commente …

Merci madame Bazzo. Vous êtes la seule personne qui me donne envie de lire ce qui s’écrit dans les médias.

Marie-France Boiteau

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