Journal des temps inédits : Kirkland

Aujourd’hui, Marie-France Bazzo s’aventure en pays étranger. Elle quitte son quartier et s’aventure parmi les rues et les réalités des villes défusionnées du Far West montréalais.

Photo : Daphné Caron

Ma tête va un peu mieux, merci. C’est toutefois fragile. Ce matin, Le Bigot a fait tourner Les vieux, de Jacques Brel. Inondation spontanée sur le clavier, tant les paroles sont précises. Mais ce qui m’a empêchée de basculer totalement, jeudi, a été l’évasion, comme dans l’ancienne vie. Plutôt que d’aller marcher dans un rayon de 5km dans les rues de mon quartier, j’ai eu une intuition : Pars! Visite un nouveau pays!

Confinée à ma région, Montréal, et ayant la chance d’avoir une auto, instinctivement, je suis partie vers l’ouest, remontant le boulevard Gouin à travers Cartierville, Pierrefonds, Dollar-des-Ormeaux, Senneville, Ste-Anne-de-Bellevue, Kirkland, Dorval, Lachine. Autant de villages en pays étranger, à 12km à vol d’oiseau de chez moi, mais si loin, si dépaysant. L’eau, le vent… C’était la première fois que je traversais VRAIMENT les villes défusionnées, que je découvrais leurs rues, leur topographies, leurs réalités sociales et économiques juxtaposées, mais si différentes.

Senneville, plus riche que Westmount, Dorval plus ordinaire (il y a une lutte des classes dans le West-Island!). Ste-Anne et Kirkland rappellent la Nouvelle-Angleterrre. On y croise des églises patrimoniales, des couvents, un moulin à vent seigneurial. Une vie politique à part : un peu partout, des drapeaux du Canada bien déployés. Des enjeux différents, deux nations. Des cœurs de villages pimpants, d’autres battant de l’aile, des manoirs d’un luxe inouï, des bicoques délabrées, des monster houses, des boîtes carrées en aluminium des années 70. Des parcs au coeur de la nature, de l’eau, du vent. Une ferme écologique, les vestiges de l’ancienne campagne, à l’intérieur des terres.

Au Québec, nous connaissons bien mal et bien peu notre territoire. À Montréal, nous ignorons ce qui se joue à quelques kilomètres de chez nous, confits dans un nombrilisme très géolocalisé autour de la ligne orange. Par moments, je cherchais machinalement mon passeport!

Dans l’ouest, les rues étaient désertes, confinement oblige. Quelques promeneurs contemplaient le fleuve, fouettés par le vent. Vidés de leurs habitants, les lieux laissaient entrevoir leur trame, leur organisation, leur histoire. Je n’aurais jamais cru céder au charme de Kirkland. Mais ce voyage m’a sortie de moi-même. Cette fin de semaine, allons nous faire voir ailleurs, loin, à dix kilomètres. Le territoire, c’est la base. Quand la tête nous joue des tours, les pieds viennent à la rescousse…

Les commentaires sont fermés.

Tu es marrante Mme Bazzo……mais effectivement nous ne sommes pas très loin de la ville mais à la campagne comme dirait certain…..bonne future promenade.😉

J’habite Kirkland. C’était tellement bizarre de lire votre article. On aurait dit que vous êtes arrivée dans l’ouest de l’île pleine de mépris et de haut le coeur. J’habite l’Ouest de l’île depuis plus de 40 ans. C’est le bonheur ici . Vous avez pas idée comme on a tout pour être heureux et notre plus grande richesse à part la nature ce sont nos concitoyens. Mon Dieu qu’on es tu du bon monde ! On vient des 4 coins de la planète chacun avec nos cultures et on s’entend bien on se respecte . Tout le monde est bilingue. C’est tellement cocasse votre réaction. Ici on ne voit pas des réaction comme la votre pour laquelle je ne trouve pas de mot sauf méfiance…. non ici on se fait confiance…. et un grand respect existe et est valorisé….. tellement bizarre votre article.

Je suis entièrement d’accord avec Poirier. Nous démeurons à Kirkland depuis 20 ans, nous avons élevé nos deux enfants de façon bilingue et biculturelle, dans une communauté paisible et sécuritaire, à 30 minutes du centre-ville Montréal. Vous nous décrivez comme si nous étions au Massachuesetts… Vous devriez sortir de votre petit nid plus souvent.

Madame Bazzo ne dit pas que vous êtes du mauvais monde, monsieur ou madame Poirier, mais qu’elle a l’impression de changer de pays quand elle va dans le West Island.

Aucune similitude entre Kirkland et Ste-Anne… vraiment étrange comme article. Vous êtes clairement confuse.

Bizarre. Je suis de Québec et je crois mieux connaître l’ouest de l’île de Montréal que vous. Ce premier vaccin contre la méfiance devra être suivi de vaccins de rappel afin de poursuivre votre découverte du monde et non celui imaginaire perçu à travers le filtre des idées reçues. Bon voyage !

Hé bien quand les intellos du plateau s’éloigne un peu ils ne reconnaissent pas leur pays. Trop longtemps confiné.

bien bien réaliste je suis du plateau depuit 58 annees et tres peu de gents sorte de leur petit Monde…se donne la peine ….

Ah Marie-France! Mon dépaysement, je le vis à chaque fois que je me rends de Laval à Westmount pour mes consultations médicales avec mes spécialistes! Non mais quelle beauté architecturale que leur hôtel de ville et autres superbes bâtiments!! Quelle propreté, quelle tranquillité, que de verdure, que de comportements respectueux…le jour et la nuit d’avec Laval, championne des destructions d’espaces naturels et boisés, d’une telle laideur architecturale et d’aménagement laissé aux mains des promoteurs depuis des décennies!! Et, Marie-France, si tu veux en brailler un coup en ces temps durs pour « les vieux », écoute l’interprétation par Renée Claude de la chanson « L’indifférence » tirée de la comédie musicale Nelligan!! Dur à battre pour refléter l’indignation face à une société qui ignore depuis trop longtemps le fait que « les vieux », ce ne sont pas meubles qu’on met aux rebuts!! Vaut mieux ne pas être trop déprimée…!!

C’est tellement vrai ce que vous racontez Marie-France dans votre article! J’ai fait le même constat il y a deux semaines en faisant le trajet en vélo de mon quartier Villeray jusqu’à Vaudreuil. C’est deux mondes à part comme vous dîtes…Je rêve un jour où le départ du marathon de Montréal se fasse à partir de Ste-Anne-de-Bellevue jusqu’au centre ville de Montréal! Ça serait l’un des plus beaux parcours de marathon.

Les gens de Montréal semblent ne connaître que ça… ils ne sont jamais allé voir plus loin que leur Métropole car c’est tellement hot la grande ville et tout se passe à Montréal! Moi je viens des régions (Lac-Saint-Jean pour ne pas la nommer) et pourtant… je connais Montréal, Québec, Rimouski, Charlevoix, La Beauce, L’Estrie, les Cantons de l’Est et j’en passe… Arrêtez de penser que vous êtes le nombril du monde. Vous pouvez bien continuer à rire du monde des régions… nous au moins on connaît notre province 😉 Mais bon… Kirkland c’est un début 😂😂😂

Bonjour,
Mon vécu m’a fait parcourir bien du pays au cours des 40 dernières années, du Bas du fleuve en passant par l’Ontario, la Saskatchewan, Kirkland/Pointe-Claire (la majeure partie du temps) et maintenant l’Estrie, je crois pouvoir témoigner que l’Ouest de l’Ile est en effet un environnement riche à bien des niveaux, une micro-société de biens nantis qui oublient ce qui se passe ailleurs. La proximité des cours d’eau, des parcs et des demeures cossues (ma demeure en faisait partie) ne collent nullement à la réalité du reste de l’île de Montréal.
On se fait croire être une bande à part, pour bien du monde. Bilingues? Pas sûre. Peut-être anglais et autre que le francais. Disons que bien des francophones rejettent le français et qu’ils se parlent en anglais entre eux. J’ai dû me battre pour que mes enfants apprennent le français, même en passant par l’enseignement en français. Un très bel environnement pour y élever une famille mais oh combien fermé. Les gens en provenance des 4 coins du monde ne peuvent avoir une ouverture sur la société québécoise puisqu’ils vivent dans ce territoire défusionné qui ne connaît pas les réalités du Québec, car limités dans l’Ouest de l’île qui fait bande à part. Triste réalité mais Kirkland reste un très bel endroit à visiter.
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