Journal des temps inédits : Le #club2à4

Le trio gouvernemental vient de parler, le Québec économique dégèlera, Montréal deux mètres derrière. Le club des insomniaques aura de quoi jaser cette nuit encore.

Photo : Daphné Caron

Mes insomnies sont de plus en plus violentes, désordonnées, longues et anxiogènes. Je ne suis pas la seule à être atteinte. Sur Twitter, j’ai démarré le #club2à4, où on jase nuitamment. Caroline St-Hilaire en est la v.-p., là pratiquement toutes les nuits. Des insomniaques sont là, hommes et femmes. Entre deux blagues, des choses profondes se disent. Ce sont les mêmes inquiétudes qui nous tirent du lit.

Le fameux pic prévu le 18 avril a-t-il été atteint ? Pourquoi, malgré les 15 000 tests dont a parlé le Dr Arruda, en fait-on si peu passer ? Qu’adviendra-t-il si je tombe malade, si mon mari doit être hospitalisé ? L’immunité collective, quelqu’un sait-il où on l’a reléguée et pourquoi ? Pourquoi déconfine-t-on si vite alors que d’autres régions et pays, aussi inquiets de leur économie, sont plus circonspects ? Et les mutations inquiétantes de la COVID-19 dont on entend parler ? À qui faire confiance ? Les scientifiques se chicanent ! Les autorités semblent si désorganisées, derrière leur ton rassurant… Et les amis qui ont des enfants, que feront-ils ? Sarah sera-t-elle une cobaye ? Visiblement, toute une cohorte, celle de 2019-2020, au moins, sera hypothéquée dans son cursus scolaire. Tous les parents ne sont pas égaux en ce qui a trait à l’enseignement à la maison, et toutes les écoles ne le sont pas dans l’enseignement à distance. Je reviens à ma marotte des classes sociales. Quelque chose me dit que les moins bien nantis fréquentant l’école publique seront les plus hypothéqués, à plusieurs égards, par ce parcours scolaire interrompu. Combien découvrira-t-on de décrocheurs dus à l’année COVID-19, par la suite ? Nous n’en dormons pas.

Ce matin, je suis cernée jusqu’au cou. Sous les fenêtres de mon bureau, le ballet des camions de livraison a repris. Il y en avait beaucoup mi-mars, mais ils se succèdent maintenant à un rythme fou. Le capitalisme n’est pas mort. Notre appétit de magasinage et de bébelles est insatiable, il est juste devenu un peu plus local. Quoique le mercredi, jour de ramassage du recyclage dans le quartier, les boîtes Amazon débordent des bacs.

Le trio gouvernemental vient de parler tranquillement, le Québec économique dégèlera, Montréal deux mètres derrière. La construction, les entreprises, manufactures et commerces vont reprendre leurs activités. Des travailleurs retrouveront leur emploi, et des familles, une certaine sécurité. Tant mieux, vraiment ! Mais la normalité ne sera qu’illusion. Car les services, l’éducation, la culture, les réunions familiales et amicales, les manifestations sportives, le sel de la vie, devront attendre. Nos vies seront bien étranges. Il y aura ceux qui mèneront une routine presque normale, et ceux qui resteront en périphérie du nouveau monde, en dissonance, en déséquilibre, en attente de savoir si leur entreprise, ou leur employeur, ou leur job existera toujours ces prochains mois. Tiens, la librairie Olivieri annonce sa fermeture. Et je m’inquiète pour ma librairie Monet, située « dans » un centre commercial, qui n’ouvrira pas. Le paysage, tant extérieur qu’intérieur, va se transformer.

Les nouvelles sont inquiétantes pour plusieurs. Le « monde d’après » n’est pas balisé. Je suis certaine que nous serons nombreux ces prochaines nuits sur Twitter, au #club2à4

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Je ne vous ai jamais vue dans un tel état madame Bazzo. Vivement la reprise que vous retrouviez un peu d’optimisme, comme un bébé qui fait sa première rage de dent redevient tout sourire quand la première réussit enfin à percer.
Comme vous, moi aussi j’ai des questions qui trouveront peut-être une réponse après la tempête, dont celle-ci ! Pourquoi ne fait-on rien avec ce que nous avons déjà en attendant de trouver mieux ? (En passant, ici au Québec et quelques autres endroits, on a déjà la réponse, donc, le débât est déjà clos, comme dans d’autres domaines d’ailleurs). Mais ailleurs, il se passent des choses dont on n’entend pas parler ici. Comment se fait-il que dans les pays dits ¨pauvres¨ on n’entende pas parler du très petit nombre de victimes de la COVID-19, alors que dans les pays riches, les gens tombent par milliers ?
Les pharmaceutiques (Gilead, Bayer et autres) et tous leurs supporteurs intellos font une guerre sans merci à une sommité mondiale en infectiologie qu’est le Pr Didier Raoult à Marseille en ayant, au départ, fait classer l’ ¨hydrochloroquine¨ comme un produit ¨toxique¨ alors que ça fait plus de 70 ans qu’on s’en sert très efficacement contre le paludisme !
Et que dire le l’Artemisia Annua, plante médicinale connue et efficace elle aussi contre le paludisme ? La réponse : Les pharmaceutiques n’ont pas d’argent à faire avec ça. Aussi simple que ça.

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