Journal des temps inédits : Le monde d’avant

Ce dont je m’ennuie, et ce qui ne me manquera plus.

Photo : Daphné Caron

Le monde a basculé, et à certains égards, pour toujours. Après trois semaines et demie de confinement, nous commençons à réaliser que des choses que nous tenions pour acquises ne reviendront plus. Et à entrevoir ce que sera le nouveau monde, et surtout, ce que nous souhaiterions qu’il soit. C’est dimanche, et par bout, je m’ennuie de morceaux de mon ancienne vie, celle d’il y a à peine un mois. Ces prochains jours, je parlerai de ce dont pourrait être faite la suite des choses. Mais là, nostalgie assumée.

Ce dont je m’ennuie de la vie d’avant

Mes proches, ma famille et mes amis.

Aller gâter ma mère à sa résidence.

Parler de choses niaiseuses avec mes amis et collègues ; le small talk et les potins.

Toucher, me laisser toucher.

L’imprévu, les décisions de dernière minute, les coups de tête.

Les projets de vacances.

M’habiller chic pour sortir.

Sacrer après la circulation chaotique du boulevard Saint-Laurent.

Les restos, les bars à vin.

L’explosion fulgurante du printemps à Montréal.

La vitesse, les choses qui vont rapidement et nettemen

Les analyses d’après-match de Ron Fournier.

Aller au Canadian Tire.

L’insouciance, la légèreté, le flirt.

Mon fleuriste.

Ma coiffeuse.

Ce qui ne me manquera pas une minute de l’ancien monde

La course à la direction du PQ et du PLQ.

Les trolls et les jambons sur les réseaux sociaux.

Le magasinage dans les grandes surfaces.

Les embrassades et le taponnage exagérés.

L’aveuglement volontaire face à la précarité, le mal-logement.

Les tricheurs, les crosseurs, les menteurs.

Ceux qui vivent en dessous d’une roche et qui se foutent de leur prochain.

Tenir pour acquis les travailleurs des services, des camionneurs aux caissières.

La mondialisation heureuse.

Le cynisme.

Le narcissisme des cliques médiatiques.

Les réunions interminables dont la moitié pourraient être virtuelles.

Les militants teigneux de gauche comme de droite et leur discours passif agressif.

Les influenceurs, ambassadeurs du vide.

L’obsession de la perfection.

Et vous ?

Quelle est votre liste ?

Les commentaires sont fermés.

Bonjours mme Bazzo pourquoi sortir de chez vous et aller à la pharmacie?? Toutes les pharmacies offres le service de livraison? Restons à la maison!

Depuis quelques semaines je vis le rêve de ce que sera la mobilité électrique sans émission pour tous, sans bruit. De revoir des horizons bleus remplis d’énergies propres qui progressent lentement mais sûrement (IRENA.ORG).

Ce qui ne me manquera pas une minute …
les horizons bruns, la pollution du transport, le bruit du transport la poussière, les embouteillages remplis de tuyaux d’échappement qui pourrissent l’air qu’on respire
en espérant que les torchères fassent partie de l’ancien monde le plus tôt possible.

Que le prix du kWh devienne la référence dans l’économie pour diminuer la mortalité prématurée causée par la pollution du fossile (selon Environnement Canada 14600 morts / année et 100G$ de pertes économiques, selon Greenpeace 21000 morts / année et 50G$ de perte économique)
Comment ce fait-il que ces morts ne fassent pas la nouvelle à TVA ou RC?

Si après la crise du virus la vie reprend la vie comme c’était avant sans dé-mondialiser notre économie et bien on aura rien compris et la prochaine crise va nous péter en pleine face et encore pire.

Un déversement d’énergie solaire ça s’appel une belle journée.

Monsieur Grant
Votre dernière phrase est sublime !!!!

Un déversement d’énergie solaire ça s’appel
une belle journée. WoW !

C’est drôle mais comme je vis en « campagne », notre tranquillité les fins de semaine en prend pour son rhume ! Les gens ont besoin de nature et on dirait que la pandémie a rendu cela beaucoup plus évident. Par chez nous, c’était bien tranquille avant alors que maintenant on voit du monde partout et beaucoup de voitures qui circulent sur des routes rurales autrefois désertes.

Avec l’interruption de la frénésie urbaine, les gens de la ville ont peut-être trouvé la sérénité à la campagne et ont trouvé que ce « ralentissement » n’était pas, après tout, si pire. Peut-être aussi que ça ouvre une perspective sur un monde nouveau où la nature reprendrait un peu sa place au lieu d’être quelque chose à vaincre et à domestiquer.

De tous les sujets qui ne vous manqueront pas, j’y adhère. Quant aux trois derniers, voici ce que j’en dis:
¨Les militants teigneux de gauche comme de droite et leur discours passif agressif.¨ J’aimerais bien moi aussi m’en foutre, mais si on les laisse faire, nous allons encore bifurquer vers les extrémismes minoritaires. On en a déjà assez de ça; j’espère que la majorité reprendra droit de cité à l’avenir.

¨Les influenceurs, ambassadeurs du vide. ¨ Effectivement, il y a trop de parasites trop bien payés qui passent d’un ¨party¨ à l’autre sous prétexte de représenter les intérêts des peuples dans la misère. Basta.

¨L’obsession de la perfection.¨ Ça, ça vient avec l’âge, quand on a enfin réussi à la dépasser et qu’on réalise qu’elle n’était absolument pas nécessaire.
Bonne journée à vous.

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