Jusqu’où aller pour sauver un fœtus ?

Le débat qui fait rage actuellement en Irlande : débrancher ou pas une femme déclarée cliniquement morte, mais qui porte en elle un fœtus de 17 semaines.

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Photo : Getty Images

Une femme dans la vingtaine est déclarée cliniquement morte. Son cerveau ne fonctionnera plus. Près du lit d’hôpital, une machine fait battre son cœur.
Fouineur

On la débranche ? Pas si simple. Dans son ventre, un fœtus de 17 semaines.

Le débat sur l’avortement bat son plein en ce moment en Irlande, un pays à très forte tradition catholique. La discussion est relancée par ce cas tragique, qui soulève d’importantes questions d’éthique.

La femme, dont l’identité ne peut être dévoilée en raison d’une ordonnance de la Cour, a subi il y a une quinzaine de jours de sévères lésions internes à la suite d’un caillot de sang. Depuis, elle est en état de mort cérébrale et nourrie à l’aide de tubes.

Sa famille souhaite qu’elle soit débranchée. Mais les tribunaux pourraient s’y opposer sous peu.

En effet, depuis 1983, la Constitution irlandaise reconnaît au fœtus les mêmes droits qu’à la mère. En d’autres termes, elle interdit l’avortement.

Même si l’Union européenne (UE) recommande aux États membres de rendre la pratique légale, elle ne peut les y contraindre. Au sein de l’UE, seuls Malte et l’Irlande interdisent l’interruption volontaire d’une grossesse, peu importe que celle-ci soit le résultat d’un viol.

Cela dit, en Irlande, ce n’est plus tout à fait vrai. Depuis juillet 2013, le pays a ouvert une toute petite brèche dans sa législation : un avortement est légal si la poursuite de la grossesse représente un «risque réel et substantiel» pour la vie de la mère — un danger qui doit être certifié par un ensemble de médecins. En août 2013, un premier avortement était légalement pratiqué dans le pays.

Sauf qu’en août dernier, un cas est venu montrer les limites de cette loi, lorsqu’une jeune femme suicidaire — qui est tombée enceinte à la suite d’un viol — a été forcée d’accoucher contre son gré.

Parce qu’elle refusait de manger et de boire, un comité d’experts avait d’abord jugé qu’elle pouvait légalement se faire avorter. Mais la justice en a décidé autrement, et l’hôpital a dû se rétracter. La jeune femme a donc été réhydratée et alimentée artificiellement, avant de subir une césarienne.

Le cas de la femme en état de mort cérébrale est ainsi le deuxième du genre, en seulement quelques mois, à soulever la polémique au pays. Les tensions sont vives au sein même du parti au pouvoir, Fine Gael. Si le ministre de la Santé, Leo Varadkar, appelle à revoir une Constitution «trop restrictive», le premier ministre, Enda Kenny, s’y oppose.

L’Irlande s’est déjà obstinée, par le passé, à maintenir artificiellement en vie des femmes enceintes afin de sauver leur fœtus. Néanmoins, l’opération n’est pas sans risque. Selon The Associated Press, lors des deux derniers cas connus, en 2001 et 2003, le fœtus est mort dans l’utérus après quelques jours.

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Je ne comprend pas trop pourquoi on ne laisserais pas la femme en vie le temps quel accouche en sachant quel ne peu ressentir la souffrance ( est inconsciente) ( sa mort apporte en même temps la vie pourquoi priver la vie de 2 personne quand on peu en sauver 1 ( pour l’instant c’est juste un phoetus mis il finira par devenir un bébé si on laisse les chose comme elle sont….) je comprend que la famille veut faire son deuils que c’est leur droit que c’est pas facile etc mais faut regarder les choses dans leur ensemble non?

…et pendant ce temps-là, nos vertueux(es) féministes-gauchistes qui sont en faveur de l’avortement…

Le droit à l’avortement doit être une affaire de femme pas une affaire d’état ! Parce que pour le gouvernement c’est juste une histoire de démographie qui montre que le pays va bien s’il y a plus de naissances (A d’autres ! Surtout lorsque l’économie nationale, que dis-je ?, mondiale périclite à vue d’oeil). En France, l’avortement a été reconnu légal et heureusement ! Il faudrait surtout arrêter de faire du catholicisme intégriste !

Pour le cas de la jeune femme qu’on a obligée à accoucher contre son gré, qui se soucie du droit de l’enfant à ne pas venir au monde en tant que résultat d’un viol? Non désiré par sa mère et encore moins par un père violeur!!!! Il sera envoyé dans un orphelinat, balloté d’une famille à l’autre, toujours à la recherche de ses origines et en quête d’amour. Belle société qui croit faire le bien! Quand à la jeune femme en état de mort clinique elle est donc effectivement dans l’incapacité de mener sa grossesse à terme. Cet enfant s’il naît grâce à une machine ne sera pas l’enfant de quelqu’un mais le résultat de quelque chose …. Comment peut-on souhaiter qu’il vive cela!? On est a deux cheveux de la dérive éthique je trouve.