La Crise d’Octobre en livres, en films et en chansons

Les événements de la Crise d’Octobre ont marqué les artistes et les créateurs du Québec. Voici une liste de quelques-unes des oeuvres que l’on doit à cette période turbulente de notre histoire.

Cinéma

Bingo, de Jean-Claude Lord (1974)

Un étudiant se laisse entraîner avec sa copine dans un groupe clandestin qui pose des bombes et enlève des hommes d’affaires proche du pouvoir. Or, l’organisation est menée par un parti politique à qui profite la crise et la discréditation des indépendantistes.


Les ordres, de Michel Brault (1974)

Les arrestations massives d’octobre 1970 telles que vécues par cinq personnages fictifs arrêtés malgré leur innocence.


Octobre, de Pierre Falardeau (1994)

Basé sur le livre Pour en finir avec octobre, de Francis Simard, le film présente la crise telle que vécue par les quatre felquistes qui ont enlevé Pierre Laporte. La plus grande partie se déroule à huis clos, alors que les protagonistes eux-mêmes suivent les développements dans les médias.

Nô, de Robert Lepage (1998)

L’histoire de s’articule autour de deux événements qui ont marqué l’année 1970 : l’exposition universelle d’Osaka, au Japon, et la crise d’octobre, au Québec. D’un côté, le Japon s’ouvre au monde, de l’autre, le Québec se referme sur lui-même.

Rabid, de David Cronenberg (1977)

Ce film du réalisateur canadien a été tourné à Québec et à Montréal. Son histoire n’a pas de lien direct avec la crise d’octobre, mais les images de soldats armés dans les rues et l’idée d’un pays en état de siège ont été inspirées directement par les événements de 1970. Cronenberg était à Paris lorsque la Loi sur les mesures de guerre a été promulguée. « C’était incroyablement choquant. Quand j’ai lu la nouvelle, j’ai eu l’impression de lire à propos d’un pays d’Amérique latine ou d’Asie. »

Les événements d’octobre 1970, de Robin Spry (documentaire, 1974)

Un tour d’horizon complet et exhaustif des événements de 1970.

La liberté en colère, de Jean-Daniel Lafond (documentaire, 1994)

Le cinéaste pose sa caméra sur quatre des plus importants ex-felquistes : Pierre Vallières, Charles Gagnon, Francis Simard et Robert Comeau.

Poésie

« Le camarade », de Gaston Miron, tiré du recueil L’homme rapaillé

Extrait :

Tu allais Jean Corbo au rendez-vous de ton geste
Tandis qu’un vent souterrain tonnait et cognait
Pour des années à venir
Dans les entonnoirs de l’espérance

Jean Corbo était un jeune felquiste d’à peine 16 ans qui est mort en allant poser une bombe dans une usine de Dominion Textile.

« Le salut d’entre les jours », de Gaston Miron, tiré du recueil L’homme rapaillé

Extrait :

Votre pas dans les parages encore incertains
De ces jours de notre histoire où vous alliez
Touchant le fond âpre, l’étendue panique
Et l’abandon des nôtres par qui nous savons

Le poème est dédié aux felquistes Pierre Vallières et Charles Gagnon.

« Libertés surveillées », de Gérald Godin (1975), tiré du recueil éponyme

Extrait :

Quand on fait trébucher la Justice
Dans les maisons pas chauffées
À cinq heures du matin
Quand la raison d’État se met en marche
À cinq heures du matin

Chansons

L’alouette en colère, Félix Leclerc (1973)

Extrait :

J’ai un fils révolté
Un fils humilié
J’ai un fils qui demain
Sera un assassin

Alors moi j’ai eu peur
Et j’ai crié à l’aide
Au secours, quelqu’un
Le gros voisin d’en face
Est accouru armé
Grossier, étranger
Pour abattre mon fils
Une bonne fois pour toutes
Et lui casser les reins
Et le dos et la tête
Et le bec, et les ailes
Alouette, ah !

Depuis l’automne, Harmonium (1975)

Extrait :

Une chanson pour ici
Pour nous dire qu’on a refroidi
Une chanson en souvenir
Du temps qu’on voulait détruire
Un accord qui nous donne
Ce qu’on attend de l’automne
Quand y’a pus rien à personne
(…)
On voulait chanter dans la rue
Pour être moins perdus
Pis c’est la rue qu’on a perdue

F.L.Q., Karma Atchykah (2010)

Plus récemment, le rappeur Karma Atchykah a décidé de donner un nouveau sens aux lettres F.L.Q. : « frais, libre, québécois ».

Livres

Il y a bien sûr des livres documentaires sur la crise d’octobre et le FLQ, notamment FLQ – Histoire d’un mouvement clandestin, de Louis Fournier. Mais pour en savoir plus sur le Front de libération du Québec, pourquoi ne pas lire les écrits des felquistes eux-mêmes ?

  • Nègres blancs d’Amérique, de Pierre Vallière, aux Éditions Parti Pris, 1968.
  • L’urgence de choisir, de Pierre Vallière, aux Éditions Parti Pris, 1972.
  • L’exécution de Pierre Laporte, de Pierre Vallière, aux Éditions Québec Amérique, 1977.
  • Ce n’était qu’un début ou La petite histoire des premiers pas du FLQ, de Gabriel Hudon, aux Éditions Parti Pris, 1977.
  • Rupture de ban. Paroles d’exil et d’amour, de Jacques Lanctôt, VLB éditeur, 1979.
  • Une sorcière comme les autres, de Louise Lanctôt, aux Éditions Québec Amérique, 1981.
  • Pour en finir avec Octobre, de Francis Simard, aux Éditions Stanké, 1982.
  • Personne ne voudra savoir ton nom, de François Schirm, aux Éditions Quinze, 1982.
  • Les héritiers de Papineau. Itinéraire politique d’un « nègre blanc », de Pierre Vallière, aux Éditions Québec Amérique, 1986.