La facture sera salée

D’ici l’été 2011, la facture d’épicerie des Québécois pourrait grimper de près de 10 %. Car les récoltes désastreuses de blé en Russie et au Canada — deuxième et troisième exportateurs mondiaux — privent la planète de 25 millions de tonnes de cette céréale, soit 20 % du marché.

La facture sera salée
Photo : iStock

Des pluies diluviennes dans les Prairies en juin ont rendu un tiers des champs incultivable. Et à la suite de la sécheresse qui a sévi cet été en Russie, Moscou a interdit l’exportation de son blé.

Les prix du pain et des pâtes ne seront pas les seuls à gonfler, explique Sylvain Charlebois, spécialiste des politiques alimentaires à l’Université de Guelph, en Ontario.

Les cours du blé ont bondi de plus de 60 % depuis juin. Quelles autres denrées seront touchées ?

– Le blé dont on se sert pour nour­rir le bétail étant trop cher, il faut lui trouver des substituts. La demande des autres céréales va donc augmenter, leurs prix éga­lement. Du coup, le prix de la viande finira par monter lui aussi.

Des émeutes meurtrières ont éclaté en septembre au Mozambique en réaction à la hausse du prix du blé. Assiste-t-on à une répétition de la crise alimentaire de 2008 ?

– Je ne crois pas. Cette année-là, une autre crise, celle du pétrole, avait aggravé la situation. Cela dit, nous entrons dans une période de transition. Dans les pro­chaines décennies, la croissance des prix va s’accélérer.

Qu’est-ce qui explique ce phénomène ?

– Un milliard d’êtres humains se joindront bien­tôt à la classe moyenne. Ils voudront manger de la viande. Or, pour produire un kilo de bœuf, il faut 16 kilos de grain ! Il sera difficile de répondre à la demande, d’autant plus que le réchauffement climatique risque de provoquer de plus en plus de désastres agricoles.