La fierté usurpée

Je refuse que ma fierté d’être Québécoise soit obligée de s’enraciner dans la méfiance des autres.

Photo : L'actualité

Je refuse que la fierté d’être québécois soit usurpée. Je refuse que ce privilège ne revienne qu’à un seul groupe. Et je refuse surtout que ce groupe se sente obligé, pour s’enorgueillir, de flirter avec le racisme ou d’appartenir carrément à l’extrême droite. Le nationalisme est trop souvent récupéré de la sorte. Je me souviens que, voyant les Français heureux d’une victoire à la Coupe du monde il y a quelques années, je m’étais fait la réflexion que ça faisait du bien de voir plein de drapeaux français pour autre chose qu’une manifestation du Front national.

Brassens vous dirait qu’il n’y a que les imbéciles heureux qui sont nés quelque part, soit, ce n’est pas tout à fait faux. C’est un curieux combat que de défendre le fruit du hasard. Je ne suis pas dupe, je sais que je suis justement née dans un village gaulois qu’il faut défendre, qu’on doit ériger certains remparts autour de cette goutte bleue, condamnée, si on ne la protège pas, à disparaître, à se diluer, à perdre sa couleur. Mais pas à n’importe quel prix.

Ce qu’il y a d’odieux dans le refus de reconnaître que le racisme, les préjugés, les privilèges s’installent en système qui désavantage certains humains, c’est que ça ne coûte absolument rien au pouvoir en place de le faire, alors que cette reconnaissance, cette prise de conscience est primordiale pour certaines communautés. Je ne comprends même pas que la question se pose. Et surtout, je refuse le postulat d’une espèce de pensée binaire qui nous forcerait à choisir entre la fierté d’être québécois, de nos racines, de notre langue et l’accueil de l’autre. Comme si admettre que le racisme systémique existe voulait forcément dire qu’on est contre la Saint-Jean, les Québécois blancs et la loi 101, qu’on veut que la culture d’ici soit assimilée, que le fédéralisme l’emporte et qu’on « pitche » la poutine aux égouts.

Non mais ça va pas ? Depuis quand est-ce qu’on est à ce point obligé de choisir un camp ? Depuis quand est-ce qu’on doit accepter, cocarde bien épinglée sur le cœur, de cracher par terre et dire « vous êtes avec ou contre nous » ? Ouache. Moi, je ne veux pas vivre dans ce Québec. Et je suis sûre que vous non plus. Dimanche dernier, je me suis fâchée en écoutant les mots de Mathieu Bock-Côté à Tout le monde en parle. Non pas juste parce que j’avais l’impression de me faire attaquer par des abeilles, mais parce que je refuse que l’amour du Québec et la fierté d’être québécois soient désormais une obligation d’adhérer à cette forme de pensée. Je trouve ça malhonnête. Malhonnête que soudain notre seule option soit de nous renfermer sur nous-mêmes. De nous hisser sur des talonnettes et d’être fiers d’être nés quelque part.

Je trouve ça douteux. Je me suis fait insulter sur les médias sociaux à la suite de mes commentaires. J’accepte, et je sais que c’est parce que le discours de cet homme en rassure quelques-uns. Je sais que la peur règne dans les rangs depuis que de nouvelles voix s’élèvent. Depuis que le porte-voix circule plus qu’avant et que certaines minorités peuvent désormais prendre la parole. Ça vient nous chercher dans nos fantômes de colonisés. Pourquoi est-ce qu’on ferait de la place à la culture des autres alors que notre propre culture est plus ou moins assurée ? Ça fait peur d’être remplacé. D’être en quelque sorte chassé de chez soi, de ce qu’on connaît.

En 1995, je sais que mon père immigré a voté « Oui ». J’ai été élevée au sein de longues conversations sur le Québec, sur l’histoire de notre village, et éduquée pour être bien consciente des injustices de ses rangs. Mais jamais, dans le rêve d’un pays, je n’ai senti d’amertume. Jamais je n’ai senti que ce rêve d’une nation était pour écraser l’autre. Pour simplement gagner. Être le plus fort. On peut vouloir se construire pour soi sans forcément être contre l’autre. Renforcer le français parce qu’il mérite d’être beau et en santé sans forcément faire de gigantesques doigts d’honneur aux Anglais.

On peut reconnaître le racisme systémique et la souffrance des minorités tout en voulant protéger sa propre langue et sa culture. Je refuse que ma fierté d’être québécoise soit obligée de s’enraciner dans la méfiance des autres. Même si cette méfiance est cachée dans de longues phrases. C’est un piège. On peut tout simplement faire mieux.

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«Depuis quand est-ce qu’on est à ce point obligé de choisir un camp ?»

Je sais pas. Faudrait demander à ceux qui foutent tout le monde dans un même panier histoire de leur tenir un procès – que dise-je – de rendre un jugement d’intention, comme vous venez de le faire.

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Je ne connais pas Mathieu Bock-Coté et pour moi, pour être dynamique et forte, la culture québécoise doit être inclusive, mais peut-on vraiment affirmer que la reconnaissance du racisme systémique ne coûterait rien au gouvernement en place et aux Québécois?

Merci pour votre billet. C’est rafraîchissant et ça fait tellement changement, comparé à ce nationalisme de droite qui représente un néoconservatisme qui prône des valeurs rétrogrades et de repli sur soi.

La fierté usurpée
Je suis déçue par votre billet de ce matin.
Voici la définition d’Antidote :
» Systémique : Intégré à la structure d’une société. Racisme systémique. »
Oui, des gens sont racistes. Au Québec comme ailleurs.
Mais le racisme, chez nous, N’EST PAS intégré à la STRUCTURE de la société québécoise.
Il demeure le fait de certains individus.
Oui, il faut lutter contre le racisme – même s’il N’EST PAS SYSTÉMIQUE.
Et pour protéger la langue française, encore faut-il la pratiquer et la comprendre correctement.

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vous confondez structurel et intentionnel. Un phénomène systémique peut être le premier sans le second. En revanche, le fait de dire que le racisme n’est pas structurel au Québec, c’est de refuser d’en prendre la mesure autrement qu’en passant par les motivations des individus, ce qui est d’emblée réducteur. En effet, considérant les personnes, une fois qu’on a dit qu’il y a des racistes qui méritent le mépris et des bonnes personnes comme vous et moi, on n’a rien dit qui permette pratiquement d’enrayer les dynamiques sous-jacentes. Tout au contraire, qu’elles soient justifiées ou pas, ces protestations de vertus ne font que les occulter.

La pensée binaire, c’est vous qui la créez ici, comme si aucune nuance n’était possible entre la reconnaissance de tout ce que veulent nous faire avaler les militants d’un extrémisme bien pensant (racisme systémique, privilèges blancs, fragilité blanche et autres concepts qui n’ont rien inventés) et un « nationalisme identitaire » replié sur lui-même et opposé à toute évolution culturelle. Or, de ces nuances, il en existe énormément et elles sont absolument primordiales. On peut très bien refuser des termes comme racisme systémique (lire l’article de M. Dutrizac à ce sujet dans Le Devoir de vendredi ou samedi) et reconnaître la souffrance des minorités et même probablement faire davantage pour l’atténuer que bien des faux culs bons pour la culpabilité et les belles paroles mais finalement peu enclins à modifier quoique ce soit qui puisse leur faire perdre réellement leurs « privilèges ».

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Je respecte votre opinion, mais je ne suis pas d’accord avec votre analyse. Je ne crois pas que nous soyons obligés de devenir plus méfiants envers les autres ethnies pour s’affirmer dans la culture québécoise, je suis d’accord avec les propos de Mathieu Bock-Côté. Il dégage un tableau plus réaliste de ce nous sommes.

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La liberté de parole de MBC semble en avoir déstabilisé plus d’un, dont vous. La liberté d’expression sert à tout le monde. Même ceux qui refusent de considérer qu’il existe du racisme systémique au Québec.
Cette réalité est importée de la réalité et de l’histoire américaine. Elle est intégrée dans leur culture.
Qui connaît l’histoire du Québec ne peut adhérer à cette idée. Un peuple déjà écrasé par les anglais, qui ne contrôlait pas son économie, qui ne détenait pas les moyens de productions, exclus de la politique et des postes de pouvoir, analphabètes , pauvres. Ce peuple aurait usé d’esclaves? Les esclaves étaient pour les anglais madame.

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Bravo pour votre prise de position inclusive, j’aime! :
« On peut reconnaître le racisme systémique et la souffrance des minorités tout en voulant protéger sa propre langue et sa culture. Je refuse que ma fierté d’être québécoise soit obligée de s’enraciner dans la méfiance des autres. Même si cette méfiance est cachée dans de longues phrases. C’est un piège. On peut tout simplement faire mieux. »

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Dans une récente chronique madame Stréliski s’enorgueillissait de faire partie d’une « gang »….

Quand vous faites partie de la gang, eh bien c’est très simple, vous adoptez les us et coutumes de la gang. Ainsi madame Stréliski va-t-elle à la messe de minuit, parce qu’elle appartient par ses unions et par ses alliances à une gang catholique (plus ou moins pratiquante).

Si elle faisait partie d’une gang de juifs ou d’une gang de musulmans ce serait autrement…. Plutôt que de parler du père Noël elle pourrait nous parler de la fête juive de Hanoukka (la fête des lumières) notamment qui prend place actuellement.

Si vous faites partie d’une « gang » de blacks, vous adoptez les us et coutumes de la gang et de la race. Si vous faites partie d’une « gang » de bridés, vous adoptez les usages qui prévalent dans la gang et vous risquez de devenir, « un mangeux ou une mangeuse » de sushi…. Un met d’ailleurs absolument excellent.

That’s the way it is, that’s the way it has always been, it’s the same for the “Quebekeurz”… too.

Madame Stréliski a choisi son camp. Ce n’était probablement pas une obligation. C’était son choix, son choix était légitime et nous le respectons. En contrepartie, elle devrait ou pourrait respecter le fait que d’autres fassent des choix différents des siens.

Quand un président des États-Unis (pas Trump….) mais George W. Bush dit : « You are in or you are out », cela apporte une réponse significative à la question que se pose Léa Strélinski : « Depuis quand est-ce qu’on doit accepter, cocarde bien épinglée sur le cœur, de cracher par terre et dire « vous êtes avec ou contre nous » ? »

Je pense que Léa Stréliski prend les choses un peu trop à cœur, c’est dans son tempérament et cela est généreux. Cependant en cette fin d’année je lui recommande de suivre les conseils du Mahatma Gandhi : « Si vous voulez faire la révolution, commencez d’abord par manger des yogourts »…. Car c’est d’abord ce que nous mangeons qui nous transforme et non les carcans idéologiques par lesquels nous passons.

Si vous adoptez une diète végétarienne, vous serez probablement moins sanguin et donc moins violent que si vous avez une alimentation carnée, viande rouge notamment et riche en mauvais gras. Et je pari que vous serez moins raciste en même temps. Tout est finalement très simple quand on regarde les choses plus attentivement.

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C’est un peu désolant de vous lire aujourd’hui… Je cherche en vain ce qu’il peut y avoir d’écrasant dans les propos de M. Bock-Côté. Mon conjoint, immigré de longue date, a souvent dit l’importance d’arriver dans un «  terreau » ( en l´occurrence dans son cas la fin des années 50) et non dans une soupe multiculturaliste. Ce besoin frénétique d’imposer le mot «  systémique » s’apparente à la même mouvance que celle de la censure des mots. Comme toutes les sociétés, le Québec a son lot de racistes. Il reste un immense travail à faire! Mais on a parfois l’impression qu’on ne nous reconnaît pas le droit de légiférer et que nous sommes le bouc émissaire de certaines minorités. La polarisation est malsaine. Vous nous avez habitués à des propos plus nuancés.

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Je n’avais pas visionnier l’entrevue de MBC en question dans votre commentaire. Je viens de le faire. Franchement je n’y voie que la voix de la raison. Pourtant, je ne suis pas d’extrême, ni membre de la meute. Je n’ai pourtant aucun problème avec le fait que mon opthalomogiste porte le hidjab et j’ai confiance en son professionalisme. Je suis d’accors avec MBC.

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Tout à fait d’accord avec vous
Les longues phrases alambiquées ne font que semer le doute
Un seul monde plus égalitaire et pleins de belles différences et attachements aux humanités

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Merci madame Strélisky,
Je rêve d’un pays qui est inclusif et je ne me reconnais pas dans le NOUS des identitaires et ce même si je suis né au Québec comme mes grands-parents, mes arrières grands-parents ainsi que leurs parents et grands-parents.

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Vous avez touché un nerf et, à lire les commentaires, je suis certain que vous vous y attendiez. C’est désolant de voir des gens bien éduqués ne pas comprendre ce que veut dire racisme systémique et d’avoir l’humilité de l’admettre. C’est d’autant plus désolant que les peuples les plus affectés sont les peuples autochtones. Vous écrivez « Ça fait peur d’être remplacé. D’être en quelque sorte chassé de chez soi, de ce qu’on connaît. » C’est justement ce que les Européens ont fait aux peuples qui étaient ici depuis des millénaires. Pensez-y un peu.

C’est triste de voir les Québécois faire des entourloupettes et de l’acrobatie de haut vol pour ignorer la situation inacceptable dans laquelle notre société a relégué les Premiers peuples, en volant littéralement leurs territoires pour nous enrichir sur leur dos tout en les parquant dans des réserves et en les dépouillant de tout, y compris en tentant de les dépouiller de leurs langues, leurs cultures et leurs identités. Triste est un euphémisme et heureusement que les Premiers peuples ont eu la résilience d’au moins survivre.

C’est déplorable de voir des politiciens québécois et bien des gens éduqués lancer la pierre au fédéral à cause de la loi sur les Indiens. Quelle tartufferie! On sait fort bien que les Canadiens-français se sont rangés du côté du colonisateur anglais et ont participé avec enthousiasme à cette œuvre de destruction des peuples autochtones non seulement dans des pensionnats francophones mais dans la vie de tous les jours, en marge de la société québécoise. C’est tellement évident quand on regarde les escarmouches à Restigouche ou à Oka… Non, le fédéral n’est pas le seul en cause, les Québécois aussi ont participé à ce génocide.

La moindre des choses aurait été de le reconnaître mais au contraire on en rajoute avec M, Legault comme cheerleader. Un peuple qui clame à cor et à cri son droit à l’autodétermination mais qui le nie aux Premiers peuples de ce continent démontre beaucoup de mépris e ‘une mauvaise foi sans bornes. Les droits ça ne se négocie pas. Peut-on prendre un peu de recul et faire ce que dois ?

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Le gouvernement Legault a signé une entente il n’y a pas longtemps avec les cris le 17 février 2020.
https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1525929/nation-cris-gouvernement-quebec-entente-paix-braves
C’est la 4ième entente signé entre le gouvernement du Québec et les cris sous divers gouvernement dont 1 péquiste.

On ne peut pas refaire l’histoire mais on peut discuter et tenter de réparer les tords. C’est mieux que n’importe quel discours moralisateur.

Un lecteur, M. Uparathi, a bien expliqué ce qu’est le ¨racisme systémique¨; c’est la conception de notre P.M. M.Legault et c’est également la mienne. Donc, cette partie est close pour moi.
Quant à M.B.Côté, peut-être ne l’avez-vous pas assez écouté en dehors de sa présence à TLMEP où le roi et son clown ont tenté de le coincer ou le ridiculiser, mais peine perdue. Ce n’est pas un MBC qui se laisse rouler dans la farine par de mauvais pâtissiers.
Mais pour aller plus loin dans votre recherche d’inclusion et d’acceptation de tout et de n’importe quoi, je vous suggère de regarder ceci :
https://www.youtube.com/watch?v=u54cAvqLRpA&t=1s
Vous comprendrez mieux où M.B.C. veut en venir avec toutes ces dérives toutes aussi loufoques les unes que les autres. Bientôt, tous les chauves et les édentés de cette terre feront des manifestations en bloquant des ponts et autoroutes ou feront fermer des hôpitaux sous prétexte qu’ils sont des minorités délaissées par le système.
Quand des fourmis charpentières auront grugé les fondations et murs de votre maison, peut-¸être serez-vous moins indulgente envers ces ¨species¨ qui auraient droit à l’égalité et aux mêmes avantages que les humains.
Je respecte la vie autour de moi dans la mesure où MA vie n’est pas mise en danger. J’ai, moi aussi, le droit d’exister sans avoir honte d’être ce que je suis.

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Euh… sauf erreur d’ma part… Uparathi n’est pas un lecteur, mais un lectrice, soit dit en passant.

C’est Dany Turcotte qui au final s’est ridiculisé en n’étant même pas capable de répondre à des questions simples que lui posait MBC. Lepage n’a pas été mieux lorsque MBC lui a demandé si la loi 21 était raciste et qu’il a répondu « C’est difficile à dire… »

Oui j’ai déjà visonnié cette vidéo à propos du collège Evergreen. C’est consternant. Les communiste Chinois pendant la révolution culturelle ont fait la même chose avec les intellectuels forcés à l’autocritique. Et ceux qui ne s’y pliait pas étaient envoyés dans les camps de rééducation par le travail. Plusieurs ont même étés assassinés par les brigades rouges.

Un seul professeur à Evergreen a eu le courage de s’opposer à ces méthodes et l’université la mis à la porte. Il a été en procès et a gagné.

@ Serge Drouginsky; merci d’éclairer ma lanterne, je n’ai lu nulle part que c’était une femme ou bien je n’ai pas lu assez attentivement pour le remarquer. Je vous fais donc confiance la dessus.

Bock-Coté le nouveau jesus-christ des lecteurs du journal de montréal , ils ont trouvé leur messie………… si ca peut les rassurer :))…… et quoi dire du couple
d’éboueurs a temp plein avec leur acharnement a coup de 20 articles la shot !!!! puuuuuu capable !!!!

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…¨ et quoi dire du couple d’éboueurs a temps plein¨…
De qui parles-tu par ce ¨couple d’éboueur¨, j’aimerais savoir, car je ne comprends pas ?

Moi qui ai 67 ans, je suis né dans un Québec où 99 % de la population était blanche. C’est sans doute pour cette raison que tant de gens de ma génération (mais aussi des plus jeunes, c’est vrai) s’habituent mal à un Québec beaucoup plus coloré. Il y a aussi la crainte diffuse qu’une fois le doigt dans l’engrenage de l’acceptation du terme «systémique», la loi 21 assurément, mais aussi la loi 101 sera bientôt jetée aux poubelles.

Il n’empêche que je ne comprends pas l’hostilité que déclenche Mathieu Bock-Côté chez la «nouvelle gauche». Pour paraphraser Mark Fortier, voilà plusieurs années que je lis Bock-Côté et je n’ai jamais remarqué quoi que ce soit de fasciste ou de raciste dans ses chroniques. Mais quand je lis des gens comme Émilie Nicolas,

https://www.sodep.qc.ca/wp-content/uploads/2020/03/PrixExcellence2020_Liberte_326_EmilieNicolas.pdf

j’avoue que sa prose m’inspire un sentiment semblable à celui qu’elle-même a ressenti en prenant connaissance du «Speak White» de Michèle Lalonde.

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Bravo à Mme Stréliski pour ce texte qui exprime clairement l’opinion d’une bonne majorité de gens issus « de la diversité ».

Pour ma part, je suis né ici à Montréal de parents immigrés. J’ai grandi au Québec. Passé ma vie au Québec. Maintenant au seuil de la cinquantaine, je vous confirme le malaise grandissant qui est ressenti par les minorités ethniques face à ce nouveau « nationalisme québécois » qui n’a rien à voir avec celui que défendait René Lévesque. Axé sur le repli identitaire, la xénophobie, le racisme et une haine à peine camouflés sous des argumentaires fallacieux et démagogiques, cette forme de nationalisme s’apparente beaucoup plus en effet aux idéologies que défendent les militants d’extrême droite.

Les faux nationalistes Québécois ne semblent toujours pas comprendre que la seule façon de susciter un sens patriotique (si pareille chose est encore possible dans un contexte de passions exacerbées) chez les nouveaux arrivants, puis chez leurs enfants nés ici, est d’adopter une attitude inclusive et respectueuse de leurs différences ethniques. J’insiste sur l’expression « différences ethniques », à ne pas confondre avec « différences culturelles ».

Non, tous les immigrés n’adhèrent pas à la vision multiculturaliste canadienne tant décriée par le Québec. Beaucoup, dont moi-même, considèrent primordial de s’intégrer au pays d’accueil, en adoptant langue d’expression, us et coutumes. Toutefois, lorsque l’on se sent rejeté, méprisé, moqué, diminué, exclu, de diverses manières par le peuple majoritaire, un réflexe humain prend le pas sur tout désir d’intégration: celui du communautarisme. Par ailleurs, à force d’être traité en citoyen de classe, l’on finit par se considérer plus comme observateur indifférent que participant actif aux causes et enjeux touchant les Québécois. Ainsi par exemple, alors que je suis francophone, la défense et la promotion de la langue française à Montréal m’indiffèrent au plus haut point. En ce qui me concerne, c’est une affaire de Québécois frustrés, cherchant à constamment à en découdre avec tout ce qui ne leur ressemble pas. Loi 21 ? Je m’en fiche, vous ne me trouverez pas pour la défendre à vos côtés. Quant à me joindre au mouvement indépendantiste, oubliez ça, vous n’obtiendrez jamais mon vote.

Comprenez bien que les chiffres jouent contre vous. Et les chiffres sont têtus. Vous ne vous reproduisez pas assez vite, ni en quantité suffisante. Vous êtes entourés par des anglais, que ce soit à l’Ouest ou au Sud. Quant à l’immigration, toutes vos complaintes ne changeront rien au fait que vous en ayez besoin pour survivre. D’ici 30 à 50 ans, vous deviendrez minoritaires. C’est juste une question de temps. Votre seul espoir est de lâcher les chroniqueurs d’extrême droite propagandistes, puis changer d’attitude envers les minorités en étant plus inclusifs.

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Vous écrivez: ¨Beaucoup, dont moi-même, considèrent primordial de s’intégrer au pays d’accueil, en adoptant langue d’expression, us et coutumes¨ … Si vous avez fait tout ça monsieur, je ne comprends pas que vous vous sentiez rejetés car, selon moi, c’est la normalité que les québécois demandent aux nouveaux arrivants, et qu’on vous accueillent à bras ouverts.
Pour le reste de votre discours, disons que je suis entièrement en discordance avec vos propos quand vous dites que la défense du français à Montréal est une affaire de ¨ Québécois frustrés¨. Par ça, vous dites donc que vous, vous ne seriez pas frustré si vous sentiez votre langue maternelle vous échapper ? Vous laisseriez faire en vous fermant les yeux? Vous vous en foutriez ?
Quant à la loi 21, vous vous en fichez également, et que donc, cela ne rencontre pas vos valeurs… soit.
Votre dernier paragraphe expose par contre une vérité; nous diminuons en nombre, nous ne nous reproduisons pas assez et pas assez vite… tout à fait d’accord avec vous.
Par contre, quand on vous lit avec attention, on décèle chez vous comme petit plaisir malsain à faire sentir notre disparition imminente qui devra être comblé par une immigration dont vous dites que nous avons besoin pour survivre. C’est plutôt contradictoire : on ne peut survivre si on ne se reproduit pas et qu’on est remplacé par des gens qui ne partagent pas les mêmes valeurs.
Je suis ¨nationaliste¨ (et non pas ¨nazi¨) monsieur, et de droite (et non d’extrême droite), et votre façon de catégoriser ceux qui ne pensent pas comme vous de ¨Axé sur le repli identitaire, la xénophobie, le racisme et une haine à peine camouflés sous des argumentaires fallacieux et démagogiques¨ relève aussi de la ¨démagogie¨ et de l’imaginaire enfantin.
Donc, en conclusion, à la lumière de vos arguments, je suis convaincu que vous n’êtes pas aussi ¨intégré¨ à nos us et coutumes que vous le prétendez. On n’applaudit pas à la disparition d’un peuple dont on se prétend partie prenante. Si vous voulez connaître des personnes qui ont épousé leur pays d’adoption, reférez vous donc à des Joseph Facal, des Maka Kotto, des Djemila Benhabib et bien d’autres. Ceux et celles là ont compris.

Connaissez-vous le proverbe: Qui se ressemble s’assemble. C’est dans la nature humaine. On favorise d’abord sa famille, ensuite ses amis et puis ceux qui nous ressemble le plus. Ce n’est pas du racisme, c’est du grégarisme. Une minorité quel qu’elle soit et peut importe où elle vit sera toujours défavorisée par rapport à la majorité. Une couleur de peau ce n’est pas important pour moi mais je suis sensible aux différences culturelles. Ces personnes qui sont si différentes de nous culturellement pourquoi sont-elles venuent s’intaller ici si elle ne se sente pas à l’aise d’adopter notre culture? Pourquoi ne demeurent-elles pas dans un pays qui a les même valeurs qu’elles?

@ C. D’Anjou,

Autant que je sache Djemila Benhabib vit en France, est ou était conjointe d’un Français de France et elle fréquente des intellectuels Français en France. Elle n’est pas musulmane puisqu’elle est née en Ukraine d’une maman Ukrainienne. Dans les pays de l’Est, les femmes ont un rôle prépondérant dans la famille. Ce sont donc ces valeurs prépondérantes de l’ex-URSS qui ont marqué l’enfance de madame Benhabib et non l’Islam comme s’imaginent nombre de Québécoises et de Québécois.

Elle pensait qu’elle pourrait faire une carrière politique au Québec… puisque les politiciens Français ne veulent pas d’elle… Mais, même au Québec, ça n’a pas marché… Comme modèle d’intégration… on repassera. Bref, vous rêvez en couleur. — Doux rêves !

Je suis un modèle d’intégration au Québec, mais avec le nom que je porte, personne ne m’a donné les outils qu’on donne usuellement aux Québécois et aux Québécoises français pour me faire un belle place dans la vie. Sur ce point les anglophones sont de bien meilleurs intégrateurs que les franco-québécois. Et les Américains plus encore. On m’avait offert un très bon emploi en Californie, je l’ai refusé, car… je voulais vivre en Amérique en français.

Un ami ingénieur, Québecois pure laine, très en faveur de la loi 101 et toutes les valeurs du Québec, qui ne trouvait plus d’emploi après la fermeture son usine, a retrouvé un emploi très bien rémunéré en Californie, devant cette offre qu’il ne pouvait pas refuser. Il est parti. Un peu plus de vingt ans après, aux dernières nouvelles, il est toujours dans la Silicon Valley.

Vous-même me semble-t-il vous avez travaillé plusieurs années en Ontario. Pourquoi, puisque vous aimez tellement nos valeurs ?

Alors expliquez-moi donc en quoi consiste une intégration réussie au Québec, quand nos meilleurs éléments quittent la province pour d’autres cieux plus payants ?

M. Serge Drouginsky;
Voyez-vous, monsieur Drouginsky, votre cheminement ressemble partiellement au mien. Avec un diplôme de technicien en main, je suis allé en Ontario rejoindre ma future qui y avait déménagé avec ses parents. Mariage. Et après 2 ans, ne trouvant pas de débouché, j’ai appliqué pour Hydro-Québec en Abitibi.Tout comme votre ami qui est parti pour la Silicon Valley. Le peu de temps que j’ai travaillé en Ontario, j’ai dû apprendre l’anglais, langue du travail et des services. Tu apprends l’anglais ou bien tu ramasses les poubelles, c’est un choix. Et comme vous dites d’une certaine manière, mon retour aux sources m’a fait prendre conscience de la précarité de nos valeurs et de notre nation. D’où le développement de mon attachement à ce peuple que sont les francophones du Québec.
Pour Mme Djemila Benhabib, vous avez raison, mais comme on la voyait sur bien des tribunes, je croyais qu’elle vivait ici au Québec. Mais elle n’est pas le seul exemple de personnes qui ont pris pays avec succès.
Vous même avez fait le choix de demeurer au Québec par amour de la langue, que vous maîtrisez parfaitement d’ailleurs. Mais dites moi; qui peut prétendre qu’on lui a donné tous les outils nécessaires pour se faire une belle place dans la vie ? Même ici au Québec, comme étudiant, j’ai travaillé sous contremaîtres anglais sur la ligne de chemin de fer à Sept-Iles, avant que la francisation ne devienne obligatoire dans ces compagnies anglaises. Était-ce normal selon vous ? C’était ça la Colonisation du peuple québécois !
Et pour répondre à votre dernière question sur une ¨intégration réussie¨, eh bien, ce n’est pas ce que je vois aujourd’hui. Quand je vois des personnes d’autres cultures mener combat contre des lois qui ont pour but l’égalité, l’équité, le vivre ensemble et la protection de la langue, sous le faux prétexte que leurs droits et libertés sont bafoués et qui veulent imposer LEUR vue de ce que devrait être notre société; c’est là que je dis que ces gens ne veulent tout simplement pas s’intégrer. S’ils ne veulent pas vivre à notre manière, ils ont un choix à faire. On ne peut pas demander aux nouveaux arrivants d’être des ¨pûre-laine¨ du jour au lendemain bien évidemment. Cela peut prendre deux ou trois générations.
Vous même vous êtes présenté comme juif (pratiquant ou non, je ne sais pas), êtes vous d’accord avec moi pour dire que la secte de juifs ¨Hassidim¨ de Boisbriand et ailleurs ne sont pas, et ne veulent pas s’intégrer ? Incapables de nous saluer quand on les croise dans la rue, ne parlent pas français (pour la très grande majorité) , ne se mêlent pas aux gens qui les entourent, et j’en passe. Ce n’est pas ce que j’appelle du ¨vouloir vivre ensemble¨ Ça, c’est vivre dans un ghetto.
Et du côté musulman, l’Islam ¨Radical¨ tente par tous les moyens de faire la même chose en commençant par voiler leurs femmes. Regardez en France avec ses territoires de ¨non droit¨ où la police n’ose même plus aller. C’était loin la France hier, mais aujourd’hui, c’est rendu la porte voisine.
Voila monsieur, vous m’avez posé des questions, j’y ai répondu franchement.
Bonne journée à vous.

@ Monsieur C. d’Anjou,

Merci pour votre longue réponse, que je saisis au vol, bien qu’elle arrive un peu tardivement.

Je ne conteste pas la réalité de votre vécu et ce que cela représente pour vous. Mais l’histoire humaine où qu’elle soit est faite de hauts et de bas et admettons-le, elle porte aussi son lot d’injustices. Il est sain pour les nations de combattre pour ses droits. Je ne saurais reprocher aux Québécois de se battre pour leurs valeurs et pour leurs droits. Je comprends que les personnes désirent que les gens qui vivent au Québec respectent ces valeurs et ces droits. Et en ce qui me concerne, je ne suis peut-être pas parfait, mais je fais tout ce que je peux pour être un modèle en la matière ici au Québec.

Là où je suis quelque peu en désaccord avec vous, c’est sur les questions juridiques. Il n’est pas anormal selon moi que des personnes censées, réclament des accommodements à la loi. Nombre des lois qui régissent la société canadienne et québécoise ont évolué au fil du temps. Le fait même de demander ces accommodements démontre une volonté d’intégration.

Je comprends que toutes les demandes ne sont pas admissibles, mais permettre à une enseignantes par exemple de pouvoir exercer son métier malgré le port d’un hidjab au travail, cela n’est pas à proprement parler inadmissible. Cela ne doit pas avoir pour effet de détruire nos valeurs communes.

En revanche, des personnes qui véhiculent des idéologies de haines et de toutes formes d’intolérances devraient effectivement reconsidérer leur participation dans toutes les sociétés évoluées.

C’est pourquoi, je crois que nous devons ou devrions adopter une attitude plus nuancée. C’est ce que recommandent tous arts poétiques soit dit en passant.

Bonnes fêtes de fin d’années dûment confinées.

— Ajout : Mon père était juif et il fut un survivant de l’holocauste. C’est peut-être cela qui m’a rendu particulièrement tolérant. Au retour de la guerre, il a rencontré ma mère qui a reçu une éducation catholique (mais n’était pas pratiquante) et sa mère était née protestante. Avec le nom que je porte, j’ai aussi des origines slaves par mon grand-père, austro-hongroises par ma grand-mère et normandes et celtes par mes deux autres grands-parents. Je suis donc un mélange culturel, comme nombre de Québécois.

Pour comprendre la réalité hassidique et leur bienfondé, il faut comprendre l’histoire du judaïsme qui contrairement à l’église catholique ou l’islam n’a pas à proprement parler de direction. Ce qui a permis la survivance de cette religion maintes fois remise en question, ce sont les rabbins (qui ne sont pas des religieux, mais des séculiers qui exercent une profession) qui disons-le clairement ont souvent pris une certaine liberté pour ce qui a trait à la déclinaison de la religion.

Ce qui est à l’origine de l’hassidisme, ce sont des rabbins allemands. Ce n’est probablement pas un hasard si cette branche s’est développée en premier dans ce pays considérant le cadre idéologique dominé par l’austérité protestante. Puis par la polarisation de la société au lendemain de la première guerre mondiale.

Dans les faits, la communauté de Boisbriand souhaite s’intégrer tout en conservant ses traditions religieuses. Vous ne m’en voudrez pas. Mais personnellement pour moi, il est impossible de m’opposer et de m’insurger contre cela. Ceux qui s’insurgent ne savent tout simplement pas.

Je ne commenterai pas les questions liées à l’intégrisme islamique en France. C’est un sujet qui requière plus qu’un forum dans L’actualité. Mais disons simplement que le pays où je suis né, récolte en grande partie ce qu’il a semé. Toujours plus diviser pour pouvoir mieux régner.

Cela dit, on parle toujours des endroits où ça ne marche pas, jamais assez des endroits où ça va plutôt bien.

Il est essentiel, madame Streliski, que les étrangers – Ben oui, ça reste des étrangers ! – ne nous imposent pas leur culture; c’est effronté. Je n’ai aucun problème avec l’immigration, en autant qu’elle soit bien consciente qu’elle est CHEZ-NOUS. Ici, on a des sapins deNoel, des créchés, des crucifix; on a congé à Noël , à Pâques et le 24 juin. On a des femmes médecin, des femmes qui se baignent avec les hommes et des femmes qui font passer des tests de conduite. Et, au Québec, on parle et on travaille en Français. Il est essentiel que tout le monde se conforme à ces réalités. Il est essentiel qu’on ne soit pas agressés par les buttas, les kippas et autres vestiges religieux d’une autre époque. Si tous les étrangers respectent le Québec et TOUTES ces realites, je n’ai aucun doute qu’ils trouveront un emploi et qu’ils seront acceptés. Je ne comprends réellement pas votre problème, madame.

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@ Francine Davis,

Considérant qu’il y a des juifs au Québec depuis 1760. Pourriez-vous nous dire combien cela prend de temps de résidence ici pour qu’un étranger cesse d’être un étranger ? Une réponse chiffrée de votre part, serait extraordinairement bienvenue.

Même Louis-Joseph Papineau, ce grand patriote, prenait la défense des juifs. Ne l’oublions pas. Pourquoi plus maintenant ? Qu’est-ce qui a changé ?

On est tous étrangers dans cette terre autochtone et ce n’est pas une européenne ou descendante d’européens qui va traiter les autres d’étrangers.
Votre comportement est autodestructeur.

Francine, on est dans une époque totalement folle où l’on va s’émerveiller de peuplades ayant su préserver leur identité mais où, en même temps, tout le système politico-médiatique vous sommera de renoncer à la vôtre et de vous laisser submerger par des immigrés qui, eux, ne renonceront jamais à la leur ! Tous les peuples européens payent très cher la collaboration de leurs dirigeants avec cette folie migratoire dont on ne pouvait évidemment ignorer les effets mortifères et le coût civilisationnel exorbitant…
Parmi les pays développés seul le Japon refuse avec grande sagesse l’immigration, on n’a pas réussi à lui faire prendre des vessies pour des lanternes avec des formules aussi stupides et invraisemblables que « la diversité nous enrichit ». Corollaire: c’est un pays propre, sûr, avec une criminalité et délinquance quasi inexistantes… Comme la France d’il y a quelques décennies.

@ Pascal D.,

Contrairement à ce que vous affirmez, le Japon est ouvert à l’immigration. Pourquoi ? Parce que ce pays fait face à une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs de l’économie, sa population (comme celle du Québec) est vieillissante et les taux de fécondité ne sont plus ce qu’ils étaient.

Il est vrai que le nombre de nouveaux émigrants reçus tourne autour de 70 000 par années, ce qui n’est pas beaucoup compte-tenu de la population, mais selon les analystes ce chiffre ne peut qu’augmenter pour répondre aux besoins de l’économie nippone.

À cela s’ajoute des réfugiés puisque le Japon prend sa part dans le concert des nations. Et il existe dans plusieurs domaines des migrants qui obtiennent des visas de travail. Il y a de plus en plus d’occidentaux qui vivent au Japon depuis des années et qui travaillent dans plusieurs divisions comme les jeux vidéo et l’animation (dessin animé).

En 1989, le nombre d’étrangers vivant au Japon était déjà conséquent puisqu’il était de 980 000 résidents. Selon les chiffres de 2018 cette population est désormais évaluée 2,64 millions.

Il est vrai que le Japon n’a jamais fait grand-chose pour assurer l’intégration de ces ressortissants. Mais depuis les choses ont changé. Ils veulent des gens restent pour de bon.

Il est vrai que le taux de criminalité au Japon est particulièrement bas. Cependant, il règne sur le crime un réseau très bien organisé et hiérarchisé : les Yakusas qui règlent leurs affaires à l’abri de la police et des caméras. Néanmoins le Japon fait face à une corruption grandissante. Et toutes sortes de fraudes y sont comme ici en croissance permanente.

Dans l’immigration où que ce soit au monde, il y a toujours des raisons. Si le « bois d’ébène » (ces populations réduites en esclaves de l’Afrique de l’Est) était encore en vogue au 19ième siècle, c’est parce que c’était des gens assez robustes pour pouvoir travailler des heures durant dans des champs de coton, des plantations de tabac ou dans les Caraïbes, les plantations de canne-à-sucre.

Qu’on le veuille ou pas, vient un temps où ces gens disposent de droits. Plaise à vous ou ne vous plaise pas.

Non, Serge D., le Japon n’est globalement pas ouvert à l’immigration. Et je connais personnellement le Japon.
Je constate par ailleurs que plutôt que de réagir à la première partie de mon intervention vous préférez risiblement évoquer les Yakuzas qui sont pourtant totalement hors sujet. Ils sont japonais, existent depuis des siècles, règlent leurs affaires entre eux et ce ne sont pas eux qui vont brûler la voiture du Japonais lambda, le massacrer dans la rue pour son cellulaire ou lui donner un coup de couteau pour un mauvais regard, toutes choses aujourd’hui très communes partout en Europe…
Quant à votre affirmation « vient un temps où ces gens disposent de droits », de quels droits parlez-vous ? De celui d’aller profiter de la civilisation d’autrui, puis de la miner, faute d’avoir su en construire une chez soi, c’est ça ?

Pascal D.

Merci pour votre réponse. J’aimerais d’abord profiter de ma réponse pour apporter des modestes corrections à mes premiers commentaires. J’ai écrit : «  (ces populations réduites en esclaves de l’Afrique de l’Est) », il s’agissait plutôt des populations de l’Afrique de l’Ouest.

J’ai écrit aussi : « À cela s’ajoute des réfugiés puisque le Japon prend sa part dans le concert des nations. » Après vérification, le Japon comme membre de l’ONU prend des réfugiés, mais à toutes fins pratiques un minimum, ce qui n’a aucune influence (ou presque) sur la structure de la population.

Que ma réponse ne vous satisfasse pas ne m’étonne pas. Mais veut ou veut pas, la population japonaise décroît inexorablement. Son fort potentiel industriel requière de la main-d’œuvre, c’est en plus un pays qui est parmi les plus endetté de la planète et les Japonais n’ont pas d’autre choix que d’avoir recours à l’immigration.

L’immigration japonaise, considérée dans la terminologie japonaise comme de la main-d’œuvre, des gens détenant un permis de travail, est à 80% asiatique : Chine et Corée du Sud principalement ; elle se mélangent au paysage, de telle sorte qu’on ne les voit pas.

Cette population migrante, représenterait jusqu’à 3,5% de la population, officiellement les étrangers qui travaillent au Japon sont évalués à un peu plus de 2% de la population, De tels chiffres sont très bas lorsque comparés à ceux du Canada. Mais il est erroné de dire que le Japon n’est pas ouvert à l’immigration. Le Japon est simplement en mutation et doit réviser ses politiques comme c’est le cas pour nombre de nations.

Le fait que vous ayez visité Japon, ne change rien au données statistiques et macro-économiques quelles que soient vos impressions.

J’ai principalement réagi à la première partie de votre « intervention » et lorsqu’on évoque comme vous faites le crime au Japon, on ne peut pas ignorer les Yakusas, je ne suis donc pas « totalement hors sujet », je suis justement en plein dedans. La Maffia et la ‘Ndrangheta existent depuis longtemps également. Ces organisations pour aussi anciennes qu’elles soient exercent dans la fraude, la corruption et toutes sortes de crimes en principe punissables par la loi.

Quand j’évoque la question des droits ; il faut se référer aux définitions juridiques du terme, il n’est pas inutile d’évoquer la définition du « droit naturel » et de relever les lignes philosophiques qui soutiennent le droit. Dans des États de droits, comme le Canada, la province du Québec ou les États-Unis, tout être humain dispose de droits identiques. Comme citoyen, vous ne pouvez pas faire abstraction de tout cela.

Puisque vous faites aussi référence à la sagesse, elle consiste regarder les choses en face et non telles qu’on voudrait qu’elles soient. Désolé de vous l’écrire, si ce n’est que votre conception de toute chose relève essentiellement de ce qui s’appelle l’immaturité.

Au plaisir.

Serge D., je répondais à Francine et dans cette réponse figurait à titre d’exemple le Japon. Que j’aurais très bien pu ne pas évoquer, d’ailleurs. Pourquoi alors nous submerger par des copier-coller concernant la situation du Japon, voire même de nous parler de l’esclavage alors que là n’est pas le sujet du tout ? Le sujet est le droit des peuples à défendre leur identité ! Leur identité et leurs traditions, toutes choses que combattent les déracinés et autres personnes mal dans leur peau…
Quant à la sagesse, elle ne consiste nullement à regarder les choses en face et non telles qu’on voudrait qu’elles fussent ! Ce que vous nommez sagesse, je le nomme, au choix, acceptation, défaite ou soumission.

@ Pascal D.,

J’avais bien compris que vos commentaires s’adressaient à Francine D., mais comme vos commentaires sont publics, il n’est pas contraire à la bien séance que je fasse valoir un point de vue. Vous avez choisi de prendre pour exemple le Japon, cet exemple n’était pas selon moi, le plus pertinent pour soutenir votre thèse. Voilà tout !

Il n’était pas indispensable en effet d’évoquer la question de l’esclavage. Mais c’est un cas bien particulier où vous avez des gens qui n’ont pas demandé à émigrer. Et la question que je me posais était de savoir si leurs descendants doivent bénéficier de droits identiques égaux à tous citoyens ou bien alors encore et toujours pas ?

Vous posez une question fondamentale qui est celle de l’identité. Cela est essentiel car elle détermine en grande partie ce que nous sommes. Comme immigrant, j’adhère aux valeurs du Québec, le Québec au fil du temps m’a transformé et j’estime que mon identité est québécoise.

Nonobstant dois-je pour autant renier mon passé, ma première identité, celle de ma naissance ? Je considère que par cette identité première, j’ai aussi apporté quelques choses au Québec et je me sentirais pleinement valorisé si cela était reconnu.

En m’assimilant implicitement à ces déracinés qui selon vous sont mal dans leur peau, vous démontrez que vous êtes farouchement enraciné dans le refus d’autrui. C’est dommage qu’il en soit ainsi. Lorsque ce que vous nommez n’est : ni défaite, ni acceptation, ni soumission. Par de tels propos vous démontrez que vous ne comprenez toujours guère en quoi le droit forme des équilibres viables et non des déchirements permanents.

Suivez donc plutôt ce qui est prescrit. Et après, nous en re-débattrons.

Je ne vous reproche pas de réagir à ma réponse à Francine mais de donner en permanence et à dessein, histoire de noyer le poisson, dans le hors-sujet. En ne répondant notamment pas sur les deux premiers tiers…
Vous récidivez d’ailleurs sur l’esclavage qui, à ce que je sache, est absolument un non-sujet dans le contexte du Québec.
Pour le reste, je ne suis en rien enraciné dans le refus d’autrui, je refuse en revanche que cet autrui – en ne s’intégrant pas – mette à mal mon identité et participe à ce terrible nivellement par le bas civilisationnel qui a cours en Occident. Je ne refuse donc pas qu’un Belge ou qu’un Helvète francophones viennent s’installer chez moi qui suis Français de France. Après tout, ce sont des Gaulois comme les autres ! Et je ne parle pas d’un Québécois que jamais je n’appelle « cousin » parce qu’il ne l’est pas, il est mon compatriote et évidemment légitimement chez lui en France.
Je note que vous estimez apporter quelque chose au Québec mais peut-être sont-ce les Québécois qui doivent se prononcer à votre sujet… Parce qu’en étant immigrationniste, votre apport ressemble plutôt à un coup de poignard dans le dos. Tuer le Québec en le faisant ressembler à l’Ontario, quel programme réjouissant !

@ Pascal D.,

Vos deux premiers tiers ne méritaient pas de réplique spécifique. Ils étaient sans intérêt. C’était ce qui s’appelle dans un bon « françâs » de la bouillie pour les chats. Ce qui va suivre apportera pourtant réponse à ces deux premiers tiers que vous affectionnez tout particulièrement tels deux volumineux étrons puants.

Le fait que vous fassiez l’emploi d’un néologisme : « immigrationniste » signifie que vous empruntez aux Français un terme apparié directement à l’extrême droite. En d’autres termes vous vous définissez comme homme et vous vous positionnez politiquement.

Vous vous dites Français de France (ce dont je me doutais), mais moi aussi cher compatriote je suis né en France. Alors quelle est la supériorité de vos doits au Québec versus les miens ? Étant issu par ma mère d’une très vieille famille de Bretagne, une partie de mes ancêtres issus de la « Royale » (une tradition familiale) ont été les fondateurs de cette terre d’Amérique. Quelle est donc votre préséance sur moi ?

Je pensais monsieur, que vous aviez un tant soit peu de cœur et d’intelligence. Je remarque que vos derniers propos sont un gros ramassis de clichés xénophobes, plutôt racistes et chauvins. Vous vous permettez des allusions à mon endroit qui sont à peine voilées en me décrivant ni plus ni moins tel un assassin qui frappe le Québec en toute lâcheté dans le dos. Vous nourrissez vos préjugés, c’est inacceptable, c’est diffamatoire, c’est infondé, cela est scandaleux, c’est intolérable.

En plus de vingt ans sur la toile, personne n’était allé plus loin que vous à mon égard au titre de l’abjection. Aucun Québécois pure laine ne s’est jamais permis d’aller si loin.

Vous pouvez croire sur moi tout ce que vous voulez. J’ai peur hélas que votre santé mentale ne soit quelque peu altérée. Bonne chance dans votre cheminement. Êtes-vous d’ailleurs comme Québécois (de France) bien intégré à notre société ? Ou est-ce la solitude qui vous étreint dans un froid glaçant par une nuit sans Lune ? Vous êtes selon moi un déshonneur pour tout le Québec. Voilà le fond de ma pensée. Ainsi je vous offre une « dose » de quoi continuer d’alimenter vos croyances assez malveillantes à l’égard de tous vos semblables, merci.

Ajout 1 : Certes nous sommes au Canada pas aux USA, mais sur le Grand sceau des États-Unis vous trouvez cette devise latine (les Québécois ne sont-ils pas des latins ?) : E pluribus unum. Ce qui signifie que la multitude ne forme jamais qu’un tout.

Ce qui veut dire que toute personne censée devrait observer ce qui nous uni avant de n’attacher de l’importance qu’à tout ce qui nous divise.

Dans cette chronique Léa Stréliski (qui est aussi Française, soit dit en passant) faisait référence à une chanson de ce chansonnier et poète Français qu’était Georges Brassens : les imbéciles heureux qui sont nés quelque part (https://www.youtube.com/watch?v=PT05hHJOBiA), cette belle chanson a été écrite spécialement pour vous. Elle vous est dédiée. Écoutez-là !

Ajout 2 : Le Canada ou Kanada (appelé à tort Nouvelle France) a aussi eu son lot d’esclaves. De plus, nous avons ici une assez importante communauté d’origine haïtienne, qui sont des descendants directs d’esclaves importés par les Français dans les Antilles pour trimer comme des bêtes dans les plantations de canne-à-sucre. À cela s’ajoute une communauté noire anglophones quant-à-elle originaires des Antilles britanniques. Devrions-nous en tant qu’étrangers Français du Québec, ignorer tous ces gens ? Ou bien tous les bafouer de quelque droit que ce soit ?

Comme Français de France, vous devriez avoir appris notre histoire et ne pas ignorer notre passé esclavagiste, notre juteux commerce négrier et ce que fut encore jusque dans les années 60 : l’Empire français. Comme ce qu’il en reste avec les magouilles de la Françafrique.

Vous cochez toutes les cases, notamment par l’emploi d’un vocabulaire tiré du bréviaire du parfait immigrationnisto-mondialiste destructeur des frontières et des identités, marotte de ceux qui n’en ont pas et jalousent l’identité des autres. Le plus symptomatique étant l’emploi des mots « extrême-droite », « xénophobe », « raciste », pour stigmatiser les gens qui ne pensent pas comme vous. Celui de « préjugé » également, alors qu’un préjugé est une vue de l’esprit, ça n’existe pas. On devrait plus justement parler de postjugés…

Et tout cela sans répondre pour autant le moins du monde à ce que j’écrivais à Francine…

Pour le reste, non seulement je n’ai rien à voir avec l’esclavage (et, encore une fois, c’est hors sujet) mais ce que je sais c’est que c’est mon peuple qui l’a aboli.

Et enfin, je précise aux mal-comprenants que lorsque je me disais Français de France, cela signifiait que je n’avais aucun lien avec le Québec, hormis celui d’y avoir des compatriotes qui y vivent. Je ne suis donc pas un « déshonneur pour le Québec », opprobre que vous n’êtes de toute façon pas légitime à jeter sur moi. Et puis, quand on a Brassens comme maître à penser…

Bravo Mme. Streliski.
Je suis d’accord que la seule façon de sauvegarder notre Québec est de promouvoir notre fierté de Québécois et non de nous isoler. Je pense que la meilleure façon d’inclure les autres est de bien les recevoir comme des êtres égaux et amicaux (ce que nous sommes en général).
Petit test de « systémique »: Envoyez des 4 cv pour des emplois intéressants et aussi au gouv. police,professeur etc. 1 avec un nom « pur » québécois,1 arabe,1 haïtien et1 asiatique, ayant les mêmes aptitudes. Le faire pour Montréal et en région. Je suis pas mal certain de la surprise des réponses et j’aimerais être moi-même surpris.

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Si vraiment, monsieur Duchatellier, les brimades racistes que vous avez subies au Québec sont plus nombreuses et plus graves que celles que vous auriez subies chez nos voisins canadiens et américains, j’en suis désolé et je comprends que vous souhaitiez notre «grand remplacement».

Là, je vous taquine un peu, mais c’est bel et bien ce que vous nous annoncez dans votre dernier paragraphe. Vous parlez comme Renaud Camus et l’extrême-droite ; la seule différence, c’est qu’alors qu’eux redoutent le «grand remplacement», vous, vous l’attendez avec impatience !

La démographie est un facteur très important, le plus important sans doute. Là-dessus, je ne vous contredirai pas. Nous, les «de souche», n’avons pas fait assez d’enfants depuis 1960 ? Mais c’est un phénomène courant dans les pays qui parviennent à une certaine aisance matérielle. Nos Anglos (blancs) n’en ont jamais fait plus que nous et pourtant, leur culture à eux n’est pas menacée. Je me demande bien pourquoi.

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Un article formidable. Il correspond à mes propres sentiments. Mais au-delà de cela un argumentaire bien bâti mais aussi sensible, humain. Bravo.

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WoW! voilà qui me rejoint complètement! Régine Robin a écrit un livre sur le nationalisme québécois au début des années 2000 « Nous Autres, les autres ». Dans ce livre, on peut y lire des passages sur la Commission Charbonneau alors que Bock Coté et son mentor Jacques Beauchemin s’activaient déjà à semer les graines du nationalisme réactionnaire identitaire.. Ces graines ont pu germer grâce aux membres de la Fondation Lionel Groulx.. commanditée par Québécor.. avec comme conséquence que le nationalisme inclusif de René Levesque a été complètement perverti. Le monde évolue, l’identité québécoise, aussi, enrichie d’emprunts dans la diversité humaine qui s’est accentuée avec la globalisation. Le spectacle de la St Jean Baptiste de cette année, décrié par les réactionnaires, était représentatif de la société québécoise en 2020.. Et c’était beau à voir! Les esprits se libèrent des dogmes éculés pour laisser libre cours au pouvoir de créativité multiplié par le contexte interculturel d’un monde résolument moderne. François Legault de l’école Groulx/Duplessis devra s’ajuster à la réalité interculturelle québécoise d’aujourd’hui .. le poids des jeunes fera pencher la balance quant au choix des gouvernements à venir.. Nous devons continuer à protéger la langue française et notre culture sans pour autant avoir à brimer les droits des minorités. Boucar Diouf, immigrant bien intégré, n’a pas pour autant renié ses origines africaines.. Quand Francine Pelletier du Devoir, une blanche francophone qui nous ressemble mais qui vient d’ailleurs, raconte qu’on lui fait encore sentir qu’elle n’est pas de souche, je ne me reconnais pas dans ce Québec-là!

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La seule chose qui a été critiqué lors de la fête nationale est l’absence de notre drapeau. Pas de drapeau du Québec à la fête du Québec, c’est bien le boutte du boutte.

Madame Strélisky,
Lorsque je regarde une femme, la seule et unique chose qui m’importe c’est la couleur de ses yeux. Maintenant Léa Strélisky, sachez une chose et je suis on ne peux plus sincère avec vous. La couleur autour (de ses yeux) m’importe peu. Pourquoi alors, vous et votre mouvement diversitaire et racialiste, voulor sans sans cesse que je détourne mes yeux vers sa peau, alors que je suis envoutée par cette femme et ce qu’elle a de plus beau ? Ses yeux ! Madame Strélisky ! Ses yeux bleus magnifique ! Alors votre discours est simpliste, idioit et raciste et j’en passe… Regardez-vous dans le mirroir avant de faire la morale à ceux qui ne penses pas comme vous ! Et savez-quoi ? Regardez-vous… dans les yeux ! lol !

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“Je refuse que la fierté d’être québécois soit usurpée…” Tout à fait d’accord . MBC est la caricature du nationaliste dont la pensée se traduit dans une mitraille de mots
Qui prônent le nombrilisme .

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