La fièvre du soccer

Le ballon rond marque des points au Québec. C’est même le sport qui compte le plus d’adeptes !

Crédit-photo: Hazouz Bezaz

Après avoir rêvé pendant des années de la résurrection des Nordiques, déménagés à Denver en 1995, les amateurs de sport de la ville de Québec se prendront-ils d’affection pour une équipe de… soccer ? À défaut de hockey de la Ligue nationale, ils peuvent applaudir, depuis le printemps, une des deux seules équipes québécoises de la W-League, un championnat féminin semi-professionnel de la United Soccer League, qui réunit une quarantaine d’équipes du Canada et des États-Unis. L’équipe de soccer Amiral SC, de Québec, jouera d’ailleurs son premier match à domicile, le 31 mai, contre les Comètes de Laval.

« Nous souhaitons aussi avoir une équipe masculine dans l’avenir », dit Maxime Barabé, directeur général de l’Amiral SC.

On est loin de l’époque où le soccer intéressait surtout les immigrants. C’est même désormais le sport qui compte le plus d’adeptes au Québec ! Quelque 200   000 personnes sont inscrites dans un club membre de la Fédération de soccer du Québec. C’est deux fois plus qu’au hockey.

En février dernier, l’Impact de Montréal attirait plus de 55 000 amateurs au Stade olympique pour les quarts de finale de la CONCACAF, qui regroupe les meilleurs clubs d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes. « Plus d’une centaine de représentants des médias canadiens et quelques-uns des États-Unis et du Mexique assuraient la couverture de cette rencontre », témoigne Patrick Vallée, directeur des communications de l’Impact.

Pour Bruno Bédard, président de l’Association régionale de soccer Lanaudière, entraîneur des Nomades de La Plaine (et père d’une joueuse, comme 80   % des entraîneurs du Québec), la popularité grandissante du soccer est attribuable à la facilité, pour les jeunes, de saisir rapidement le sens du jeu et d’en comprendre les règles. « C’est un sport d’équipe, ça bouge et il y a un aspect festif. De plus, c’est abordable », dit-il.

En 10 ans, près de 300 millions de dollars de fonds publics ont été investis dans la construction et l’aménagement de terrains intérieurs et extérieurs à surface synthétique. Sur les 2 200 terrains et 23   centres intérieurs que compte le Québec, près de 80 terrains sont dotés d’une telle surface, selon la Fédération de soccer du Québec. « Le niveau de jeu progresse lorsque des équipes de qualité peuvent rivaliser au plus haut niveau à longueur d’année », dit Éric Leroy, directeur technique de la Fédération.

L’Impact de Montréal n’est évidemment pas étranger à la popularité du soccer. Cette équipe permet aux jeunes garçons d’alimenter un rêve à leur portée, avec son club-école, l’Attak de Trois-Rivières. Pour les filles, il y a bien les équipes de Québec et de Laval, « mais c’est encore trop peu », dit Éric Leroy.

En moyenne, 250 000 téléspectateurs regardent la dizaine de matchs annuels présentés par Radio-Canada, diffuseur officiel de l’Impact. « Il faut continuer de travailler à la commercialisation du produit, car l’engouement pour le soccer ne s’est pas encore traduit par un public assidu, que ce soit à Radio-Canada ou sur d’autres chaînes de télé », dit François Messier, directeur des sports de la SRC.

Les Canadiens de Montréal s’intéres sent aussi au soccer. Le tout nouveau centre d’entraînement du club, à Brossard, compte un terrain intérieur, qu’utilisent les équipes de soccer de la Montérégie. De nombreuses ligues amateurs s’arrachent les quelques périodes libres. « Le soccer récréatif senior en est à ses balbutiements. C’est un marché qui ne fait que commencer », dit Nick Sisti, directeur de l’exploitation du soccer au Centre d’entraînement des Canadiens de Montréal.