La France a su tisser sa toile

La puissance des nations ne vient pas seulement de leurs armées ou de leur économie, mais aussi de leur influence au sein de la sphère géoculturelle, dans laquelle jouent la religion, l’idéologie et la langue.

Les Britanniques et les Français en furent convaincus très tôt, et les Français ont inauguré leurs premiers efforts de « diplomatie culturelle » dès 1860, pour en devenir les champions mondiaux toutes catégories. L’initiative est venue de particuliers, souvent d’anciens diplomates, qui avaient à coeur d’accroître le rayonnement de la France, surtout par sa langue. Ce fut le début de l’Alliance française, un réseau de sociétés de droit local qui visent, en particulier, à susciter l’apprentissage du français la plus grande en Amérique du Nord est à Toronto. Il y a maintenant 1 074 Alliances françaises dans le monde, dont 13 au Canada et 130 aux États-Unis, plus de 500 lycées et collèges français hors de France, et deux douzaines d’agences diverses visant à augmenter le nombre d’étudiants étrangers dans les universités françaises, à distribuer le livre et le cinéma français ou à entretenir de grands chantiers de fouilles archéologiques. En tout, l’État français y consacre un milliard d’euros par an de loin la somme la plus importante dans le monde en la matière.

En comparaison, le Québec fait piètre figure. « Nous n’avons pas de stratégie culturelle pour les États-Unis, alors que les Français y travaillent avec cohérence depuis plus de 60 ans », explique Ginette Chénard, déléguée du Québec à Atlanta, de qui relève la Louisiane, entre autres. « Il n’y a pas que New York : Boston, Chicago, Houston, Los Angeles, San Francisco sont des villes de culture où il y a beaucoup de francophiles. » À qui le Québec ne parle presque pas.

 

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