La grande illusion

Un climat capricieux, une concurrence planétaire, de grandes chaînes exigeantes, une réglémentation lourde et inflexible : entre le petit producteur québécois et notre assiette, la route n’est pas seulement semée d’embûches, elle est parfois impraticable ! Lisez notre grand dossier dans le magazine présentement en kiosque.

La scène était parfaite. Il y avait du bleu partout ! Marie-Claude Bacon, directrice du Service des affaires corporatives de la chaîne Metro, m’avait donné rendez-vous dans un Metro Plus de Mont­réal pour me parler du programme « Servons le Québec ». Cette campagne promotionnelle de la chaîne vise à stimuler l’achat de produits québécois. Les étiquettes bleues désignant les aliments du Québec étonnaient par leur nombre. Mais en y regardant de plus près, on notait que quelque chose clochait. Huile d’olive importée d’Italie ? Produit du Québec. Chocolat de France  ? Produit du Québec. Vinaigre balsamique importé d’Espagne ? Céréales Kellogg’s, Quaker, General Mills ? Tous des produits québécois, selon Metro. Avec un calme olympien, Marie-Claude Bacon avoue du bout des lèvres : « Il y a quelques erreurs. Je ne com­prends pas ce qui s’est passé. On va corriger tout ça. »

J’y suis retourné trois semaines plus tard. Rien n’avait changé ! Les Mini-Wheats, de Kellogg’s, fabriqués en Ontario, étaient toujours présentés comme un produit québécois. Visiblement, la campagne de promotion de Metro connaît des ratés.
Cet étiquetage tous azimuts révèle une tendance lourde dans le secteur de la distribution alimentaire au Québec : la volonté de mettre en valeur les produits québécois dans les rayons des supermarchés. Quitte à commettre certaines erreurs…

Depuis quelques années, Sobeys-IGA, Loblaws-Provigo et Metro rivalisent d’imagination pour attirer l’attention des consommateurs sur les aliments cultivés, élevés ou préparés au Québec. Les slogans sont à l’avenant : « Servons le Québec », dit Metro ; « C’est bon, c’est de chez nous », affirme Loblaws ; « On pousse les produits d’ici », lance IGA. Les consom­mateurs sont donc mieux informés. Mais ont-ils pour autant plus de produits québécois à mettre dans leur chariot d’épicerie ? Rien n’est moins certain.

Six ans après une première enquête de L’actualité sur le sujet, un constat s’impose : l’offre de produits du Québec n’a pas évolué. Environ 50 % des aliments qui trouvent place sur les étagères, dans les frigos et les congélateurs de nos épiceries sont d’origine québécoise, estiment les porte-paroles des trois grandes chaînes. C’est ni plus ni moins qu’en 2004.

La suite dans le magazine…

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