La GRC blâmée

Les agents impliqués dans l’interrogatoire de la mère de Colten Boushie avaient fait preuve d’une « insensibilité qui équivaut à un traitement discriminatoire », selon un nouveau rapport.

Kayle Neis / La Presse Canadienne

Colten Boushie, membre de la Première Nation Red Pheasant, en Saskatchewan, est mort par balle à l’âge de 22 ans, en août 2016. Des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) se sont alors présentés chez sa mère, Debbie Baptiste, pour lui en faire l’annonce. Restant de marbre devant sa réaction émotive, ils lui ont fait subir un interrogatoire, lui demandant si elle avait bu de l’alcool et doutant de sa parole quand elle a affirmé qu’elle attendait son fils pour le repas du soir. Ils sont ensuite allés au salon funéraire sans y avoir été invités.

Près de six ans plus tard, en mars 2021, la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC a statué que les agents impliqués avaient fait preuve d’une « insensibilité qui équivaut à un traitement discriminatoire ». Ce comportement est « symptomatique de la discrimination raciale systémique que manifeste la GRC à l’égard des Premières Nations », a commenté l’Assemblée des chefs du Manitoba dans un communiqué. L’Assemblée qualifie par ailleurs de « troublant » le fait que la Commission a relevé, dans le travail d’enquête, des lacunes ayant mené à la destruction de preuves. Le suspect dans cette affaire de meurtre, Gerald Stanley, a été acquitté en 2018. « L’injustice et le racisme dans nos tribunaux, la discrimination, tout cela doit s’arrêter. Je refuse que mes petits-enfants vivent dans la peur de la GRC et d’un système de justice qui n’existe pas pour les Autochtones », a déclaré Debbie Baptiste après la publication du rapport.

Laisser un commentaire