La laïcité à toutes les sauces

Que diraient les Québécois si la loi les obligeait à payer de l’impôt à leurs Églises ? Et si l’État versait des salaires aux représentants des différents cultes ? Ou encore si l’enseignement religieux était obligatoire à l’école ? Voilà pourtant des situations qui existent dans des démocraties occidentales qui se proclament laïques.

Peut-on trouver dans le monde l’État laïque modèle auquel on pourrait se référer ? Pas vraiment. La laïcité, c’est comme la cuisine : chaque pays a la sienne.

Le débat sur la laïcité a été ramené à l’avant-plan par des questions brûlantes, comme celles des accommodements raisonnables et de l’enseignement de la religion dans les écoles. Au Québec, ce débat remonte aux années de la Révo­lution tranquille : un mouvement laïque militant a été créé dès 1961, un second mouvement a pris le relais en 1976 et est toujours actif.

C’est au nom de la laïcité que la commission Bouchard-Taylor a recommandé qu’on enlève le crucifix de l’Assemblée nationale et qu’on ne récite pas de prière avant les séances des conseils municipaux. Depuis septembre 2008, au nom de la laïcité toujours, les cours de morale et de religion dans les écoles publiques québécoises ont été remplacés par un cours d’éthique et de culture religieuse.

À première vue, la laïcité paraît simple à définir sur le plan politique : elle consiste à séparer l’État de la religion. L’État doit être neutre, il ne doit professer ni favoriser aucune religion en particulier et il doit garantir aux citoyens le libre exercice des cultes. Les grandes démocraties occidentales adhèrent toutes à ce principe. Pourtant, lorsqu’on regarde de près comment la laïcité s’incarne dans certaines d’entre elles, on découvre des situations étonnantes. Périple dans les méandres de la laïcité à géométrie variable.

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