La milliardaire au cœur féministe

L’organisation caritative la plus puissante de la planète s’attaque à un ambitieux chantier: éliminer les inégalités entre les sexes. Dans une entrevue exclusive, la coprésidente de la fondation Bill et Melinda Gates s’explique.

Melinda Gates chez une famille d'un village du nord de l'Inde. La planification familiale est au coeur de son programme. (Photo: Prashant Panjiar/Bill & Melinda Gates Foundation)
Melinda Gates chez une famille d’un village du nord de l’Inde. La planification familiale est au coeur de son programme. (Photo: Bill & Melinda Gates Foundation)

Quand Melinda Gates décide qu’un enjeu de société ou de santé publique mérite plus d’attention, le reste de la planète prête l’oreille. Cofondatrice et coprésidente avec son mari, le multimilliardaire Bill Gates, de la fondation privée la plus riche de l’histoire, elle a l’écoute des chefs d’État, et plus d’argent à dépenser chaque année que l’Unicef ou l’Organisation mondiale de la santé. Le magazine Forbes la considère comme la quatrième femme la plus puissante du monde, après Angela Merkel, Hillary Clinton et Janet Yellen, présidente de la banque centrale américaine.

Cette influence, Melinda Gates a décidé de la mettre au service des droits des femmes. Celles-ci doivent devenir les pierres angulaires du développement international, affirme l’informaticienne de formation. Car ce sont elles, les véritables moteurs du changement. «Quand on permet aux femmes et aux filles d’atteindre leur plein potentiel, on déclenche la plus immense force de progrès économique et social qui soit, au bénéfice de tous», a-t-elle dit lors d’un récent discours à Copenhague.


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C’est tout un virage pour cette fondation technophile, créée en 2000, connue pour son obsession du nombre précis de vies qu’elle peut sauver avec chaque vaccin, semence ou dollar distribué dans les pays pauvres. Or, trop de programmes ratent leur cible parce qu’on ne tient pas compte de leurs répercussions sur les femmes et les filles, dit la philanthrope de 52 ans. Un souci de l’égalité entre les sexes guidera désormais le travail de l’ensemble de la fondation.

L’organisation vient de débloquer 80 millions de dollars américains sur trois ans pour améliorer la collecte de données sur la situation des femmes et des filles dans le monde. L’an dernier, 24 millions ont aussi été accordés à une vingtaine de projets-pilotes, pour trouver des moyens innovateurs de favoriser l’émancipation des femmes vulnérables.

Melinda Gates m’a parlé de cette nouvelle philosophie avec vivacité et conviction lors d’une entrevue exclusive, réalisée au siège social de la fondation, à Seattle. Des fenêtres de son bureau élégamment décoré de photos de famille et d’orchidées, au sixième étage du complexe, on a vue sur une sculpture aérienne, sorte de filet géant conçu pour évoquer l’idée que le travail d’un seul des 1 300 employés de la fondation peut toucher un million de vies humaines.

Melinda Gates exergue 1Qu’est-ce qui vous a convaincue de faire des femmes et des filles les piliers de votre action?

Elles sont le noyau de la famille. Ce sont elles qui décident de ce que les enfants mangent, qui les amènent se faire vacciner, qui sont responsables de tout ce qui touche leur santé. Si on ne renforce pas leur pouvoir à elles, si on ne leur donne pas les moyens d’améliorer le sort des leurs, on ne fera pas les progrès qu’on souhaite. Mais si on place les femmes au cœur du développement, on peut changer les choses pour leurs familles, et les effets se répercutent dans l’ensemble de l’économie.

Ce ne sont pas seulement les femmes qui s’émancipent…

Non, c’est toute la collectivité. Auparavant, dans le milieu du développement, on avait des cibles à atteindre, on faisait nos investissements et on présumait que les femmes en profiteraient. Dans notre propre stratégie agricole, si on parvenait à distribuer une nouvelle variété de semences résistantes à la sécheresse, par exemple, on supposait que les agricultrices y auraient accès. Mais c’était une erreur, parce que les femmes ne sont pas en contact avec les fournisseurs, qui ne parlent qu’aux hommes. Alors il faut concevoir nos programmes de manière à nous assurer que ces semences se retrouvent dans leurs mains à elles, sinon les revenus [générés par de meilleures récoltes] aboutissent dans les poches de leurs maris.

Et on risque d’exacerber l’écart économique entre les sexes.

On peut créer des effets pervers. Et les hommes n’investissent pas leur argent de la même façon. Les femmes ont tendance à investir une plus grande part de leurs revenus dans le bien-être de leurs familles — jusqu’à 10 fois plus.

Melinda Gates. (Photo: Michael Prince/The Forbes Collection)
Melinda Gates. (Photo: Michael Prince/The Forbes Collection)

Comment la fondation s’y prend-elle pour mettre en œuvre ce nouvel engagement?

L’idée n’est pas que tout le monde dans l’organisation doit maintenant cocher une case «femmes et filles». Nous posons plutôt la question: dans le cadre de votre stratégie, si vous investissiez pour les femmes et les filles, obtiendriez-vous des résultats différents? Sauriez-vous même comment vous y prendre? Avez-vous des données adéquates? L’organisation est en train de faire cette démarche. Là où ça aura du sens de consacrer plus de ressources aux femmes et aux filles, nous le ferons.

L’accès à la contraception est l’une des priorités de la fondation depuis 2012, mais vous n’avez pas toujours été à l’aise d’en parler publiquement, en tant que catholique pratiquante. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?

J’ai beaucoup voyagé depuis 16 ans — dans les bidonvilles du Bangladesh, les townships d’Afrique du Sud, en Inde, etc. Et quand j’allais parler aux gens dans les villages, si je restais assez longtemps, les femmes finissaient par amener la conversation sur la planification familiale. Elles me disaient: «Nous ne pouvons pas continuer à avoir autant d’enfants que nous en avons.»

Et je me suis rendu compte qu’on ne répondait pas à leurs besoins. Les femmes vous diront: «Oui, je peux obtenir des condoms à la clinique, mais je ne peux pas négocier ça avec mon mari. Pas dans le contexte du VIH/sida. Il croira que je l’ai, ou bien que je l’accuse de l’avoir.»

J’entendais cet appel des femmes et je me disais: si je crois vraiment que toutes les vies ont la même valeur, si j’utilise moi-même la contraception et que je conseille à mon fils et à mes deux filles de faire pareil, comment est-ce que je peux laisser tomber les 225 millions de femmes qui n’y ont pas accès?

Nous avons encore beaucoup de chemin à faire, mais 2,6 milliards de dollars ont été recueillis [en 2012, lors d’un sommet mondial à Londres] pour financer la planification familiale. Jamais autant d’argent n’avait été amassé pour un enjeu féminin.

Comment composez-vous avec le fait que la contraception soit encore controversée pour certains groupes politiques ou religieux aux États-Unis?

J’essaie de trouver des terrains d’entente. Avec l’Église catholique, par exemple, nous partageons la même mission de justice sociale. [NDLR: Catholic Relief Services, une agence de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, a reçu d’importantes subventions de la fondation dans des secteurs comme l’agriculture, le microcrédit et les secours d’urgence.] La contraception fait consensus aux États-Unis; 94 % des femmes catholiques dans ce pays y ont recours. Mais avec le temps, on l’a amalgamée avec l’avortement. Alors je cherche à faire la distinction entre les deux, à rappeler aux gens ce qui nous unit.

Melinda Gates exergue 2La fondation a déclaré, en 2014, qu’elle ne finançait pas les services d’avortement. Vous aviez alors écrit un texte où vous disiez être déchirée par cette question et avoir choisi de ne pas vous prononcer publiquement. Pourquoi pas? Les avortements à risques sont l’une des causes principales de mortalité maternelle dans les pays en voie de développement.

Quand je pense aux 225 millions de femmes qui ont besoin de contraceptifs, et aux 52 millions de grossesses non planifiées qu’on pourrait éviter en comblant ce besoin, sur quoi pouvons-nous agir le mieux, avec notre voix, nos dollars, nos partenaires? Sur l’accès à la contraception. Je préfère m’attaquer au problème en amont.

Qu’est-ce qui vous empêche de travailler sur les deux fronts?

Je ne crois pas que la fondation aurait autant de poids, parce que nous ne pourrions pas forger un consensus. L’avortement est devenu un enjeu hautement politisé. Dans bien des pays, les gens ne s’entendent même pas sur ce que devraient être leurs lois. Il y a 225 millions de femmes qui ont besoin de contraceptifs: bouclons ce dossier-là. C’est à ça que je veux employer ma voix et mon argent.

Vous tenez à faire participer les hommes et les garçons à la lutte contre les inégalités entre les sexes. Mais cela implique forcément de remettre leur pouvoir en question. Comment vous y prenez-vous?

On cherche des ouvertures. Dans un village du Malawi que j’ai visité l’été dernier, les hommes avaient l’habitude de manger seuls, en premier, puis leurs épouses et leurs enfants se contentaient des restes. Une ONG avec qui nous travaillons, CARE, avait réuni les hommes et les femmes pour en discuter: ce que ça voudrait dire pour eux de s’asseoir ensemble à table, tout ce que les hommes pourraient enseigner à leurs familles à cette occasion. Et lorsque le mari se mettait à manger avec les siens, la femme pouvait répartir la nourriture autrement. Lui ne se rendait même pas compte qu’il avait plus à manger que les autres et qu’un de ses plus jeunes n’était pas bien nourri. Tout changement social ou culturel doit se faire avec l’accord des principaux concernés, pas en imposant notre point de vue d’étrangers.

Visite d'une culture d'arachides à Dimi, au Malawi. La fondation Gates s'assure que les femmes ont accès aux semences qu'elle distribue. (Photo: Bill & Melinda Gates Foundation)
Visite d’une culture d’arachides à Dimi, au Malawi. La fondation Gates s’assure que les femmes ont accès aux semences qu’elle distribue. (Photo: Bill & Melinda Gates Foundation)

Par sa fortune et son omniprésence, la fondation Gates a le pouvoir de dicter les priorités de la communauté internationale en matière d’aide à la santé…

C’est faux. On peut les influencer, certainement. Mais allez-y.

Certains critiques affirment que la fondation déforme les priorités des organisations humanitaires, des scientifiques, des gouvernements locaux, d’une manière qui sert ses propres intérêts et ceux de ses partenaires privés, notamment dans l’industrie pharmaceutique. Que répondez-vous à cela?

Prenez les objectifs de développement durable: ce n’est pas nous qui les avons fixés, ce sont les pays membres des Nations unies. [NDLR: L’ONU a adopté l’an dernier une série de cibles à atteindre pour améliorer le sort de l’humanité d’ici 2030 dans 17 domaines, dont la santé, la pauvreté, les changements climatiques et l’égalité des sexes.] Ça nous sert de plan directeur pour décider dans quoi investir.

C’est vrai que nous avons de vastes ressources pour une fondation privée. Mais chacun de ces objectifs exige d’énormes ressources des administrations publiques! Alors nous nous efforçons d’investir intelligemment: comment pouvons-nous offrir un nouveau vaccin contre le rotavirus, par exemple, l’une des principales causes de mortalité infantile dans le monde, tout en nous arrangeant pour en réduire les coûts? Avant de nous présenter avec nos partenaires devant un gouvernement pour lui demander d’investir avec nous, nous tâchons de faire baisser les coûts autant que possible. Nous visons à produire les plus importantes retombées avec les dollars dont nous disposons.


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Vous donnez deux fois plus d’argent en subventions chaque année (plus de quatre milliards de dollars) que le budget annuel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aux yeux des sceptiques, la fondation est devenue une deuxième OMS, mais non démocratique, non transparente, et non redevable à quiconque à part ses trois administrateurs: vous-même, Bill Gates et Warren Buffet.

Nous rendons publiques toutes nos subventions sur notre site Internet. Et quand nous avons des occasions d’apprendre de nos erreurs, nous les publions aussi. Nous avons fait d’énormes efforts sur ce plan ces dernières années. Bien sûr, nous aurions sans doute pu être plus transparents dès le départ. Mais nous avons été à l’écoute des critiques.

Melinda Gates encadréVous avez passé la première partie de votre carrière, de 1987 à 1996, comme gestionnaire à Microsoft, dans un domaine majoritairement masculin. De quelle façon le sexisme s’est-il manifesté dans votre vie?

Pendant mon bac en informatique à l’Université Duke, dans la première moitié des années 1980, j’ai eu des professeurs qui traitaient les femmes différemment des hommes. Je m’y suis habituée. À Microsoft, il a fallu que je joue des coudes et que je m’assure de me faire entendre, mais c’était un milieu incroyablement méritocratique. À l’extérieur de l’entreprise, cependant, j’ai senti le sexisme de l’industrie. Quand j’arrivais quelque part pour faire une présentation, tout le monde tenait pour acquis que le gars qui m’accompagnait avait de la crédibilité, et pas moi. J’ai appris à traverser ces barrières.

Et dans les premières années de la fondation, quand Bill a quitté Microsoft pour venir y travailler, c’en était drôle: tout le monde présumait que c’était lui le chef, alors que c’est moi qui avais été la plus présente jusqu’à ce moment-là. Il a fallu faire très attention à la manière dont nous nous présentions en tant que couple.

Vous avez déjà dit que les femmes changent les normes sociales d’une organisation quand elles accèdent à des postes de leadership. En quoi utilisez-vous votre pouvoir pour changer les normes à la fondation?

Pour être précise, je crois qu’il faut suffisamment de femmes; les choses ne changent pas avec une seule femme au sommet. Les présidents de nos quatre divisions, tous des hommes, sont de fantastiques alliés. Ce sont eux qui réfléchissent à des moyens de rendre justice aux minorités et aux femmes. Si on a un poste scientifique à pourvoir, par exemple, on va naturellement recevoir 30 excellents CV d’hommes, mais on ne fermera pas le processus d’embauche tant qu’on n’aura pas reçu de bonnes candidatures féminines. Et ça, c’est leur initiative, pas la mienne.

Mais je dois admettre que si je n’avais pas été là, notre engagement envers les femmes et les filles ne se serait sans doute pas concrétisé aussi vite. Bill me soutient absolument, il y croit, mais on pose tout de même un regard différent sur les choses en tant qu’homme et femme.

La fondation Gates offre depuis l’an dernier un congé parental payé d’un an à ses employés, aussi bien les pères que les mères, une mesure exceptionnelle dans un pays où rien de ce genre n’est prévu par la loi. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette politique?

Chaque fois que je rentrais de voyage, je n’en revenais pas de voir à quel point les femmes avaient peu de pouvoir dans les pays que j’avais visités. Puis, je me suis renvoyé la question: aux États-Unis, où en sommes-nous? Qu’est-ce qu’il faut changer? C’est là qu’on a décidé qu’il fallait mettre en pratique ce qu’on prêche, en adoptant une excellente politique familiale. Et j’étais ravie qu’un de mes collaborateurs masculins soit parmi les premiers à s’en prévaloir. Je veux que les hommes d’ici mon­trent par l’exemple que c’est plus qu’acceptable de prendre un congé parental.

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Alors que nous nous trouvons en plein Forum mondial de l’économie sociale à Montréal, il convient d’énoncer que la Fondation Bill & Melinda Gates est probablement actuellement une des plus importantes entreprise d’économie sociale au monde avec Ikea. N’est-il pas quelque chose d’assez singulier de relever, bien ce cela s’inscrive dans une certaine tradition nord-américaine, que ce qui est la base de ces initiatives sociales et philanthropiques, c’est la réussite financière de plusieurs entreprises à vocation commerciale ?

Alors qu’on entend améliorer de plusieurs façons le sort des plus pauvres et des plus défavorisé, ce qui en soi est plutôt vertueux, il faut constater que ces puissantes et riches organisations dont le but est « non lucratif », qu’elles fondent un certain nombre de leurs programmes sur des produits et des services offerts par des compagnies à but lucratif.

Ainsi, lorsqu’on lit : « (…) si on parvenait à distribuer une nouvelle variété de semences résistantes à la sécheresse, par exemple, on supposait que les agricultrices y auraient accès (…) »

On ne peut bien sûr que se réjouir que ces semences soient désormais offertes directement aux agricultrices et non plus comme avant aux seuls époux. Sauf que… Qui produit justement ces semences génétiquement modifiées ?

Dans une entrevue accordée à McLean’s en mars 2015, Bill Gates, le mari de Melinda, apporte une réponse sur sa conception de la philanthropie par une question : « Can you take your loyalty and your values and go further than yourself and your family, or even beyond your region and your country? »

Ce que nous dit Bill Gates, c’est dans un bon français que : « Charité bien ordonnée commence d’abord par soi-même »…

Alors le but, pour revenir aux semences génétiquement modifiées, ce n’est pas de favoriser l’accès à l’eau pour tous, ce qui permettrait des politiques d’exploitations agricoles alternatives fondées sur l’irrigation écologique. Le but est plutôt de mettre en œuvre les conditions du « clientélisme » avec les grandes multinationales (de préférence américaines) pour promouvoir une forme d’agriculture qui tourne — au nom du progrès — résolument le dos aux méthodes culturales ancestrales qui ont fait leurs preuves lorsqu’elles sont mises en œuvre dans de bonnes conditions.

Une autre petite phrase m’interpelle dans cette entrevue : « L’organisation est en train de faire cette démarche. Là où ça aura du sens de consacrer plus de ressources aux femmes et aux filles, nous le ferons. » — Que signifie ici le mot « sens » ? « Sense » ou « meaningful » ?

On peut lire directement, ce que veut dire cette politique théoriquement plus féministe sur le site de la Fondation à la page intitulée : « How we work », http://www.gatesfoundation.org/How-We-Work

Voici un extrait : « Then we consider whether we can make a meaningful difference with our influence and our investments, whether it is a grant or a contract. » Traduction libre : Puis nous considérons si nous pouvons faire une différence significative (qui ait du sens) grâce à notre influence et nos investissements, peu importe que ce soit un octroi (une subvention) ou un contrat.

Influence, investissements, subvention, contrat. — Il est où le féminisme dans tout ça ?

On pourra pour conclure sur ce sujet, mentionner qu’une des grandes initiatrices de ce changement de cap, n’est nulle autre que la docteure Sue Desmond-Hellmann qui s’est magnifiquement illustrées par son expérience universitaire dans son implication de partenariat avec Pfizer et Bayer, lorsqu’elle s’implique dans le Conseil d’administration de Facebook Inc. et depuis 2010 dans celui Procter & Gamble Company (cleanliness is next to godliness).

— Avec Melinda Gates et sa Fondation, je pense que le sort de toutes les femmes de cette planète se trouve désormais en de très bonnes mains. Tout le monde s’entendra d’ailleurs avec moi que lorsque la Terre sera administrée uniquement par une poignée de multinationales : hommes et femmes ne devraient que s’en trouver beaucoup mieux !

Quoi??? L’argent d’un gros capitaliste sale, sauvage et Américain en plus qui AIDE charitablement des organismes mondiaux???

Eh ben… Toute une déculottée pour les gauchistes nationalistes ça.

En plus, l’argent ne transite pas par les gouvernements socialistes qui en retiennent une bonne partie au passage pour rémunérer leurs fonfons mais va plutôt DIRECTEMENT aux gens dans le besoin.

Et ça marche en plus, contrairement aux fonds gérés par les socialistes…

Pas mal non?

C’est peut-être un peu tard, pour tempérer les toujours excellents commentaires de François1, j’aimerais cependant préciser qu’après recherche, il est à noter que la Fondation Bill & Melinda Gates aurait reçu depuis sa création quelques 28 milliards USD de subventions diverses en provenance de toutes sortes de paliers internationaux de gouvernements, ce qui inclus bien sûr ces gouvernements : « socialos-gauchistes-nationaleux »…. ici décriées !

Ces chiffres contredisent quelque peu les propos de François1, dont voici une des puissantes citations : « En plus, l’argent ne transite pas par les gouvernements socialistes qui en retiennent une bonne partie au passage pour rémunérer leurs fonfons mais va plutôt DIRECTEMENT aux gens dans le besoin. »

Si nous considérons les conditions imposées au gens qui sont dans le besoin, par la Fondation Bill & Melinda Gates pour qu’il leur soit prodigué de l’aide. Il appert qui plus est que dans le meilleur des cas, les gens ne reçoivent des prestations que par des intermédiaires qui sont dûment accrédités. C’est pourquoi ce « DIRECTEMENT » en majuscules s’il-vous-plait… qu’il semblerait en cette occurrence, disons-le : un peu « superflu ».

La part des fonds publics destinée à l’aide transite quand même par ces gouvernements, peu importe qu’ils soient socialistes ou pas, lesquels sous-traitent ce genre d’activités en refilant du financement à toutes sortes d’organismes et de fondations qui jouissent qui plus est d’avantages fiscaux. Ces organisations disposent d’une bureaucratie et de cadres qui d’usage sont toujours plutôt bien rémunérés. Mieux que des employés de l’État.

Il existe un mot pour définir tout cela : le partenariat. Si ce n’est que pour cette manne supposée attribuée « directe » par Bill et Melinda Gates aux plus démunis, cela semble relever assez peu des faits et nettement beaucoup plus des formes divertissantes de la fantaisie.