France, laïcité et racisme

À la lumière du débat sur la Charte des valeurs québécoises et les nombreux parallèles qui sont dressés avec la France, certaines conclusions d’un rapport français sur le racisme s’avèrent particulièrement intéressantes.

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Mandaté notamment par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), l’Institut CSA réalise chaque année un sondage afin de dresser un panorama permettant de mieux lutter contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France. À la lumière du débat sur la Charte des valeurs québécoises et les nombreux parallèles qui sont dressés avec la France, certaines des conclusions s’avèrent particulièrement intéressantes.

Parmi l’échantillon de 1 029 personnes âgées d’au moins 18 ans et résidant en France, 91% estiment que «le port du voile intégral pose un problème pour vivre en société». Plus généralement, 68% ont dit avoir une opinion positive de la laïcité, 44 % de la religion catholique, 34% de la religion juive et 22% de la religion musulmane.

Malgré la mauvaise publicité dont semble jouir les musulmans, 72% des sondés affirment qu’il «faut permettre aux musulmans de France d’exercer leur religion dans de bonnes conditions». Toutefois, 94% affirment qu’il est «indispensable que les étrangers qui viennent vivre en France adoptent les habitudes de vie françaises». Tout de même, 76% pensent qu’«en France, tout le monde peut réussir quelle que soit sa couleur de peau».

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Le CNCDH perçoit «la confirmation d’une vision atomisée de la société française», les personnes interrogées trouvant qu’il existe des «groupes à part» au sein de la nation, notamment les Roms (pour 77% des gens), les musulmans (55%), les Asiatiques (38%), les juifs (26%), les Noirs (19%) et même les homosexuels (19%).

«Cette vision atomisée de la société s’explique notamment par le sentiment que l’intégration des personnes d’origine étrangère est en panne», note le rapport, graphique à l’appui (voir ci-dessous). Une mauvaise intégration qui est imputée aux étrangers eux-mêmes : 60% des sondés (-2 par rapport au précédent coup de sonde) affirment que les personnes d’origine étrangère ne se donnent pas les moyens de s’intégrer, contre 29% (+2) pensant que c’est la société qui ne fait pas un bon travail à cet égard.

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D’une manière générale, 69% des répondants ont dit penser qu’il y a «trop d’immigrés aujourd’hui en France». Selon le rapport, plus les enquêtés sont âgés, plus cette vision apparaît vraie. Il en va de même pour les répondants les moins diplômés.

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4 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Il vaut bien se tourner vers la France pour apprendre quelques chose de leur erreurs. Si on coupe les droit des gens d’exprimer leur fois, un crée déjà un obstacle à l’integration. Si on ne les intègre pas, ils ne peut contribuir a l’épanouissement de notre societé. Ils devient des marginaux.C’est ce qui se passe en France et le Québec est en train de faire le même erreur.

Je ne comprends pas votre commentaire M. Koolbloke…
Expliquez-moi en quoi le Québec empêche quiconque d’exprimer sa foi ?

Mon commentaire était dans le contexte de la « Charte des Valeurs Québécoises » qui ne permet pas l’usage de quelques symboles religieux dans les instituitions publiques (comme les écoles) en réproduisant la laicité française. Cela ne promeut que de la xénophobie, à mon avis.

La France n’a pas su intégrer ses immigrants, surtout ceux du Maghreb, qu’elle perçoit toujours comme les « indigènes » de ses colonies perdues (il y avait en Algérie deux catégories de citoyens « français », ceux de souche française et les autres, les indigènes, avec des droits différents). Avec la dérive actuelle dans l’interprétation de la Loi de 1905 sur la neutralité de l’État français, qui était d’abord libérale et inspirée entre autres des exemples anglo-saxons et mexicain, on s’aventure de plus en plus en France vers les interdits et le contrôle excessif des libertés d’expression et d’opinion. Ceux-ci visent avant tout les musulmans. La lecture de « La laïcité falsifiée » de Jean Baubérot, professeur à l’École pratique des hautes études (pas le dernier venu), est éloquente à cet égard. Si bien que la question de l’Islam est aujourd’hui devenue la source de toutes les fractures politiques en France, au grand bénéfice de l’extrême-droite, sous Marine Le Pen. Au Québec, dont la population ne compte que 3% de musulmans, dont 70% ne sont même pas pratiquants, l’inspiration laïque française d’une laïcité française pour consolider la clientèle du PQ soit-disant de gauche tient du fantasme ou du délire obsidional. Cette pente est dangereuse. On le constate d’ailleurs avec la course vers la droite du PQ, qui veut absolument gagner des voix adéquistes. UMP en France (François Coppé), Pauline Marois au Québec, même combat?