La nouvelle révolution sexuelle ?

Amis avec bénéfices ou partenaires romantiques ? Les jeunes tentent des modèles neufs… et réinventent le couple.

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Photo : Jim Craigmyle/Corbis

Magda Sabrina Arbour ne sait plus comment se définir. À 23 ans, après avoir fréquenté plusieurs garçons — dont un pendant plus de quatre ans —, elle en a eu assez du modèle « standard » du couple, hétérosexuel et monogame. « Hétéroflexible ? C’est peut-être ce qui me définit le mieux pour le moment », dit la jeune femme en glissant les doigts dans ses cheveux, qu’elle a récemment fait couper à la garçonne. « Depuis que je pose sur les femmes le même regard que sur les hommes, c’est fou à quel point ça m’arrive souvent de les trouver attirantes. C’est troublant ! »

Cette grande châtaine filiforme porte désormais des vêtements qui pourraient aussi bien sortir de la penderie d’un gars, à l’exception des boucles d’oreilles, délicates spirales de bois poli qui encadrent son visage fin.

« Je veux avoir la liberté d’être qui je suis, ne pas me cantonner dans un rôle, alors que d’autres modèles sont possibles. En ce moment, je ne vois pas comment je pourrais trouver un homme qui me permettrait d’être comme j’ai envie d’être, complètement », explique cette étudiante en travail social qui médite depuis quelque temps sur la question des rôles sociaux et sexuels. Des enfants, une maison ? Pas sûr que ce soit pour elle. L’exclusivité ? Elle se demande pourquoi on y accorde une telle importance. « Tout ça, ce sont des constructions sociales », dit-elle.

La jeune génération, à qui on a répété qu’elle était maître de son destin, chamboule tout sur son passage, depuis le monde du travail — où elle remet en question la hiérarchie et les méthodes — jusqu’aux rapports sociaux — qu’elle transforme à coups de textos et de comptes Instagram. Les relations amoureuses n’y échappent pas.

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Vêtue d’un costume masculin, la délicate artiste française Christine and the Queens prône un heureux mélange des genres. – Photo : M. Piasecki/Wireimage/Getty Images

Serions-nous à l’aube d’une nouvelle révolution sexuelle ? « J’aimerais vous dire oui, s’exclame en souriant Martin Blais, professeur au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal. Mais c’est peut-être simplement l’effet d’une société qui, depuis déjà plusieurs décennies, a élu le bonheur individuel comme principal critère pour juger de la réussite. » Le couple, d’accord, mais à con­dition qu’il serve une cause plus grande, la réalisation de soi.

Ce n’est pas un hasard si les artistes de l’heure jouent avec les codes de l’identité sexuelle ; pensons au chanteur belge Stromae, qui apparaît mi-homme, mi-femme dans le vidéoclip Tous les mêmes, ou à Christine and the Queens, sacrée artiste féminine française de l’année aux Victoires de la musique 2015, une blonde délicate en costume masculin qui parle avec autant d’aisance de sa bisexualité que de ses influences musicales.

 

Le site de rencontres américain OkCupid reflète désormais tout le spectre des possibles, puisque la case « orientation sexuelle » offre 12 options, dont hétéroflexible, en questionnement, pansexuel (attiré par la personnalité, peu importe le sexe ou le genre) et sapiosexuel (excité par l’intelligence).

La case pour décrire son pro­pre genre comprend quant à elle… 22 possibilités : homme, femme, agenre, transgenre, homme transsexuel, femme trans­sexuelle, genre fluide, etc.

« Les plus jeunes générations sont nées avec des messages qu’elles ont intégrés en grandissant : le droit de faire des choix pour soi et le respect de la diversité, garanti par la Charte des droits et libertés, dit Martin Blais. Elles se donnent le droit d’expérimenter dans le domaine de la sexualité, de ne pas se définir par les catégories traditionnelles. » Le chercheur voit bien les changements en cours dans les résultats de l’Étude des parcours relationnels intimes et sexuels (ÉPRIS), qu’il compile avec ses collègues.

Dans le cadre de cette étude, 6 000 Canadiens, principalement des jeunes Québécois dans la vingtaine (très nombreux à répondre au questionnaire en ligne), ont accepté de dévoiler le statut de la ou des personnes avec qui ils ont eu leurs plus récentes relations sexuelles, dans le but d’aider les chercheurs à comprendre comment l’amour se vit de nos jours.

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Le chanteur belge Stromae s’amuse à brouiller les codes de l’identité sexuelle. – Photo : Z. Scheurer/Associated Press/La Presse Canadienne

Si le couple demeure encore le modèle le plus répandu (70 % des jeunes interrogés étaient en couple), d’autres configurations amoureuses ou sexuelles émer­gent. Il y a bien sûr l’« ami de baise », appelé en renfort au besoin, mais aussi ce que les jeunes appellent l’« ami avec bénéfices », avec qui ils partagent des acti­vités sociales et, à l’occasion seulement, leur lit. Les « par­tenaires romantiques sans engagement » sont quant à eux révélateurs de notre époque : ils partagent une intimité physique et affective, mais ne se doivent rien.

Surprise : les aventures avec un pur inconnu, rencontré dans un bar ou grâce à l’application Tinder (qui localise les célibataires disponibles dans les environs), sont moins fréquentes qu’on ne pourrait le croire. « La majorité des relations sexuelles ont lieu avec des partenaires connus, venant de cercles d’amis plus ou moins rapprochés, souligne Martin Blais. Même dans une aventure d’un soir, il y a donc souvent de l’affection ou une certaine complicité. Ce n’est pas le sexe sans amour entre deux étrangers. » D’ex-amoureux continuent aussi de se voir dans l’intimité, un phénomène assez fréquent pour que les chercheurs le notent.

Fait étonnant, l’étude ÉPRIS montre que les frontières de l’orientation sexuelle semblent devenues aussi floues que celles du couple : parmi les femmes s’identifiant comme hétérosexuelles, deux sur cinq ont dit ne pas être « exclusivement » attirées par le sexe opposé. Même chose pour un homme sur cinq !

Difficile de dire si les volontaires ayant répondu au questionnaire sont sexuellement plus curieux que la moyenne, mais chose certaine, les comportements bisexuels entrent peu à peu dans la norme, si on se fie au nombre de starlettes américaines, comme Lindsay Lohan ou Paris Hilton, qui se sont déjà affichées au bras d’une femme, bien qu’elles se considèrent comme hétéros.

Francine Lavoie, professeure à l’École de psychologie de l’Université Laval, craint que les baisers échangés entre filles dans les soirées arrosées ne soient en fait qu’un moyen d’attirer le regard des garçons, plutôt qu’une réelle curiosité d’expérimenter l’amour lesbien. Sur les 815 adolescents de Québec qu’elle a inter­rogés à ce sujet, 19 % des filles ont dit avoir déjà embrassé une amie en public, alors que seulement 3 % des garçons l’avaient fait. À l’adolescence, on peut être tenté de reproduire les comportements des super­stars de la musique, telles que Shakira et Rihanna, qui, dans le vidéoclip Can’t Remember to Forget You, apparaissent en lingerie affriolante, se caressant mutuellement en chantant « I’d do anything for that boy » (je ferais n’importe quoi pour ce garçon). Mais le tiers des jeunes filles qui avaient dit en avoir embrassé une autre se sentaient mal à l’aise le lendemain…

 

Cette récupération de l’univers saphique exaspère au plus haut point Marie-Philippe Drouin, 23 ans, qui fréquente principalement des femmes. « La culture populaire érotise les lesbiennes et présente une image complètement erronée de ce qu’est un couple de femmes, en les montrant stéréotypées et hypersexualisées. Ça atteint quel public, vous pensez ? Bien oui, majoritairement des hommes, qui penseront que les lesbiennes existent juste pour leurs beaux yeux », s’énerve-t-elle.

Elle ne voit cependant aucun problème à ce que ses amies explorent un peu, à l’abri des regards masculins. Même celles qui attendent le prince charmant se laissent prendre au jeu… « Des filles qui ont bu, ensemble dans un spa, c’est sûr que ça finit par se pogner les boules et se frencher », rigole-t-elle.

La jeune femme, qui termine ses études de travail social, refuse pour sa part de s’accoler l’étiquette de lesbienne et préfère se dire queer (étrange), un mot jadis utilisé comme insulte à l’endroit des homosexuels et aujourd’hui récupéré par les minorités sexuelles elles-mêmes pour revendiquer leur droit à la différence. Le terme se veut inclusif et englobe tous ceux qui sortent de la norme, qu’ils soient bis, gais, trans, peu importe, question d’envoyer valser les étiquettes. « Pourquoi catégorise-t-on toujours tout et pourquoi ces catégories sont-elles toujours aussi hermétiques ? demande-t-elle. Tout est binaire : masculin ou féminin. Je ne suis pas attirée par un sexe en particulier, mais par des gens, leur personnalité, leur esthétique. »

Marie-Philippe, qui a déjà vécu dans des couples ouverts, souhaite aussi pouvoir aimer plus d’une personne à la fois. « Est-ce qu’on peut sortir de la culpabilité de l’infidélité, pour que diverses personnes puissent combler nos différents besoins ? » plaide-t-elle.

Le polyamour permet toutes les configurations possibles (rela­tions parallèles, trios, quatuors), à condition que tous les partenaires conviennent ensemble de règles et les respectent. De l’aveu même des polyamoureux, calmer les angoisses existentielles de tout ce beau monde exige énormément d’énergie et de dialogue. Des efforts largement compensés, affirment-ils, par le fait de pouvoir goûter la richesse de relations multiples sans le poids des mensonges. Une recherche d’authenticité qui cadre parfaitement avec le XXIe siècle.

Briser les tabous est devenu une seconde nature pour Emer O’Toole, auteure de Girls Will Be Girls : Dressing Up, Playing Parts and Daring to Act Differently (Orion), un ouvrage tout juste sorti des presses, dans lequel elle déconstruit un à un les stéréotypes de genre auxquels les femmes se conforment, parfois sans même s’en rendre compte. Cette universitaire de 31 ans, qui habite au Québec depuis 2 ans, s’est rendue célèbre pour les expériences qu’elle a menées sur son propre corps lors­qu’elle vivait à Dublin. Elle s’est rasé les cheveux, a tenté le travestisme, puis a décidé de laisser pousser ses poils pendant 18 mois, causant une commotion sur les médias sociaux lorsqu’elle a fièrement montré ses aisselles velues sur le plateau de l’émission This Morning, à Londres, en 2012.

Par une froide soirée de février, dans un auditorium plein à craquer de l’Université Concordia, à Montréal, un public de tous les âges, de tous les styles et de toutes les orientations sexuelles est venu enten­dre la jeune femme ainsi que Panti Bliss, une drag queen irlandaise connue pour son activisme en faveur des droits des homosexuels.

Emer O’Toole, élégante dans sa petite robe noire et ses chaussures à talons hauts, a souligné avec un sourire malicieux qu’elle ne s’était pas épilé les jambes. « Quand on ne se rase pas et qu’on a l’air masculine, ça va, les gens nous classent dans les butchs ; mais quand on met une jolie robe et qu’on a du poil, ils sont vraiment confus. Ils ne savent plus dans quelle case nous mettre ! »

De nombreuses jeunes femmes refusent de se laisser cataloguer et ça leur réussit très bien, a découvert Marie-Aude P. Boislard, chercheuse au Département de sexologie de l’UQAM, au cours d’une étude réalisée avec une collègue auprès d’Austra­liennes. Les jeunes femmes ayant déjà eu des expériences homosexuelles se sentent plus à l’aise de demander à leur amoureux ce qu’elles désirent et de refuser les pratiques qui leur déplaisent. Elles accordent aussi plus d’importance à leur propre plaisir !

Signe des temps, la proportion de femmes britanniques de 16 à 44 ans qui ont déclaré avoir déjà eu une expérience sexuelle avec une autre femme a quadruplé au cours des deux dernières décennies, passant de 4 % à 16 %, révèle la grande enquête NATSAL (National Survey of Sexual Attitudes and Lifestyles), menée tous les 10 ans auprès de 15 000 Britanniques. Dans la moitié des cas, l’expérience dépassait le simple baiser et se déroulait plutôt sous la ceinture…

Rien de tel pour les messieurs : la proportion d’hommes ayant eu au moins une relation homosexuelle est restée sensiblement la même, passant de 6 % en 1990 à 7 % en 2010.

C’est peut-être en raison du fait que, dans la culture populaire, on perçoit peu d’érotisme dans les comportements bisexuels masculins… « On ne verra jamais deux gars se bécoter pour séduire une fille dans un show de télé », iro­nise Jean-François Bolduc, 28 ans, qui s’affiche aujourd’hui bisexuel.

Ce blond en chemise sage vivant à Québec a eu quelques amoureuses, dont une avec laquelle il s’était fiancé, avant de se rendre à l’évidence, à 22 ans. Lors d’une période de célibat, il a ressenti pour un homme une attirance physique et émotionnelle semblable à celle qu’il avait ressentie jusque-là pour les femmes. Il a alors dû combattre ses propres préjugés. « Même si je ressentais encore de l’attirance pour les femmes, j’en ai fait mon deuil, parce que je ne voyais pas comment une fille pourrait accepter d’être avec un gars qui avait déjà eu des expériences avec d’autres gars », raconte-t-il.

Il faut dire que son premier copain niait l’existence même de la bisexualité, estimant que les bis sont des homosexuels qui ne s’assument pas, une idée répandue au sein de la communauté gaie.

« Le coming out est une période tellement difficile… Même si ça se passe bien, comme pour moi, c’est difficile parce que tu ne sais pas comment les gens vont réagir. Certains gais pensent que les bis n’ont tout simplement pas fini cette période de transition », dit Jean-François, qui a depuis fréquenté de nouveau des femmes, avant de rencontrer son copain actuel, bisexuel lui aussi.

L’identité des hommes serait en effet davantage ébranlée que celle des femmes par la définition de l’orientation sexuelle, au dire même des sexologues. « Il y a une intrication plus étroite entre l’hétérosexualité et la masculinité dans notre culture, explique le sexologue Martin Blais. Pour un gars, se dire bisexuel ou homosexuel est donc plus menaçant au point de vue de la masculinité, cela comporte un enjeu identitaire. Alors que pour une fille, se dire bisexuelle n’implique pas une remise en question de sa féminité. »

L’orientation sexuelle est beaucoup plus souple qu’on veut bien le croire, soutient pour sa part Lisa M. Diamond, professeure à l’Université de l’Utah et auteure de Sexual Fluidity : Understanding Women’s Love and Desire, un ouvrage qui fait grand bruit depuis sa parution, en 2009.

À son avis, l’orientation sexuelle ne serait pas toujours une vérité enfouie au fond de soi et qui se révèle à l’adolescence. Chaque être humain a bien sûr ses préférences, mais pour un certain nombre d’entre nous, la réponse érotique peut s’adapter selon les circonstances et les hasards de la vie.

Bien déterminée à en faire la preuve, Lisa Diamond suit plus de 80 jeunes femmes de différentes orientations sexuelles (principalement lesbiennes et bis) depuis 16 ans. Elle a vu de tout : des lesbiennes assumées séduites par un homme, des hétéros qui tombent amoureuses de leur meilleure amie, des filles en questionnement qui finissent par se dire bis. Depuis le début de l’étude, les trois quarts des participantes ont changé le terme utilisé pour décrire leur orientation sexuelle au moins une fois, parfois deux ou plus ! Ces femmes ne sont pas volages pour autant. La majorité d’entre elles ont aujourd’hui une amoureuse ou un amoureux stable ; elles auraient simplement été bien en peine de prédire le sexe de leur partenaire actuel au début de l’étude.

Le chercheur américain Alfred Kinsey avait, dès 1948, perçu la sexualité humaine comme un continuum, avec son échelle graduée de zéro (exclusivement hétérosexuel) à six (exclusivement homosexuel), des travaux assez mal reçus à l’époque.

« Il y a eu d’importants changements culturels ces dernières années, souligne Lisa Diamond. La bisexualité masculine, longtemps niée, est davantage acceptée et plus visible. Il est possible que des hommes qui ne se seraient pas, par le passé, ouvertement identifiés comme bisexuels ou fluides sexuel­lement soient prêts à le faire maintenant. »

La magie d’Internet permet aux hommes qui ont envie d’explorer leur sexualité avec d’autres hommes de se donner rendez-vous incognito. Le site de petites annonces Craigslist — qui a la réputation d’être un site où l’on va pour trouver une baise plutôt que l’amour — regorge d’offres et de demandes, classées par catégories. « Je suis pas mal ouvert à tout, sauf que je suis straight, j’ai le goût d’essayer des affaires. J’ai 26 ans… », peut-on lire, par exem­ple, dans la catégorie Homme cherche couple.

Plusieurs fois par année, Marie-Christine Rochefort, bisexuelle de 27 ans, rencontre des groupes d’élèves dans des écoles secondaires dans le but de démystifier sa réalité et de présenter les services du GRIS (Groupe régional d’intervention sociale) de Québec, qui offre de l’accompagnement aux jeunes se questionnant sur leur orientation sexuelle ainsi qu’à leurs parents.

Alors qu’il ne comptait que des gais et lesbiennes lors de sa création, en 1996, le GRIS a recruté des bénévoles bisexuels pour répondre aux questions de plus en plus fréquentes des jeunes à ce sujet.

« Je me fais souvent demander si l’autre sexe me manque quand je suis en couple. Et si j’ai déjà fait des trips à trois ! Mais j’ai une vision vraiment traditionnelle et banale du couple : je suis avec un homme depuis un an, on désire se fiancer bientôt, j’ai l’intention d’avoir des enfants et je veux être fidèle », dit en riant la jeune femme.

Elle pourrait prétendre qu’elle est hétéro — ce serait parfois plus simple —, mais elle revendique son identité bisexuelle, puis­qu’elle a déjà eu des histoires avec des filles, dont une très sérieuse qui a duré deux ans. « Ça fait partie de mon histoire, je n’ai pas envie de me cacher. J’ai la chance d’être née à une époque où il m’est possible d’assumer ma bisexualité. Probablement que si je vivais dans une société plus fermée, j’aurais menti toute ma vie ou nié mon attirance pour les femmes. »

Après quelques années de butinage et d’exploration, la majo­rité des jeunes choisissent encore la vie à deux, souligne le sexologue Martin Blais. Mais l’amour qui dure semble un concept dépassé aux yeux des membres de la jeune génération. « Ils entrent en couple en se disant qu’un jour la relation ne répondra plus à leurs besoins. De nos jours, on vit une relation pour le meilleur, pas pour le pire. »

*   *   *

Ah, le désir…

livre-soloAu fond, les jeunes de la génération Y rêvent encore de l’amour… Mais ils n’y croient plus assez pour s’investir dans la construction d’un couple, estime la psychanalyste française Fabienne Kraemer, qui vient de publier Solo / No solo : Quel avenir pour l’amour ? (Presses Universitaires de France), ouvrage dans lequel elle explore les raisons de cette désaffection. Inquiets pour l’avenir, ces jeunes engloutissent une grande partie de leur énergie dans la carrière. Désabusés par le divorce de leurs parents, ils ont par-dessus le marché des attentes souvent démesurées par rapport à ce que leur conjoint devrait leur apporter. « Ils s’engagent donc dans une relation en surveillant la sortie », dit l’auteure, jointe à Paris.

L’architecture des sites de rencontres, où il est possible de trier, d’évaluer et de comparer les candidats, donne en effet l’illusion qu’on peut optimiser la relation amoureuse. « Ces sites sont des accélérateurs de rencontres, mais aussi de ruptures », dit Fabienne Kraemer.

Après le mariage de raison et le mariage d’amour, les sociétés occidentales inaugurent l’ère du mariage de désir, selon la thérapeute. Aujourd’hui, on ne se quitte plus parce qu’on ne s’aime plus ou parce qu’un des partenaires a été infidèle. On se quitte parce que le désir a tiédi, un phénomène qui survient immanquablement après quelques années.

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Photo : Fotolia

Se marier ou pas ?

Ils étaient peu nombreux, les jeunes dans la vingtaine, à arpenter les allées du Salon Marions-nous, en janvier dernier, à la Place Bonaventure (Montréal). Il y avait tout de même quelques jeunes couples, venus magasiner robe, coiffure et limousine dans cette énorme foire du mariage. Non loin d’un étalage de petits gâteaux qu’ils venaient de goûter, j’ai demandé à Sammy Bisson, 20 ans, et à Amy Glover, 18 ans, pourquoi ils avaient choisi de se jurer fidélité, en 2015.

« Je suis là pour l’aider », blague Sammy en essuyant avec son index un reste de glaçage sur la lèvre de sa fiancée. Les yeux pétillants, il regarde Amy : « On se fréquente depuis deux ans, et plus j’apprends à la connaître, plus je considère qu’elle est la fille qu’il me faut. On aime les mêmes choses, on s’entend bien, elle a un grand cœur. Quand on a cette chance, on ne la laisse pas passer. Je veux passer le reste de mes jours avec elle. »

Selon l’Institut de la statistique du Québec, à peine 5 % des femmes et 3 % des hommes âgés de 25 ans étaient mariés en 2014.

Le simple fait de cohabiter avec un conjoint, même en union de fait, est un phénomène à la baisse. De 1981 à 2011, la proportion de jeunes hommes de 25 à 29 ans vivant avec leur copine a glissé de 63 % à 44 %.

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23 commentaires
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Bon ben, nous sommes maintenant comme les bonobos. Mais quelques questions se posent…

1) Quel sera l’effet de ce libéralisme sexuel sur la société actuelle?

2) Avec ce libéralisme, quand va-t-on légaliser la polygamie (comme en Utah), et décriminaliser la pédophilie, l’inceste et la zoophilie entre personnes consentantes? Ou va s’arrêter cette libération sexuelle? Pour la zoophile et les statut de personnes des animaux, voir l’article de Peter Singer http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article199

3) Comment se fait-il que la nudité soit de plus en plus criminalisée? Avec les hippies, la nudité était bien davantage acceptée qu’elle ne l’est aujourd’hui? D’ou vient ce paradoxe?

4) Et la transmission d’infection transmises sexuellement? On peut prévoir une forte augmentation, puisque le sexe oral ne protège pas contre ces infections. Avec une augmentation du nombre de partenaires, il y aura plus de cas de transmission. Et comme certaines de ces infections rendent les femmes stériles, le taux de natalité décroitra davantage.

Je prévois donc une baisse du taux de natalité, à cause de l’instabilité des couples et de la recherche du bonheur individuel, avec une hausse de l’immigration. Au Québec, comme on favorise l’immigration de langue française, on aura probablement davantage de musulmans, qui ne s’intégreront pas à la nouvelle mentalité québécoise, de sorte que ce libéralisme sexuel ne durera qu’une génération. Par la suite, on risque de voir réapparaitre les principes religieux en masse, soit catholiques, soit musulmans, parce que ce sont eux qui auront le plus d’enfants.

Alors, avec cette liberté sexuelle, les québécois se tirent dans le pied, et ce sera comme un suicide de la culture québécoise. Le reste de l’Amérique, plus religieux, n’embarquera pas dans ce mouvement, et le christianisme gagnera en-dehors du Québec. Et nos sexologues devront prendre leur retraite…

Ce ne sont pas les belles idées, ni l’idéalisme qui gagnera, mais la reproduction (le nombre d’enfants) et les comportements et croyances qui la favorise.

Est-ce que ça se pourrait juste que vous soyez dépassé par la nouvelle manière d’envisager les relations affectives au sein des générations Y et Z? Parce que je vous ferais remarquer que la dénatalité est un phénomène déjà présent depuis belle lurette au Québec (depuis les années 60 et 70)…

Oui, mais la dénatalité pourrait s’accélérer!

Imaginez les conséquences pour le Québec. Qui paiera pour les soins de santé et les retraites dorées des fonctionnaires?

Heu, les retraites dorés des fonctionnaires sont payées en bonne partie par ceux-ci, champion. On ne peut pas en dire autant de celles dédéputés… Mais tu sais déjà tout ça.

Pour la pédophilie et la zoophilie, ne vous inquiétez pas, puisque les mineurs et les animaux ne peuvent pas donner leur consentement, concept fondamental des relations sexuelles licites. Idem pour l’inceste commis sur des mineurs. Par ailleurs, l’inceste et les abus sexuels étaient déjà un fléau à l’époque de Duplessis, jusqu’à leur dénonciation soutenue.
La polygamie? Il serait étonnant qu’elle soit légalisée, ne serait-ce qu’à cause de l’avalanche d’avantages fiscaux qu’elle donnerait à tous les co-époux; les gouvernements n’ont tout simplement pas les moyens de se la permettre. Le mariage entre deux personnes est reconnu, mais rien n’interdit à ces deux personnes de vivre avec des concubins ou concubines, ou encore d’avoir des amants ou maîtresses à l’extérieur du toit conjugal.
Quant aux ITS, il faudrait voir l’évolution des statistiques. Enfin, pour la reproduction, ça dépendra surtout des facteurs économiques et des programmes de soutien du gouvernement. De nombreux enfants sont élevés par des parents séparés, dont la majorité arrivent à faire de bons co-parents. De plus en plus d’enfants seront conçus par des trentenaires et des quadragénaires, dont des femmes seules qui iront se faire inséminer en clinique.
Bref, c’est surtout l’éclatement de l’hypocrisie qui entoure le bonheur obligatoire du couple hétérosexuel traditionnel, lequel peut fonctionner, mais pas toujours. Les personnages de Léopold et de Marie-Louise, de Michel Tremblay, ont trop souvent existé dans la réalité pour ne pas avoir laissé de traces sur leurs descendants.

Pourquoi maintenez-vous que les animaux et les mineurs ne peuvent pas donner leur consentement? Il y a bien des mineurs qui sont actifs sexuellement. Sont-ils consentants? Ne me dites pas non! Et les animaux ont aussi des relations sexuelles consenties entre eux.

Pour la polygamie, elle est légale en Utah, dans cet état ou il y a beaucoup de mormons.

« Sont-ils consentants? Ne me dites pas non! » Euh, ça sert à quoi de discuter avec quelqu’un qui a déjà toutes les réponses?
La zoophilie cible les relations sexuelles entre humains et animaux. Les relations sexuelles entre animaux, que je sache, ne font l’objet d’aucune loi (et là, franchement, vous cherchez des poux).
Les lois sur l’âge du consentement sexuel prévoient des dispositions concernant les relations sexuelles entre mineurs d’âge proche (cinq ans d’écart maximum au Canada), justement pour éviter de les criminaliser.
La polygamie est illégale au Utah depuis la fin du XIXe siècle. Le concubinage vient d’être légalisé par jugement.

@ Athéna

A propos de la polygamie en Utah

»En décembre 2013, un jugé fédéral annule une partie de la loi anti-polygamie de l’Utah. Il la déclare anti-constitutionnelle. » »Pourtant une étude de 2011 de l’Université de Colombie-Britannique offre une vision plus noire de ce type de vie maritale. Elle souligne que la polygamie entraîne crimes, violence, pauvreté et inégalités. Les Nations-Unies ont d’ailleurs appellé à interdire la polygamie après «l’affaire» Warren Jeffs. »
http://geopolis.francetvinfo.fr/en-utah-la-polygamie-se-porte-bien-chez-les-mormons-30511
http://madame.lefigaro.fr/societe/la-polygamie-de-plus-en-plus-populaire-aux-etats-unis-100615-96915
http://www.lactualite.com/multimedia/photoreportage-multimedia/etats-unis-incursion-chez-les-polygames/

Vous répandez des faussetés mon cher ami. La polygamie n’est pas légale en Utah. L’état a fait ce choix afin de joindre l’union américaine. Tolérée, peut-être. Légale, que nenni. Vous répandez des préjugés.

1) Des gens plus satisfaits sur le plan romantique et sexuel, j’ose croire.

2) La liberté de l’un s’arrête là où la liberté d’autrui commence. Le problème évident avec la pédophilie, l’inceste et la zoophilie, c’est l’impossibilité d’obtenir un consentement éclairé hors de tout doute. Personnellement je n’ai rien contre la polygamie si tous les partenaires y consentent et si elle n’est pas limitée à la polygynie (plusieurs femmes et un seul mari, et non l’inverse). Reste à savoir si les accommodements légaux et financiers sont raisonnables.

3) La nudité n’est pas de plus en plus criminalisée. Les hippies étaient un mouvement culturel et ne représentaient pas l’étendue de la société; ils étaient considérés comme marginaux. De nos jours, on voit de l’activisme « pro-topless », et on essait de désexualiser le corps nu féminin justement pour que la nudité soit moins tabou. À l’inverse, le mouvement hippie faisait peu de distinction entre la nudité et le sexe.

4) Même avec plus de « casual sex », il y a énormément plus de prévention et d’éducation de nos jours. Il est possible de se protéger des ITS même pour le sexe oral ou, encore plus simple, il est très facile de passer un examen avec un nouveau partenaire pour s’assurer qu’il ou elle est « clean ». C’est sûr que c’est moins sexy, mais personnellement tous les couples que je connais ont demandé à leur(s) partenaire(s) de passer des tests avant de laisser tomber les préservatifs et autres. (Aussi, petite note: Les femmes ne sont pas des machines à faire des bébés. Je ne veux pas d’enfant, et mon choix personnel ne regarde que moi. Le taux de natalité est une statistique démographique, rien de plus; l’augmenter n’est pas une responsabilité ou un devoir.)

Le taux de natalité est loin d’être un problème à grande échelle. À petite échelle, oui–on aura sûrement un plus haut taux de musulmans au Québec. Et après? Le multiculturalisme est en lien direct avec mon point 2: vivre et laisser vivre. J’ose croire qu’il n’y a pas de parfait consensus idéologique dans aucune culture (et aucune religion), alors où est le problème? Si une femme musulmane souhaite se couvrir les cheveux et s’habiller modestement sans montrer de peau par respect pour ses croyances, elle en a le droit. Si je veux sortir de chez moi en shorts et haut de bikini, j’en ai aussi le droit. La femme musulmane ne peut pas me dire comment m’habiller, et je ne peux pas lui dire comment s’habiller. C’est tout. Changer les fenêtres d’un YMCA pour cacher les femmes des Juifs orthodoxes est ridicule, et demander à une femme musulmane d’enlever son hijab si elle travaille dans le domaine public est tout aussi ridicule. La ~menace de prosélytisme~ est de la paranoïa, tout simplement. On est fort là-dessus au Québec.

La « révolution sexuelle » n’a pas commencé ici; elle a commencé aux États-Unis, et probablement au Canada anglais. Ils sont loin d’être une menace en termes de culture et de libéralisme. En ce moment, la génération des 20-35 ans aux États-Unis est beaucoup plus ouverte que les jeunes québécois, simplement à en juger par les positions politiques.

@ Cath,

Vous voyez du « ridicule » dans ce qui à toutes fins pratiques relève des « accommodements raisonnables ». C’est la règle au Canada et au Québec d’accommoder les gens. Ce qui est ridicule pour les uns, peut ne pas l’être pour d’autres et vice versa. Cela fait partie du « bien vivre ensemble ».

Vous écrivez : « Les hippies étaient un mouvement culturel et ne représentaient pas l’étendue de la société; ils étaient considérés comme marginaux. » — Ah vraiment ? La culture « pop » est tout ce qu’il y a de plus marginal. Ben voyons don’ ! Les Beatles, les Doors, Greateful Dead, les Rolling Stones, David Bowie, Allen Ginsberg, Andy Warhol, etc… Bof ! Complètement inconnus au bataillon !!!

Vous écrivez encore : « Même avec plus de « casual sex », il y a énormément plus de prévention et d’éducation de nos jours. » Tellement plus ? Tiens donc ! — Les relations sexuelles occasionnelles ont été inventées d’après vous en quelle année ? Je vous recommande la lecture de « Madame Bovary » de Gustave Flaubert…. Qui doit figurer parmi les nouveautés de 1856, si je n’m’abuse…. Le Marquis de Sade n’est pas mal non plus, cela vous donnera peut-être des idées. J’ai aussi un petit faible pour Leopold von Sacher-Masoch. Vous devriez essayer !

Quant à plus de prévention et d’éducation. On repassera ! Plusieurs études faites au Québec, au Canada et dans d’autres endroits établiraient plutôt que c’est l’inverse qui fort malencontreusement s’applique… dans le monde « dit » civilisé. Il y aussi de plus en plus de cas de troubles mentaux liés à la sexualité. Aussi des assassinats, de la violence, des crimes et des suicides qui s’y trouvent liés.

Vous avez droit bien sûr à votre opinion et je la respecte. Toutefois vous gagneriez à approfondir un peu plus l’ensemble des sujets que vous abordez. Car la révolution — soit-elle sexuelle -, relève avant tout du militantisme et en principe pas des domaines de la superficialité.

— Petites questions encore : En quoi selon vos dires, les jeunes étatsuniens sont plus ouverts que les québécois du même âge ? Des exemples ? Quelles positions politiques ? Ou bien s’agit-il tout simplement de présupposés que tout lecteur naturellement équilibré se devrait d’approuver ?

Le terme « ridicule » est évidemment subjectif. Je ne pensais pas avoir à le préciser, mais voilà : c’est une opinion. L’ironie du la liberté one-sided est ridicule.

La marginalité n’implique nullement qu’un artiste est underground…? Le glam rock androgyne, le punk rock, même les premières incarnations du rock n’ roll–la popularité d’un mouvement culturel/artistique chez un public précis, ou sa reconnaissance auprès des critiques, ne le rend pas moins « counterculture ». Le mouvement hippie représentait une tranche de la population correspondant à un groupe d’âge et une classe économique particulière. Ce n’est pas parce que beaucoup de gars portaient la barbe et les cheveux longs à la Lennon que les parents de leurs copines s’empêchaient de porter des jugements. Bref, de dire que tout le monde prônait (ou pratiquait!) la libération sexuelle et la nudité gratuite dans les années 60-70 est tout simplement faux.

Ah, effectivement, quelle belle liste d’écrits super bien reçus à l’époque! Une chance que Flaubert n’a jamais été accusé de comportement immoral par le gouvernement français après la publication de Madame Bovary…oh, wait. Et que dire du Marquis de Sade! Je ne dis pas que les relations sexuelles occasionnelles n’existaient pas–elles ont toujours existé–mais il faut se rendre à l’évidence que l’attitude face à cette réalité a bien changé et, vraissemblablement, accepter quelque chose permet aux gens de le pratiquer plus ouvertement.

Ceci dit, j’en reviens à mon point: le nombre de cas de SIDA au Canada, il ressemble à quoi depuis les années 90?

« Il y aussi de plus en plus de cas de troubles mentaux liés à la sexualité. Aussi des assassinats, de la violence, des crimes et des suicides qui s’y trouvent liés. » On parle de quoi, au juste? C’est quoi, un « trouble mental lié à la sexualité »–une homosexuel dépressif parce qu’il se fait casser la gueule à l’école, ou une nymphomane? Je ne suis pas convaincue pour le taux de suicide lié à la sexualité, mais supposons que c’est le cas–pour les crimes et la violence, il faut aussi comparer la statistiques avec le nombre de cas rapportés et la création d’une notion légale de « hate crime » très récente. Par exemple, on peut se douter que la violence conjugale est moins présente qu’elle ne l’était il y a 60-70 ans, mais les cas sont plus souvent rapportés de nos jours qu’ils ne l’étaient avant. Je ne réfute pas vos points, mais il serait important de regarder un peu plus loin avant de les utiliser comme arguments–ce qui me fait apprécier encore plus l’ironie de votre avant-dernier commentaire.

En réponse à votre question, je tiens compte de plusieurs facteurs. Premièrement, 53% des jeunes Américains de 18 à 29 ans supportaient le parti démocratique en 2013, versus 35% pour le parti républicain. En 1993, ces même satistiques étaient 49% et 42%, respectivement. Deuxièmement, on peut simplement observer la soudaine popularité de Bernie Sanders, qui se décrit lui-même comme un socialiste, auprès des jeunes. On voit un changement évident au niveau des idéologies, et les jeunes américains ne correspondent plus à l’image qu’on se faisait d’eux il y a une vingtaine d’année. En revanche, alors que les État-Unis sont de plus en plus ouverts culturellement, le Québec semble se renfermer sur lui-même en tentant de calquer le modèle français. (Pas étonnant, puisque 82%+ des Québécois sont blancs, versus seulement 63%+ des Américains–des statisques qui expliquent d’ailleurs les préférences politiques, si on en croit les chiffres.) Alors que les jeune Américains sont de plus en plus « de gauche », les jeunes Québécois francophones votent majoritairement pour le PQ au provincial–un parti plutôt économiquement libertarien et idéologiquement de centre-droite.

Toutefois, mon argument vient principalement du fait que j’ai étudié en linguistique, et énormément de néologismes anglais provenant des États-Unis pour définir des identités sexuelles ne sont non seulement pas encore passés à l’usage au Québec, mais en plus, ils n’existent même pas en concept ici. Je suis en couple avec une Américaine depuis 4 ans, et j’ai étudié 50-50 dans des milieux québécois francophones et anglophones–donc même si je n’avais pas eu de statistiques à l’appui, j’aurais pu simplement procéder par observation.

@ Cath,

Merci pour votre réponse, je trouve votre point de vue intéressant. Néanmoins, malgré l’éloquence de vos propos, je ne les trouve pas convaincants. Et ce tout simplement parce que vous avez selon mon analyse, une vision historique de très courte vue. Dans les grandes lignes plus ou moins 25 ans. Ce qui à l’échelle géologique est très peu, vous en conviendrez. Votre vision qui plus est centrée sur votre milieu, ce qui occulte certains aspects de la réalité. De par le fait même vous ne pouvez pas avoir une vision des choses globale.

Ainsi quand vous relevez l’accroissement du soutien de plus de jeunes américains au Parti démocrate, — pour autant d’ailleurs que le Parti démocrate soit un modèle si progressiste que cela -, vous devriez vous poser les questions de savoir si ces statistiques auxquels vous vous référez, permettent à tout coup d’établir une image fiable à la grandeur des États-Unis, une tendance lourde ou une simple étape transitoire. On sait notamment que l’immense majorité des afro-américains tous âges confondus votent Démocrates. Étonnement d’ailleurs Abraham Lincoln était Républicain.

Quoiqu’il en soit vous n’avez pas répondu à ma question. Puisque vous ne nous dites pas en quoi, les jeunes québécois seraient moins ouverts que les jeunes américains. Vous faites une esquisse de réponse, je vous cite : « (…) le Québec semble se renfermer sur lui-même en tentant de calquer le modèle français ». Hormis le fait que je ne crois pas qu’il y ait un modèle français spécifique et unique qui s’applique de manière absolument rigide, je n’observe pas que la société québécoise soit si peu créative au point qu’elle suive de manière stéréotypée un modèle en particulier. — C’est même tout le contraire que j’ai remarqué. Je pense que la société québécoise est une des plus créative en Amérique du nord.

Pour ce qui est du caractère libertarien du PQ…. Je crois qu’on repassera… et puis, il existe des « think thanks » libertariens de gauche au cas où vous ne le sauriez pas. Quant à l’idéologie, ce n’est pas le « centre » tous les partis gouvernent au centre au Canada, le caractère idéologique le plus affirmé du PQ, c’est plutôt aux dernières nouvelles : un projet souverainiste (article premier des statuts du PQ).

J’en conclus que vos propos relèvent sans doute de votre opinion tout autant qu’ils relèvent de vos préjugés. Poursuivez vos observations, approfondissez un peu vos sujets et peut-être que vous ferez des découvertes intéressantes…. En tout cas, voilà tout ce que je vous le souhaite.

Un des problèmes avec la polygamie en Utah, c’est que les jeunes hommes ne trouvent pas de conjointe, et qu’ils doivent quitter les villages ou ils ont vécu enfants, et aussi quitter leur religion. Si cette pratique était étendue à l’ensemble d’un pays, qu’arriverait-il avec tous ces jeunes hommes qui ne pourraient pas trouver de partenaire? Deviendraient-ils gais ou y aurait-il une révolution contre la polygamie?

Pour la nudité, en Ontario, les femmes peuvent être topless. C’est un droit légalement acquis, mais il n’y a que très rarement de femmes topless, et elles se font arrêter quand même. L’activisme pro-topless est plutôt l’exception. http://www.torontosun.com/2015/07/29/going-topless-is-suddenly-hot-again et http://www.cbc.ca/news/canada/women-s-topless-court-victory-20-years-later-1.1026403

Quant à la citation: « Les femmes ne sont pas des machines à faire des bébés. » Je vous ferai remarquer que ce n’est pas ce que l’histoire et la biologie nous démontrent. Ce n’est qu’une idéologie de notre société actuelle, devenue possible avec la contraception. Une femme enceinte et/ou qui allaite secrète de l’ocytocine, une hormone améliorant son bonheur… De plus, le taux de natalité a déjà été vu comme un devoir par bien des gens religieux ou patriotes. C’est ce qui pourra faire gagner l’Islam…

Et avec l’islamisation de notre société, vous pourrez dire adieu au libéralisme sexuel et aux bikinis.

Oh non, quitter l’Utah! Quel drame! Blagues à part: la formation de couple n’est pas un système de « premier arrivé, premier servi ». Si la polygamie est sur une base purement religieuse sans attirance mutuelle et que les femmes n’ont pas leur mot à dire, disons qu’il y a un problème plus grave que la pénurie féminine. Dans le cas échéant–so what? Si deux (…ou trois, ou vingt-cinq) personnes ont une relation ensemble basée sur l’attirance mutuelle, personne ne doit rien au gars célibataire qui ne peut pas se trouver de blonde. On ne va pas commencer à repartir les femmes entre les gars éligibles, quand même.

La prostate d’un homme est une zone érogène. C’est pas moi qui le dit, c’est la biologie. Ne pas avoir de relations homosexuelles entre hommes, ce n’est qu’une idéologie de notre société actuelle, suite au déclin de l’empire romain et à la montée du Christianisme. De plus, nous sommes en situation de surpopulation sur la planète, donc…bon, vous voyez où je veux en venir. Liberté individuelle. Je ne suis pas un incubateur à mini-humain qui va payer votre pension, et vous n’êtes pas une fleshlight dotée de la parole. Deal? Deal.

« L’islamisation de notre société » HAHAHAHAHAHA…haha…ha…wait, c’était sérieux? Aucune loi basée sur la religion musulmane n’a été imposée au Québec. Par contre, on se permet d’humilier publiquement sur les réseaux sociaux une mère de famille qui se baigne en burkini, et on félicite Marie-Chantal Toupin pour avoir ri de la mort d’une femme voilée. C’est ça, l’islamisation? Ou bien est-ce que c’est nos universités, nos connaissances médicales, notre utilisation de l’algèbre et de la méthode scientifique–tous des concepts provenant d’érudits musulmans qui font maintenant parti de notre société? Multiculturalisme 1, paranoïa islamophobe 0.

Ayoye….. C’est quand même fou cette obsession de l’immigration et de l’islamisation du Québec. Ça m’impressionne toujours !
On peut-tu prendre un break SVP ??? !!!

La question qu’on pourrait se poser c’est : Y’a-t-il une révolution sexuelle ou bien y’a-t-il un encadrement social des pulsions (petite référence freudienne) ? Et si « oui » pour quelles raisons ?

Les multiples références dans ce texte notamment au monde de la musique et globalement du spectacle associé à des références « scientifiques » — l’humain cobaye de laboratoire, « Flesh, flesh for fantasy » (petite référence à Billy Idol).

Ici, on s’intéresse bref… à tout ce qui est tendance. Tout cela tendrait à démontrer qu’il n’y a proprement pas de révolution en termes de sexualité mais plutôt un gros effort de récupération et de marketing pour dans ce creux actuel, relancer l’économie. Bref encore : on fait dans le recyclage, du neuf avec du très très vieux !

Pourquoi alors cet effort pour vendre ce « nouveau » produit et pour chercher à encadrer les sens et son contraire : la capacité depuis toujours de les dérégler ; au lieu précisément de les libérer ? — Eh bien c’est assez simple : parce que ça rapporte en termes de prévisions « plus gros » en retour sur investissement. Le sexe c’est du consommable et du renouvelable à l’état pur.

Et puis, les gens qui se sont trouvés être impliqués dans la libéralisation des mœurs dans les années 60-70, sont désormais vieillissants ou encore ils sont morts. La drogue, le sexe et le Rock n’ roll ont certes favorisé une libéralisation des mœurs sans guère de précédents. Tout cela sur fond en prime de « Machine Gun » (petite référence à Jimi Hendrix) avec en ponctuation des épisodes sanglants de guerres, telles que celles du Viet Nam, Cambodge et Laos et ainsi de suite jusqu’à ce que tout cela débouche sur un précipice sans retour qui se prénommait : Sida.

La jeunesse d’aujourd’hui est-elle immunisée ? Ne serait-ce contre la petite vérole ou la gonorrhée ? Pas vraiment ! Si on s’en réfère aux rapports de santé publique. Faut-il considérer cette redécouverte du corps comme une révolution de la sexualité ou bien : cela marquerait-il une sorte de point tournant dans les cycles de « La prospérité du vice » (petite référence au Marquis de Sade) ? Tous les vices ?

Ainsi nous serions entrés dans une nouvelle phase puisque ce n’est donc pas avec une population vieillissante qu’on fera le plus d’argent à l’avenir. Il faut donc commettre de nouveaux consommateurs qui vont permettre et rendre possible le recyclage du cash.

L’industrie liée aux « totems » (petites références à Freud et Claude Lévi-Strauss), dont celui du sexe, tout cela est très profitable. En les déclinants de diverses façons, on peut vendre tout et de tout, très longtemps. Y compris des services de santé payants. Sur fond de conflits sans fins au Moyen-Orient aux saveurs religieuses, c’est la quintessence : la planche à billets verts et fin prête pour redémarrer. — Après tout, le sexe et le sang ont toujours été intimement liés.

Pour pouvoir considérer que ce soit une révolution, il faudrait qu’il y ait l’élaboration d’un processus révolutionnaire — qui soit dit en passant ne se limite pas qu’au sexe -, il y a quelques choses d’universel dans les révolutions, quelques choses de transcendant, quelque chose de beau.

Faudrait-il encore qu’il y ait absence de contrôle du message et que tout le monde puisse s’exprimer librement en incluant ceux et celles qui pour un ensemble de raisons n’ont pas ou peu de vie sexuelle.

— À ce titre pourquoi ne pas parler dans ce te texte de ceux et celles qui font le choix de l’asexualité ? La non-pratique du sexe, c’est le libre arbitre et le libre choix.

Serait-ce des personnes contre-révolutionnaires qu’il faudrait mépriser ? — Que dire de la redécouverte toute simple de ce mystère que peut être l’amour inconditionnel ? Dans l’amour inconditionnel, on ne saurait trouver quelque forme d’entrave quelle qu’elle soit.

Qui saurait affirmer hors de tout doute que toute forme de sexualité soit potentiellement une source de joie ? En faisant monter la révolution dans la chambre à coucher, on évite de la sorte qu’elle ne déferle une bonne fois pour toute dans la rue. Que la révolution populaire ne se transforme en un « Hymne à l’amour » (petite référence à Édith Piaf), ce qui veut dire : un orgasme total.

Depuis la horde fondatrice et le meurtre du père, on n’a jamais rien inventé de plus de neuf que la faculté de l’oubli.

Tout un article juste pour dire que tu as parler a une bisexuelle un beut butch…

Franchement, ce genre de personne existe depuis tellement longtemps. La nouvelle generation a beau essayer d’inventer des nouveaux mots pour nommer des preferences sexuelles extremement specifique, ils sont loins de reinventer la roue.

Perte de temps/10

Un autre problème relié à la liberté sexuelle est l’abandon de la possibilité de tomber profondément en amour et le nombre de peines amoureuses (et de dépressions, suicides et meurtres) qui augmenteront en flèche.

Je m’explique. Dans la société humaines, ça fait des millénaires que la monogamie est favorisée. Il s’est fort probablement développé une tendance génétique favorisant cette monogamie, tendance qui se manifesterait par la formation d’un attachement profond entre 2 individus (l’amour), et aussi relié à la sécrétion d’ocytocine (une hormone du bonheur). Mais cette tendance n’est pas générale, puisqu’on retrouve des individus qui ne l’ont pas.

A un extrême, on a des gens volages, et de l’autre des dépendants affectifs (et plein de gens entre ces extrêmes, ou qui batifolent d’un extrême à l’autre). La cohabitation entre les deux ne s’est pas toujours fait sans heurts, puisque plein de lois et de principes religieux ont été développés au fil des siècles pour favoriser l’un ou l’autre. Et les enfants dans tout ça ont contribué bien malgré eux à compliquer tout ce système.

En l’absence d’enfants, ou lorsque ces enfants sont pris en charge par la communauté, des sociétés matriarcales ont pu se développer, avec une plus grande liberté sexuelle, mais ces sociétés n’ont pas dominé la planète. Ce sont plutôt les sociétés patriarcales, ou le mâle domine et contraint sa conjointe à la fidélité, qui ont pris le dessus. On peut supposer que ça pourrait avoir favorisé certains gênes de l’attachement entre les conjoints et avec les enfants.

Ceci étant dit, les gens qui veulent s’attacher ne le pourront plus, dans un contexte de libéralisation sexuelle, et ils seront davantage malheureux en passant d’une peine amoureuse à l’autre. On peut aussi se demander si la violence plus fréquente dans les couples homosexuels n’est pas reliée aussi à la volatilité de ces couples. « Selon Statistique Canada, 15 % des gais et lesbiennes et 28 % des bisexuels, ont déclaré avoir été victimes de violence conjugale au cours de l’année 2004 par rapport à 7 % des hétérosexuels. » http://www.rezosante.org/69-article/renseigne-toi-mieux-etre-la-violence-conjugale-dans-les-couples-masculinsviolence-conjugale-chez-les-gais-des-statistiques-alarmantes.html?ArticleCatID=30

N’oublions pas que certaines jeunes filles, pour garder leur copain, décident d’avoir des rapports sexuels rapidement, ou même de tomber enceintes. Imaginez leur déception lorsque celui-ci décide de les quitter…

Vous oubliez qu’autrefois, la plupart, sinon presque tous les mariages étaient arrangés ou des mariages de raison. Le coeur n’y avait pas sa place. Et des mariages malheureux, il y en avait à la pelle…
Pour reprendre votre point sur la polygamie dans l’Utah (le site de l’Actualité ne permet qu’un certain nombre de niveaux de réponses), le jugement n’a pas « légitimé » la polygamie, il a annulé la loi interdisant à des adultes non mariés de vivre maritalement sous le même toit. Autrement dit, il a décriminalisé le concubinage… mais seuls les mariages entre deux personnes sont reconnus. Les autres femmes sont des concubines sans droit conjugal au sens de la loi.

Rien qu’`à voir les illustrations (des lesbiennes deux fois), je sais pourquoi je ne veux plus payer UN SOU pour acheter L’Actualité.

A force de prôner la liberté individuelle, le bonheur individuel et égoïste, la satisfaction de tous les désirs après élimination de tout souci moral, l’éclatement de la famille dans ses divers modes de recomposition décomposés, les « mariages » monogenres (qui ne sont en fait que des « appariages », puisque étymologiquement on marie des contraires mais on fait avec des semblables une paire, mais qui se soucie encore du sens des mots) on arrivera effectivement à une décroissance démographique encore plus importante de la population québécoise « de souche », comme en Europe et, comme la nature a horreur du vide, on aura une pression migratoire encore plus forte – comme en Europe – qui se traduira par un changement de peuple et donc de civilisation – et cela risque de se produire plus vite qu’on le croit. Et alors là, si c’est l’islam qui domine, la société risque de faire un sacré retour en arrière ! Finies les libertés, finis les choix individuels, finie notre belle civilisation – elle est d’ailleurs finie depuis longtemps, même si certains croient le contraire, puisqu’elle a depuis longtemps perdu les « valeurs » qui faisaient sa force.