La nouvelle vague des recettes inavouables

Le risotto au Coca-Cola, le soufflé au Nutella et la soupe au Boursin font de plus en plus d’adeptes en France. Les livres de recettes de cuisine garanties sans produits frais et 100 % junk food ont le vent en poupe dans les maisons d’édition. La vague de l’anticuisine inondera-t-elle aussi le marché culinaire québécois ?

Si les puristes dénoncent la dérive de la « cuisine-poubelle », le jeune chef montréalais Laurent Godbout trouve l’idée intéressante : « L’important, c’est l’aspect ludique, crucial en ces temps de crise. Et puis, peu importe les ingrédients utilisés, l’essentiel est que le résultat dans l’assiette soit bon. » Dans son restaurant Chez L’Épicier, ses macarons à la fraise Tagada, créés spécialement pour la Saint-Valentin, ont fait sourire les amoureux.

Jamais à court d’imagination, Laurent Godbout se livre aussi à un « duel » avec son rival de Québec David Boiron. Règle du jeu : créer une recette à partir de sept mots choisis au hasard. « La dernière fois, il y avait les mots “trois mousquetaires”. J’ai automatiquement pensé à la barre chocolatée du même nom et j’ai réalisé un dessert à partir de ce produit industriel. » Au rayon des friandises, la barre Mars connaît également son heure de gloire au restaurant Garde-Manger, à Montréal. Le chef Chuck Hughes la fait frire et l’assaisonne de pêches flambées et de crème glacée à la vanille, au grand plaisir des clients, bien trop heureux de se retrouver dans leur rôle de sales gamins. Enfin, une cuisine où il est permis de jouer avec la nourriture ! Ces petits plaisirs coupables gastronomiques vont-ils perdurer ? Laurent Godbout voit plus cette folie culinaire comme un phénomène passager : « Cette vague d’anticuisine est née de la tendance à toujours trouver de nouvelles idées pour plaire aux clients. Elle peut très bien se résorber aussi rapidement qu’elle est montée. »