La récession mondiale a causé 10 000 suicides de plus

Au Canada, c’est 51 personnes additionnelles qui se sont enlevé la vie en 2008, et 191 de plus en 2009. Pour un total de 242.

Photo © Sakis  Mitrolidis / AFP / Getty Images
«Ce n’est pas un suicide, c’est un meurtre», dit la pancarte placée par des employés municipaux grecs protestant contre des mesures d’austérité, en 2013. (Photo © Sakis Mitrolidis / AFP / Getty Images)

La crise économique qui a frappé les États-Unis et l’Europe a entraîné au moins 10 000 suicides additionnels de 2008 à 2010, d’après une étude publiée dans le British Journal of Psychiatry et adapté par la BBC.

À partir de données provenant de 27 pays de l’Union européenne, des États-Unis et du Canada, des chercheurs de l’Université d’Oxford et de la London School of Hygiene & Tropical Medicine ont observé une « hausse substantielle de “suicides économiques” » lors du plus récent marasme financier. Si, au Canada, le taux de suicide était en déclin en 2007, 51 suicides additionnels ont été dénombrés en 2008 et 191 en 2009, ce qui porte le total à 242. Signe que la crise financière est maintenant derrière nous, le nombre de suicides a baissé de près de 6 % au pays en 2010 et 2011 étant passé de 3 951 à 3 728, selon Statistique Canada.

En Europe, ce sont 7 958 personnes de plus qui se sont enlevé la vie durant la même période, ce qui représente une hausse de 6,5 % par année. Aux États-Unis, le nombre de suicides était déjà en hausse avant la crise financière, mais cette croissance s’est « accélérée » en 2008, où l’on a dénombré 4 750 suicides supplémentaires.

Qu’est-ce qui explique cette hausse dramatique ? Sans grande surprise, les chercheurs montrent du doigt les pertes d’emploi, les saisies de maisons et l’accumulation de dettes. Mais surtout, ils maintiennent que de nombreux décès auraient pu être évités, puisque le taux de suicide durant la récession est demeuré inchangé dans certains pays analysés. C’est le cas de la Suède, de la Finlande et de l’Autriche. « Ça montre que les politiques publiques ont un grand rôle à jouer. L’une des caractéristiques communes à ces pays est d’investir dans des programmes qui aident les gens à réintégrer le marché du travail. Ils leur offrent des formations, des conseils et même des rémunérations subventionnées », a dit Aaron Reeves, l’un des chercheurs de l’étude, à la BBC.

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1 commentaire
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trop d’iniquités sociales… trop de pouvoirs d’achats de la part de la plupart des gens..