La revanche du public

 


(Photo: Yves Beaulieu)

Fini l’hégémonie des établissements privés aux premiers rangs du palmarès des écoles secondaires. Cette année, c’est le public qui domine !

Pour la première fois depuis 2001, c’est une école secondaire publique qui occupe la première position du palmarès des écoles secondaires. Avec ses 675 élèves triés sur le volet, l’École internationale de Montréal dame ainsi le pion aux Brébeuf, Jean-Eudes et autres Regina Assumpta, collèges privés habitués à occuper bon an, mal an la tête du classement.

Cette école de la commission scolaire de Montréal termine ex æquo avec cinq établissements privés, mais l’influence qu’elle a sur le succès scolaire de ses élèves leur est supérieure, selon l’indicateur d’impact créé par l’Institut économique de Montréal (IEDM). Elle devance donc ses rivales.

Un tel résultat n’étonne guère Louis Bouchard, directeur général de la Société des écoles du monde du Baccalauréat international du Québec et de la francophonie (SEBIQ). « Cette école regroupe des élèves d’une qualité exceptionnelle, dit-il. Une matière première qu’elle puise dans l’ensemble de la commission scolaire de Montréal. »

Chaque automne, l’École internationale de Montréal croule sous les demandes d’admission. « Toute école qui sélectionne la totalité de ses élèves a des chances de finir en tête du palmarès », croit Louis Bouchard.

Le bâtiment de briques brunes, planté au cœur d’un terrain boisé, à Westmount, fait partie des 96 écoles secondaires du Québec qui offrent le programme d’éducation internationale (PEI). Un programme d’études exigeant, mais essentiel pour les commissions scolaires. « C’est une façon de retenir dans le secteur public les élèves motivés par les études et qui, souvent, sont tentés par le privé », dit le directeur de la SEBIQ.

Avec un taux de promotion de 97,9 % — nettement au-dessus de la moyenne québécoise (77,3 %) — et un taux d’élèves en retard de 8 %, soit près de trois fois moins que la moyenne, l’École internationale de Montréal soutient facilement la comparaison avec les meilleurs établissements privés.

En dépit de ses succès, l’école a refusé de recevoir le journaliste de L’actualité, préférant se conformer au mot d’ordre de la commission scolaire de Montréal, qui ne veut pas être mêlée au palmarès.

Un peu plus de 2 500 écoles dans 126 pays offrent le PEI. C’est aux établissements ou aux commissions scolaires de choisir le type de formation qui sera offert dans le programme. Au Québec, presque tous les cours sont enrichis, mais ce n’est pas toujours le cas ailleurs.

Après avoir suivi un PEI, les élèves devraient être des personnes informées, instruites et altruistes, intègres et ouvertes d’esprit. C’est du moins ce que le programme vise. Par exemple, au Québec, les élèves des PEI doivent étudier deux langues secondes, l’anglais et l’espagnol. « Pour favoriser leur ouverture sur le monde », explique Louis Bouchard.

Chacun termine son secondaire avec non pas un, mais trois diplômes ! Le diplôme d’études secondaires, le certificat du baccalauréat international et le diplôme d’études secondaires internationales de la SEBIQ.

Cette année, 33 000 élèves québécois sont inscrits au PEI.

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